Le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères a réitéré vendredi l’opposition de son pays à l’initiative française pour relancer l’effort de paix avec les Palestiniens, deux jours avant la visite du chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault.

Paris tente de relancer cet effort moribond en organisant le 30 mai une réunion ministérielle internationale, sans présence israélienne ou palestinienne, qui pourrait, en cas de succès, déboucher sur une conférence internationale avant la fin de l’année.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault doit s’entretenir dimanche matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem avant de rencontrer dans l’après-midi le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie.

Le directeur des Affaires étrangères israéliennes Dore Gold réaffirme vendredi dans le quotidien Jerusalem Post que l’initiative française pose « beaucoup de problèmes ».

Il cite le vote le mois dernier par la France d’une résolution de l’Unesco qui, selon lui, « rejette le lien juif historique à Jérusalem ».

En raison de ce vote, « personne ne devrait être surpris qu’Israël rejette l’initiative française », dit-il.

Les critiques de la résolution de l’Unesco, votée le 16 avril, estiment qu’elle nie la relation historique entre les juifs et leurs lieux saints dans la Vieille Ville de Jérusalem en ne désignant que sous la terminologie musulmane de « Al-Haram al-Charif » le mont du Temple, où se dressait le second temple juif détruit par les Romains en 70.

Dans la résolution, le mur Occidental, le lieu le plus sacré où les juifs puissent prier, n’apparaît que deux fois, entre parenthèses.

Le Premier ministre français Manuel Valls, qui doit se rendre en Israël la semaine prochaine, a jugé la formulation de la résolution « malheureuse et maladroite » affirmant cependant qu’elle ne changeait rien à la politique de la France.

Dore Gold a par ailleurs souligné que si l’initiative française comprenait une reconnaissance par les Palestiniens d’Israël comme un Etat juif, cela « serait un facteur très important ».

Mais sur le fond, il se dit opposé à une initiative qui « ne nous rapproche pas d’une solution négociée, et de fait nous éloigne d’une solution négociée ».

Le gouvernement israélien préconise une reprise des négociations bilatérales avec les Palestiniens plutôt qu’une approche multilatérale.

« Il serait beaucoup plus simple que (le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud) Abbas vienne à Jérusalem pour rencontrer le Premier ministre Netanyahu », dit Dore Gold.

Jeudi, le Premier ministre s’est dit de nouveau prêt à rencontrer le chef de l’AP.