Shari Arison, héritière, femme d’affaires et philanthrope, a signé un accord avec des investisseurs nord-américains pour vendre 49 % de ses parts de la Banque Hapoalim, a annoncé dimanche Arison Holdings à la bourse de Tel Aviv.

Arison Holdings, entreprise privée qui détient une participation de contrôle de la banque israélienne Hapoalim, a fait cette annonce en passant par la banque.

Il n’a pas été précisé quelle était la valeur exacte de l’accord, mais le quotidien économique Calcalist l’a estimée à environ 3,25 milliards de shekels.

Le prix de vente a été fixé avec une valeur de chaque action de la banque à 24,82 shekels, soit à peine moins que son prix sur le marché. Les actions d’Hapoalim étaient en hausse de 1,5 %, à 10h00 à Tel Aviv, et leur valeur a augmenté de 15 % en un an.

Arison Holdings détient 20 % des actions de la banque Hapoalim. Si l’accord se conclut, il pourrait être l’un des plus importants du secteur financier du pays, selon Bloomberg.

« Une fois la transaction achevée, nous agirons avec nos nouveaux partenaires, avec la direction et les employés de la banque, afin de stimuler une croissance responsable à long-terme, au bénéfice de l’ensemble des actionnaires, des clients [de la banque] et du marché israélien », a dit Arison dans un message.

Distributeurs de la banque Hapoalim. Illustration. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Distributeurs de la banque Hapoalim. Illustration. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’accord non contraignant indique également que des représentants des acheteurs peuvent être nommés aux conseils d’administration concernés.

« Nous savons depuis un moment qu’Arison tente de liquider une partie de ses parts de la banque Hapoalim. Elle n’a pas réussi à vendre sa participation à la banque, donc elle a dû diminuer et vendre la moitié de ses parts », a dit Saar Golan, négociateur d’actions de la société Bank of Jérusalem Ltd., basée à Tel Aviv.

« Quiconque achète 5 % d’une banque ou quiconque désirant une participation de contrôle devra obtenir une approbation du régulateur, et ce n’est pas un processus facile », a-t-il indiqué.

« Les actions d’Hapoalim sont à leur plus haut niveau depuis des années en ce moment, c’est donc un bon moment pour vendre et utiliser les bénéfices pour autre chose. Nous supposons qu’elle finira par vendre aussi les parts restantes. »

La vente de ces actions survient à un moment où les banques israéliennes font face à une hausse des régulations et de la concurrence. Elles ont été épinglées dans le cadre d’enquêtes du fisc américain pour avoir aidé des clients américains à pratiquer l’évasion fiscale.

Un tableau des fluctuations du marché à la bourse de Tel Aviv. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Un tableau des fluctuations du marché à la bourse de Tel Aviv. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Une source proche du dossier a indiqué au Times of Israël que si l’accord parvenait à son terme, Arison détiendrait toujours 51 % de sa participation dans la banque Hapoalim.

Selon la source, les trois investisseurs nord-américains travailleront ensemble sous forme de consortium, pour devenir un partenaire stratégique de la banque, et ont des objectifs à long-terme.

Le but est d’aider la banque israélienne à mettre en place une stratégie internationale et de tirer parti de ses capacités technologiques, a-t-elle ajouté, précisant que l’investissement était une « profession de foi » envers le système bancaire israélien.

La Banque centrale d’Israël, l’un des organismes qui devra approuver la transaction, a déclaré qu’elle avait été informée de cet accord.

« Si l’accord est effectivement mené à bien, c’est un vote de confiance de la part d’investisseurs étrangers sérieux dans le secteur bancaire d’Israël », a souligné la Banque centrale dans un communiqué.

Après la soumission d’une requête officielle, l’approbation de la transaction devrait prendre jusqu’à plusieurs mois, puisqu’elle nécessite la réception d’informations envoyées par les régulateurs étrangers et d’autres autorisations, a indiqué la Banque centrale d’Israël.

Arison est la femme la plus riche d’Israël et du Moyen Orient.

Sa fortune est estimée à 5,4 milliards de dollars, principalement sous forme de participations au Carnival Cruise Line et à la banque Hapoalim qu’elle a héritées de son père, l’homme d’affaires Ted Arison.

Elle est également une actrice importante dans les secteurs de l’immobilier, de l’industrie du sel et des systèmes d’eau.

Entre autres activités philanthropiques, Arison soutient la « Journée de la Mitzvah », un évènement annuel qui comme son nom l’indique encourage la population à donner de son temps pour améliorer le monde et faire de bonnes actions. La prochaine journée de la Mitzvah se déroulera le 15 avril prochain.

La vente des parts d’Hapoalim aidera Arison à libérer des liquidités afin d’investir dans d’autres projets qui lui sont chers, a indiqué la source, comme la durabilité ou des projets humanitaires.