Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault était reçu dimanche matin par le Premier ministre Benjamin Netanyahu auquel il devait présenter l’initiative de son pays destinée à ranimer l’effort de paix avec les Palestiniens, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Ayrault rencontrait Netanyahu dans la matinée à Jérusalem, puis vers midi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour leur exposer de vive voix et au plus haut niveau, après des mois de discret travail préparatoire, le projet français de conférence internationale.

Voici le plan communiqué par les autorités françaises :

1. Conférence internationale :
– « La France agit en totale transparence à l’égard d’Israël. C’est l’objet même de la visite de Jean-Marc Ayrault qui est attaché à un dialogue étroit avec ses interlocuteurs israéliens. Israël a fait partie des tout premiers pays visités par son envoyé spécial Pierre Vimont.

– Le ministre a pris note des interrogations israéliennes et fait un point sur la préparation de la réunion ministérielle de Paris.

– Nous ne visons ni à préempter ni à contourner les négociations directes entre les deux parties, seule voie pour résoudre le conflit, comme le rappellent les Israéliens. Le problème c’est qu’il n’y a, actuellement, aucune négociation.

– le ministre a rappelé que l’objectif de l’initiative française est de remobiliser la communauté internationale autour d’objectifs communs que sont le renouvellement de l’engagement en faveur de la solution des deux Etats et la création des conditions favorables à la reprise des négociations directes entre les parties.

2. Résolution UNESCO
– Le ministre a voulu dissiper les malentendus qu’ont causés le vote de la France à l’UNESCO sur la situation à Jérusalem.

– Il a rappelé que la position de la France sur Jérusalem n’a pas changé : Jérusalem est une ville fondamentale pour les trois grandes religions monothéistes et appartient à tous les croyants, Juifs, Chrétiens et Musulmans. La France est engagée en faveur de la liberté d’accès et de culte à Jérusalem.

– Des formulations malencontreuses et blessantes, qui auraient pu et dû être évitées, ont créé des malentendus. La France le regrette. Le Premier ministre français a été très clair à cet égard à la tribune de l’Assemblée nationale et du Sénat.

3. Autre
– Le ministre a condamné sans réserve le terrorisme, qu’il frappe Israël, les pays arabes ou la France. Il a exprimé sa solidarité avec les familles des victimes en Israël, dont certaines sont françaises. »

La conférence aurait lieu avant la fin de l’année. La France prévoit le 30 mai une réunion ministérielle qui en jetterait les bases, avec une vingtaine de pays, l’Union européenne et l’ONU, mais sans Israéliens ni Palestiniens pour ne pas condamner d’emblée l’effort à l’échec.

Ayrault sait pouvoir compter sur le soutien palestinien dans son ambition de ramener à la vie la vieille entreprise visant à résoudre l’un des plus vieux conflits de la planète.

Le gouvernement israélien a exprimé à plusieurs reprises son opposition.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a fustigé ces dernières semaines du vote par la France en avril d’une décision de l’Unesco sur le patrimoine culturel palestinien et Jérusalem Est.

Le gouvernement israélien s’est indigné que le texte ne fasse jamais référence à l’esplanade des Mosquées comme mont du Temple, l’appellation sous laquelle les juifs révèrent le lieu, ou ne cite le mur Occidental qu’entre guillemets. La décision de l’Unesco niant le lien historique entre les juifs et Jérusalem.

Les Français s’attendaient à ce que Netanyahu soulève la question devant Ayrault.

Les responsables français se sont succédé pour tenter de dissiper le trouble causé à leur initiative.

« Il y a dans cette résolution de l’Unesco des formulations malheureuses, maladroites, qui heurtent et qui auraient dû être incontestablement évitées », a dit le Premier ministre Manuel Valls, rejoignant son ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans sa critique de la résolution.

Valls a cependant ajouté que « cette résolution ne [changeait] rien dans la politique de la France ».