Le congrès antisémite, prévu dimanche après-midi à Bruxelles et où est convié le polémiste français Dieudonné, a été interdit dimanche matin par les autorités, mais les organisateurs ont maintenu leur invitation, appelant les participants à se rassembler « dans le calme et la bonne humeur ».

Le maire d’Anderlecht, la commune bruxelloise où devait avoir lieu ce congrès, a pris dimanche un arrêté interdisant le rassemblement et toute manifestation de soutien ou de réprobation, indique l’agence Belga.

L’édile justifie sa décision en raison des risques en matière de sécurité.

L’interdiction concerne tant l’organisation que les orateurs et les participants. Un périmètre a été défini autour de la salle où devait avoir lieu cet événement.

Eric Tomas, le maire d’Anderlecht, avait fait savoir dès samedi soir qu’il voulait interdire ce rassemblement, quand il avait appris qu’il se tiendrait sur sa commune.

Avant cela, les organisateurs avait refusé de divulguer le lieu afin que l’événement ne puisse être interdit.

La tenue de ce congrès dit « de la dissidence » a été annoncée en fin de semaine par une librairie bruxelloise et le groupuscule d’extrême droite « Debout les Belges! » du député Laurent Louis, coutumier des déclarations incendiaires contre les Roms, les Juifs et les médias.

Sur sa page Facebook, le député belge estimait dimanche qu’interdire le congrès « ne ferait que décupler le succès actuel de ‘Debout les Belges' ». « La décision la plus sage serait de nous laisser nous réunir dans l’indifférence médiatique », plaidait-il, peu avant que l’interdiction soit confirmée.

« Nos invités ont tous confirmé leur présence et quoi qu’il arrive, interdiction ou pas, vous pourrez les rencontrer et passer avec nous une journée inoubliable ! Ne cédez donc pas aux pressions et venez en famille, dans le calme et la bonne humeur », peut-on encore lire.

Outre Dieudonné et l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, Kemi Seba, de l’organisation noire radicale Tribu Ka aujourd’hui dissoute, figure parmi les invités.

Vendredi, la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) avait déposé plainte auprès du procureur du roi de Bruxelles, dénonçant une « véritable journée de la Haine qui servirait de cadre au pire rassemblement d’auteurs, de théoriciens et de propagandistes antisémites que notre pays aura connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».