Le maire de Jérusalem Nir Barkat a critiqué les commentaires du Premier ministre britannique David Cameron dans lesquelles ce dernier critiquait les conditions de Jérusalem Est, mettant en cause la connaissance de la région de Cameron et montrant du doigt le Royaume-Uni pour sa politique pendant le Mandat britannique précédent l’Etat d’Israël.

Mercredi, Cameron a déclaré devant le Parlement britannique que la construction israélienne était « sincèrement choquante », même s’il a souligné qu’il était un « grand ami d’Israël » et a défini Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« Je suis connu pour être un ami solide d’Israël, mais je dois dire que la première fois que j’ai visité Jérusalem et ai pu visité cette merveilleuse ville et vu ce qu’il se passait avec l’encerclement effectif de Jérusalem Est, Jérusalem est occupée, c’est sincèrement choquant », a déclaré Cameron pendant la séance hebdomadaire de questions et réponses.

Barkat a déclaré que les remarques de Cameron étaient « incorrectes, basées sur un manque de connaissance des faits et de la réalité sur le terrain », dans un communiqué publié par la municipalité de Jérusalem.

Le maire a demandé de manière rhétorique ce qui avait particulièrement choqué Cameron, soulignant les investissements dans les écoles, les infrastructures et les centres communautaires à Jérusalem Est.

Les remarques de Cameron faisaient probablement référence à un voyage de 2007 précédent son élection comme Premier ministre et avant que Barkat ne soit élu maire. Pendant sa visite, il avait visité plusieurs quartiers de Jérusalem et de la région environnante, y compris une promenade qui longe Jérusalem.

La municipalité de Jérusalem est régulièrement accusée de ne pas fournir des services égaux dans les parties arabes et juives de la ville, quelque chose dont Barak a affirmé travaillait dessus.

La réponse de la ville comprenait une critique point par point de la propre administration britannique de Jérusalem entre 1923 et 1948.

« La qualité de vie des résidents de Jérusalem a sans cesse progressé et est de loin supérieure à la qualité de vie des résidents dans n’importe lequel de nos pays voisins, certainement meilleure qu’à l’époque du Mandat britannique », est-il écrit dans le communiqué de Barkat en hébreu.

Cependant, la référence au Mandat britannique est notablement absente de la traduction anglaise du communiqué délivrée par la municipalité.

Une porte-parole de Barkat a déclaré qu’il était normal d’éditer les commentaires des traductions afin de mieux adapter les communiqués à des publics différents.

« Parfois nous ajoutons des explications et parfois nous enlevons des choses, a-t-elle déclaré au Times of Israël. Dans ce cas, nous n’avions pas besoin d’inclure les déclarations sur le Mandat britannique en anglais puisque l’on peut supposer que le public britannique connaît le Mandat et ce qu’il s’y est passé. Ces commentaires sont destines aux Israéliens qui pourraient ne pas le savoir. »

Environ 200 000 Israéliens vivent aux côtés de 300 000 Palestiniens à Jérusalem Est, la plupart d’entre eux dans des quartiers juifs construits après 1967.

Alors qu’Israël maintient qu’il a le droit de construire n’importe où dans la capitale, la communauté internationale n’a jamais reconnu son annexion de Jérusalem Est, et la construction y est fréquemment condamnée.

Cameron a déclaré mercredi que : « ce que ce gouvernement a constamment fait et continue à faire est de dire, ‘Oui, nous sommes des soutiens d’Israël mais nous ne soutenons pas les colonies illégales, nous ne voulons pas soutenir ce qu’il se passe à Jérusalem est, et il est très important que cette capitale soit maintenue comme elle l’était dans le passé’. »

Le Premier ministre britannique après son discours à la Knesset, le 12 mars  2014 (Crédit : AFP PHOTO / JIM HOLLANDER / POOL)

Le Premier ministre britannique après son discours à la Knesset, le 12 mars 2014 (Crédit : AFP PHOTO / JIM HOLLANDER / POOL)

Barkat a encouragé Cameron à visiter Jérusalem à nouveau au lieu de s’exprimer contre elle.

« J’invite le Premier ministre Cameron à travailler avec nous pour faire avancer le développement de la ville de Jérusalem, plutôt que de travailler à construire des murs et d’aiguiser des divisions au cœur de Jérusalem. »

La semaine dernière, un groupe de députés britanniques en visite dans la région avait affronté mercredi un haut fonctionnaire de l’Autorité palestinienne (AP) pendant une rencontre en Cisjordanie, à Ramallah, après qu’un représentant de l’AP a accusé les députés, en tant que britanniques, d’être responsables de tout le conflit israélo-palestinien avec le Mandat britannique.

Un déjeuner de travail entre une délégation des amis conservateurs d’Israël et le négociateur historique de l’AP Nabil Shaath est devenu hostile quand Shaath et d’autres officiels palestiniens ont hurlé des accusations contre le groupe pour leur soutien implicite au Mandat britannique en Palestine entre 1923 et 1948.

C’était « des années et des années avant même que je sois né », avait ironiquement déclaré un des députés.