Le dirigeant palestinien Marwan Barghouti a vivement critiqué l’Autorité palestinienne, lundi, et a exigé que l’on reformule le projet de résolution soumis à l’ONU.

Cette requête demande la reconnaissance d’un Etat palestinien assortie d’un retrait israélien aux frontières d’avant 1967 d’ici 2017.

Dans une lettre envoyée des prisons israéliennes, Barghouti explique qu’il soutient la manœuvre unilatérale d’aller à l’ONU mais critique la formulation de la requête qui équivaut à « un repli injustifié qui aura un impact négatif sur la position palestinienne », indique l’agence de presse palestinienne Maan.

Le dirigeant du Fatah précise que les mentions sur les échanges de terres doivent être retirées de la résolution et que la requête devrait plutôt se concentrer sur les questions cruciales comme l’expansion des implantations, Jérusalem et le blocus de Gaza.

« Nous devons arrêter de vainement négocier entre nous », ajoute-t-il.

Barghouti soutient que la question des prisonniers palestiniens devrait avoir une place centrale.

« Même si le problème des prisonniers ne fait pas partie du cœur des problèmes, la libération de tous les prisonniers doit être reconnue comme un droit absolu par n’importe quelle résolution et être une condition préalable à la paix. »

Barghouti souhaite que Jérusalem-Est soit la capitale du futur Etat palestinien et insiste sur le fait que le document affirme le droit au retour des réfugiés palestiniens.

L’Autorité palestinienne a informé qu’elle ferait tout pour que le vote ait lieu « dans les prochains jours » refusant d’attendre la fin des élections israéliennes prévues pour le 17 mars.

Le mois dernier, le dirigeant emprisonné a été placé en isolement cellulaire pour avoir publié une lettre exhortant au retour « à la résistance armée » contre Israël, selon les ONG palestiniennes.

Le Club des prisonniers palestiniens de Ramallah a déclaré dans un communiqué que Barghouti avait été placé en isolement comme une « punition » pour une lettre consacrée 10è anniversaire de la mort du leader palestinien Yasser Arafat.

Un porte-parole des services des prisons israéliennes a confirmé que Barghouti a été placé en confinement solitaire car il avait accordé des interviews à la presse.

Dans sa lettre, Barghouti explique que « choisir la résistance armée et générale », c’est être « fidèle à l’héritage d’Arafat, à ses idées et ses principes ». Il a aussi exhorté les dirigeants palestiniens à « mettre fin immédiatement à la coopération sécuritaire » avec Israël.

Barghouti, qui est soupçonné d’être le cerveau de la deuxième Intifada, a écrit la lettre de sa cellule de la prison de Hadarim où il purge 5 peines d’emprisonnement à vie pour des attaques terroristes.

Haut responsable au sein du Fatah, Barghouti a été arrêté en 2002 et condamné deux plus tard.

Depuis sa condamnation, Barghouti affirme depuis qu’il n’a jamais soutenu les attaques contre les civils en Israël.

Il exerce toujours une grande influence depuis sa prison et est considéré comme un sérieux rival pour Abbas. Il apparaît souvent comme un probable vainqueur des élections présidentielles – s’il sortait de prison – dans les sondages.