Nir Barkat, le maire de Jérusalem, a lancé une campagne de soutien au futur président américain Donald Trump pour « l’accueillir comme un ami » et encourager l’homme d’affaires milliardaire à tenir sa promesse électorale en déplaçant l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem.

Dans une vidéo publiée mardi, Barkat appelle les Israéliens à signer une lettre de soutien à Trump pour « restaurer la grandeur des relations israélo-américaines », un jeu de mot sur le slogan de campagne de Trump.

« Cette semaine, Donald Trump entrera à la Maison Blanche en tant que président », déclare Barkat depuis son bureau de la mairie de Jérusalem. « Accueillons-le ensemble comme un ami et remercions-le pour son intention de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem. »

Barkat, qui est maire de Jérusalem depuis 2008, affirme que la mesure enverra « un signal clair au monde, Jérusalem est la capitale unifiée de l’Etat d’Israël. »

Les trois derniers présidents américains ont affirmé que le futur statut de Jérusalem devait être réglé lors des négociations finales entre les parties, puisque les Israéliens et les Palestiniens revendiquent la ville comme capitale.

Trump a cependant indiqué depuis sa victoire en novembre qu’il ne se tiendrait pas à cette tradition. En décembre, il a nommé comme prochain ambassadeur des Etats-Unis en Israël David Friedman, son ami et avocat, qui est un soutien et un donateur affiché des implantations de Cisjordanie.

Dans un communiqué annonçant sa nomination, Friedman avait déclaré qu’il espérait remplir ses fonctions depuis « la capitale éternelle d’Israël, Jérusalem ».

David Friedman, à gauche, et Marc Zell lors d'un rassemblement pro-Trump à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Facebook/Republicans Overseas Israel)

David Friedman, à gauche, et Marc Zell lors d’un rassemblement pro-Trump à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Facebook/Republicans Overseas Israel)

Trump a également promis à plusieurs reprises pendant la campagne de déplacer l’ambassade. Même si les anciens présidents américains Bill Clinton et George W. Bush avaient eux aussi promis pendant leurs campagnes de prendre cette décision, aucun des deux n’avait tenu sa promesse une fois responsable de la politique étrangère américaine.

Barkat a déclaré mercredi à la radio publique israélienne que, même si la transition complète de l’ambassade vers Jérusalem pouvait prendre des années, le geste symbolique pouvait être immédiat.

« Vous pouvez déplacer l’ambassade en une matinée avec un petit changement : prendre la plaque du consulat [américain à Jérusalem] et la remplacer par une autre qui dit ‘ambassade’. Cela peut se faire en cinq minutes, ensuite vous déplacer l’ambassadeur, puis le reste de l’équipe et des services », a déclaré Barkat.

Cette mesure « changerait toute la dynamique autour de Jérusalem et d’Israël », a déclaré Barkat, non seulement pour la relation de l’Etat juif avec son allié américain, mais aussi avec le reste du monde. Et, selon Barkat, Trump est l’homme de la situation.

« Pour réaliser des changements, il faut un leader comme Trump, qui sait comment être décisif et peut prendre une décision et créer un cadre pour mener cette décision », a déclaré Barkat.

Des juifs ultra-orthodoxes tenant des pancartes pendant une conférence de campagne électorale soutenant le candidat républicain américain Donald Trump, à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des juifs ultra-orthodoxes tenant des pancartes pendant une conférence de campagne électorale soutenant le candidat républicain américain Donald Trump, à Jérusalem, le 26 octobre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le maire de Jérusalem a déclaré que sa campagne avait pour objectif de contrer la pression des dirigeants palestiniens qui veulent que Trump revienne sur sa promesse.

« Je connais les personnes impliquées [dans l’équipe de Trump] et il est important pour elles de voir notre soutien », a-t-il déclaré.

Pour Barkat, dont l’élection à la mairie de Jérusalem correspond à celle de Barack Obama à la présidence américaine, la nouvelle administration est une opportunité de développer de nouvelles relations, pour Israël, et pour l’homme politique qui aspire au poste le plus important du pays.

« Malheureusement, nous sommes passés par huit années difficiles avec des demandes de gel de construction, la capitulation devant l’islam radical, devant les Iraniens, a-t-il déclaré. J’espère que nous sommes au début d’une nouvelle ère de huit bonnes années. »