Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a estimé jeudi que le positionnement des Etats-Unis sur le conflit israélo-palestinien restait « très confus et préoccupant », à l’issue d’un entretien avec son homologue américain Rex Tillerson.

« J’ai tenu à rappeler que pour la France il n’y a pas d’autre option que la perspective de deux Etats. L’autre option (sans deux Etats, ndlr) que Tillerson a évoquée n’est pas réaliste », a déclaré M. Ayrault, évoquant un positionnement « très confus et préoccupant ».

Le président américain Donald Trump avait indiqué la veille que la solution à deux Etats, israélien et palestinien, n’était pas la seule voie possible pour résoudre le conflit.

Il s’est ainsi écarté d’une position diplomatique de plusieurs décennies et a semé le trouble sur ses intentions.

Mais jeudi, son ambassadrice à l’ONU a envoyé un message contradictoire, ajoutant à l’impression de cacophonie. Nikki Haley a affirmé que Washington soutenait « absolument » la solution à deux Etats.

Nikki Haley devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington D.C., le 18 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Nikki Haley devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, à Washington D.C., le 18 janvier 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

« La perspective d’un Etat palestinien, c’est aussi une garantie pour la sécurité d’Israël », a ajouté M. Ayrault, en appelant à ne « pas désespérer les Palestiniens ».

De façon plus générale, le ministre français, qui a rencontré son homologue américain pendant une demi-heure en marge d’une réunion du G20 à Bonn en Allemagne, a jugé avoir « un peu plus de précisions » sur les orientations de la diplomatie américaine, même s’il reste « beaucoup de choses à approfondir ».

Concernant l’Ukraine, M. Ayrault a indiqué avoir eu « une discussion très utile » avec M. Tillerson.

« J’ai demandé aux Américains de répondre clairement sur la question des sanctions concernant l’Ukraine et j’ai eu une réponse qui pour l’instant est très claire : les sanctions sont liées au non respect des accords de Minsk », a-t-il dit.

Il faisait référence aux accords signés en 2015 dans la capitale du Bélarus pour tenter de mettre fin au conflit entre rebelles prorusses et troupes ukrainiennes dans l’Est de l’Ukraine.

Les rapports entre Washington et Moscou constituent une des principales interrogations des partenaires des Etats-Unis.