Le chef de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé dimanche en Israël que la réconciliation interpalestinienne devait être « soutenue » à condition que le nouveau gouvernement respecte le principe de la non-violence.

Soutenu par le mouvement islamiste Hamas mais composé de personnalités indépendantes, le gouvernement palestinien de « consensus » national a prêté serment lundi dernier.

Constitué de 17 ministres, dont 5 de Gaza, il s’agit d’un exécutif de transition, sans mandat politique, qui a pour mission prioritaire de préparer des élections présidentielle et législative d’ici la fin de l’année.

« Dans l’intérêt d’un futur accord de paix et d’un gouvernement légitime et représentatif, la réconciliation interpalestinienne (…) devrait être soutenue », a affirmé M. Barroso lors d’une conférence sur la sécurité dans la ville de Herzliya.

Il a néanmoins fixé trois conditions à respecter par le gouvernement palestinien : la non-violence et la recherche d’une solution à deux Etats, aboutissant à un règlement du conflit de façon pacifique, la reconnaissance de l’Etat d’Israël et le respect des engagements internationaux passés.

Mahmoud Abbas s’est d’ores et déjà engagé à respecter ces trois conditions, conformément au programme de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Le gouvernement palestinien d’union avec le soutien de l’organisation terroriste Hamas est une mesure palestinienne contre la paix », avait déploré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu après l’entrée en fonction du nouveau cabinet palestinien.

« Aucun pays européen ne serait prêt à accepter une organisation terroriste comme faisant partie de son gouvernement », avait-il insisté.

Parier sur la paix

En réponse, M. Barroso a exhorté Israël et les Palestiniens à « trouver le courage politique » de « parier sur la paix ».

« Le statu quo peut sembler plus sûr politiquement à court terme, mais il ne peut pas donner de résultats à long terme », a-t-il plaidé.

« La sécurité pour Israël et un Etat pour les Palestiniens sont des impératifs moraux pour la communauté internationale », a souligné M. Barroso, en soulignant que « la paix est nécessaire dans la région ».

Lors de la même conférence, le ministre israélien de l’Economie, Naftali Bennet, chef du parti Habayit Hayehudi, a déclaré vouloir « imposer la souveraineté israélienne sur une partie de la Judée-Samarie », en représailles à la formation du gouvernement palestinien et au soutien apporté par la communauté internationale.

« J’appelle le Premier ministre à faire le premier pas vers ce plan d’annexion », a-t-il affirmé.

En revanche, le ministre des Finances Yaïr Lapid, un modéré, a averti que son parti centriste Yesh Atid quitterait la coalition et ferait tomber le gouvernement s' »il y avait une tentative de vote en faveur de l’annexion d’une seule colonie de manière unilatérale ».

De son côté, l’ONU a également réitéré son soutien à l’unité palestinienne par la voix de son coordinateur spécial pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, qui a visité dimanche la bande de Gaza pour la première fois depuis l’intronisation du gouvernement d’entente national.

« La formation du gouvernement de consensus national est une première étape et une occasion de répondre aux sérieux défis politiques, sécuritaires, humanitaires et économiques à venir », s’est félicité M. Serry dans un communiqué, en appelant à la levée du blocus de la bande de Gaza et à la libre circulation des nouveaux ministres palestiniens entre Gaza et la Cisjordanie.