Le présentateur de télévision arabe israélien Zouheir Bahloul garde un œil sur le ballon pendant qu’il est en course pour un siège à la 20e Knesset.

Placé 17e sur la liste du Camp sioniste (Travailliste-Hatnua) et impliqué pour promouvoir la coexistence juive et arabe, il reste sur ce message et ne laisse pas ses détracteurs le mettre hors jeu.

Par exemple, Bahloul n’est pas intimidé par l’accusation portée à son égard la semaine dernière par le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui, dans un effort pour discréditer ses opposants à gauche, a prétendu qu’il avait fait l’éloge d’un agent du Hezbollah.

« Une fois encore la véritable nature du camp antisioniste de Tzipi [Livni] et Buji [Isaac Herzog] vient au jour », a déclaré Netanyahu dans une vidéo qu’il a publiée sur Facebook. « Quand un membre potentiel de la Knesset témoigne en faveur du Hezbollah, que dire de plus ? »

Netanyahu faisait référence au fait que Bahloul avait été appelé comme témoin de personnalité en mars 2013 au procès de Milad Khatib, un Arabe israélien accusé (et finalement condamné) d’aider le Hezbollah.

Selon un article du site d’information Walla (hébreu), citant des extraits du procès, Bahloul n’a pas fait l’éloge de l’accusé lui-même, mais plutôt des efforts de la famille de Khatib à rassembler les Juifs et les Arabes ensemble.

« Je suis venu ici avec un cœur en peine et un esprit torturé », a déclaré Bahloul au juge. « … C’est une famille normale qui constitue un exemple de coopération et de dialogue avec la communauté juive… J’ai été plus qu’abasourdi d’apprendre qu’il était accusé. Je ne sais pas s’il a dévié du chemin de sa famille ».

Bahloul a déclaré que Netanyahu s’accrochait aux branches.

« Cela ne fait que prouver que Bibi [Netanyahu] et la droite sont sous une forte pression. Ils s’en prennent seulement à quelqu’un qui est inhabituel », a-t-il déclaré au Times of Israel.

« J’ai déclaré que la famille était en bonnes relations avec les Juifs et que les actions présumées du fils ne reflétaient pas les effrots de coexistence de la famille. Ce sont les types de famille que j’ai soutenu et que je continuerai à soutenir », a-t-il précisé.

« Je ne connaissais pas le fils et je l’ai dit. Je l’ai dit sous serment, et tout est conservé ».

Bahloul a expliqué qu’il avait choisi de concourir avec le parti travailliste pas seulement parce qu’il soutenaitt ses objectifs de coexistence et qu’il était un foyer politique pour les Juifs et les Arabes, mais aussi parce qu’il avait une bonne possibilité d’arriver au pouvoir.

« Avec le parti travailliste, j’aurai plus de chances de faire des choses que je veux faire en terme de ponts entre les Juifs et la Arabes », a-t-il déclaré.

Alors que le parti travailliste s’attend à remporter 25 sièges selon les tous derniers sondages, Bahloul a de très fortes chances d’entrer à la Knesset. Il n’est pas encore clair pour savoir si son parti dirigera le gouvernement ou s’il sera sur les bancs de l’opposition.

Dans tous les cas, Bahloul est satisfait par sa place de n°17 sur la liste du « Camp sioniste ».

« J’ai été candidat pendant seulement 21 jours. Je pense que ma campagne a été la plus courte pour une primaire et plus d’un tiers des électeurs de la primaire ont fini par voter pour moi », a-t-il expliqué.

Tandis que Bahloul est certain que le « Camp sioniste » constitue la base juste à partir de laquelle renforcer l’identité israélienne des Arabes israéliens, il est content que les partis arabes aient créé une liste unie pour participer à ces élections.

« Ce serait un rêve de voir cela arriver, mais pas si leur stratégie est de rester dans le coin et de ne pas participer au processus démocratique. J’appelle les autres partis à accepter la liste arabe unie comme faisant parti du système », a-t-il continué.

Même si Bahloul sait que son rôle est de convaincre les Arabes israéliens de voter pour le parti travailliste, il consacre beaucoup de temps dans la campagne à parler aux Juifs israéliens sur son programme pacifique et égalitaire.

Commentateur sportif à la retraite, Bahloul sait qu’il est un nom familier à la plupart des foyers juifs.

Rien que la semaine dernière, une plaisanterie a été fait dans le programme télévisé satirique de « Eretz Nehederet » au sujet des « groupies de Zouheir Bahloul » comme étant très importantes parmi les électeurs du « Camp sioniste ».

Bahloul a déclaré qu’il ne laissera personne le déranger dans sa campagne entre maintenant et le 17 mars. Il prend la plaisanterie des groupies sans sourciller.

D’un côté plus sérieux, il ignore les attaques à son encontre, qu’elles viennent de Netanyahu ou d’autres personnalités issus de la droite prétendant qu’il n’appartient pas au parti sioniste, en tant que personne se qualifiant de citoyen arabe palestinien d’Israël.

« Je ne veux pas entrer dans des logiques de définitions et d’étiquettes. Je suis plutôt pour que les choses soient faites », a déclaré Bahloul.