Les deux responsables tunisiens, Noureddine Taboubi et Abdelkrim Jrad, comptaient assister à un congrès de l’Union des travailleurs à Bahreïn mais n’ont pas pu entrer samedi dans ce royaume « en raison du refus de l’UGTT de la classification du Hezbollah comme organisation terroriste », a précisé le syndicat dans un communiqué.

Dans une déclaration à la radio tunisienne privée Mosaïque FM, le porte-parole du syndicat Sami Tahri a dénoncé « une pratique non démocratique » et « contraire aux lois internationales ».

Mercredi, les monarchies sunnites du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Koweït, Emirats arabes unis et Oman) ont classé comme « terroriste » le Hezbollah, un qualificatif ensuite repris dans la soirée par les ministres de l’Intérieur des pays arabes réunis à Tunis.

Le lendemain, l’UGTT, Nobel de la paix en 2015 au titre du dialogue national ayant permis en 2013 de sauver la transition démocratique en Tunisie, avait dénoncé « une décision « étrange » prise « dans le cadre d’une offensive dirigée par des forces étrangères et régionales pour diviser la nation arabe et détruire ses forces au profit des forces (…) sionistes et rétrogrades ».

Le syndicat avait aussi exhorté le gouvernement tunisien à se désolidariser de la mesure, « qui ne sert ni l’intérêt du pays, ni celui de la nation arabe » et demandé à « toutes les forces nationales et démocratiques de faire face à cette décision ».

La diplomatie tunisienne a affirmé vendredi que la déclaration du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur « ne contient pas une classification du Hezbollah comme organisation terroriste ».