La mère d’un des trois adolescents israéliens kidnappés par les terroristes palestiniens en Cisjordanie le 12 juin dernier a critiqué de manière virulente l’accord passé entre Israël et les prisonniers palestiniens en grève de la faim.

Elle a décrit cet accord comme une « erreur sérieuse » et a affirmé qu’Israël devrait mettre la pression sur les Palestiniens au lieu de chercher à les apaiser pendant que les trois jeunes Israéliens reste portés disparus.

Bat-Galim Shaar affirme que les familles « ont des informations qui indiquent qu’ils sont toujours vivants ».

« Je me suis levée ce matin, j’ai mis les informations, et je n’en croyais pas mes oreilles », raconte Shaar lors d’une réunion avec les députés de la coalition et de l’opposition de la Knesset.

« Le Premier ministre prépare un accord avec les prisonniers sécuritaires. Est-ce c’est possible ? Est-ce que c’est vrai ? Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de la Sécurité publique, vous êtes insensés : il est impensable que nos garçons ne soient pas de retour et vous vous cherchez à obtenir un accord avec des prisonniers palestiniens qui ont été accusés de terrorisme ».

Malgré près de 13 jours de recherches intensives, l’armée n’a pas encore fait de percée dans la localisation d’Eyal Yifrach, 19 ans, de Naftali Fraenkel, 16 ans, et de Gil-ad Shaar, 16 ans, tous les trois enlevés le 12 juin.

Mercredi, des dizaines de prisonniers palestiniens ont conclu un accord avec les prisons israéliennes pour mettre fin à leur grève de la faim, qui a été lancée fin avril pour protester contre la politique de détention administrative qui leur permet d’être détenus sans inculpation ni jugement pendant de longues périodes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué l’accord, affirmant que « le travail déterminé, professionnel et constant » du ministre de la Sécurité publique Yitzhak Aharonovitch et le commissaire de l’administration pénitentiaire Aharon Franko a contribué à mettre fin à la grève de la faim.

Israël avait été sous une pression croissante pour trouver une solution à la crise alors que la santé des grévistes se détériorait, allant même jusqu’à mettre en avant un projet de loi controversé d’alimentation forcée qui devrait être voté la semaine prochaine.

« Gil-ad, Naftali et Eyal sont maintenus cachés, détenus par leurs viles ravisseurs du Hamas, et le Premier ministre essaie de les calmer, de les apaiser ? », s’insurge Shaar.

« Si le Premier ministre sait qui sont les ravisseurs, il doit tout faire pour mettre la pression sur eux pour ramener les garçons vivants – arrêter le financement, durcir les conditions de vie des prisonniers, mettre la pression sur l’Autorité palestinienne – de sorte que le Hamas comprenne que cela n’apporte rien d’enlever des enfants ».

Israël a accusé l’organisation du Hamas d’avoir organisé les enlèvements, mais le Hamas – tout en saluant les enlèvements – a nié toute implication.

Shaar a déclaré qu’elle avait une confiance totale dans le gouvernement, mais uniquement aussi longtemps qu’elle savait qu’il faisait tout en son pouvoir pour sauver les adolescents.

« Nous n’accepterons pas les actions irresponsables des politiques », affirme-t-elle. « Parvenir à un accord avec les grévistes de la faim en ce moment est une action irresponsable pour le peuple d’Israël ».

Shaar a ajouté que peut-être il était temps de « sortir des sentiers
battus » et d’ « explorer d’autres options » et de façons de procéder dans le but de ramener les adolescents dans leurs foyers.

« Nous avons entendu dire qu’ils ne laissaient aucune pierre non retournée [dans leurs efforts] pour retrouver les garçons et les ramener en vie, mais peut-être qu’il est temps de penser différemment. Peut-être que nous ne devrions pas seulement retourner les pierres, mais les ramasser aussi ? ».

« Monsieur le Premier ministre, les membres du cabinet : nous jugerons les résultats de vos actions. Le peuple d’Israël va juger les résultats de vos actions. Nous avons des informations qu’ils sont en vie. Vous avez l’obligation de les ramener en vie ».