Le ministre de l’Economie Naftali Bennett, chef du parti Habayit Hayehudi, aurait été poussé et aurait reçu un coup de poing alors qu’il quittait la scène lors d’une « Conférence pour la paix » organisée par le quotidien de la gauche laïque Haaretz mardi après-midi, ont fait savoir des sources liées au parti.

Bennett a été chahuté quand il est monté sur scène pour parler à la conférence, au point qu’il ne pouvait pas commencer son discours.

L’éditeur de Haaretz Amos Schocken est monté sur scène pour calmer la foule. « Il y a des gens ici qui étaient prêts à parler avec [le dirigeant palestinien Yasser] Arafat. Vous pouvez également écouter Bennett », a-t-il déclaré.

Une fois la foule calmée, Bennett a prononcé son discours, qui a été interrompu à plusieurs reprises par des cris de « fasciste » et « meurtrier » dans l’auditoire, selon les responsables de Habayit Hayehudi.

Lorsque Bennett a quitté la scène, il a été bousculé par plusieurs membres de l’auditoire, ont indiqué les sources. La foule a dû être poussée par le service de sécurité de Bennett pour lui permettre de quitter les lieux.

Au cours de la bousculade, Bennett a reçu des coups de poing dans le dos; il s’est retourné cherchant à savoir qui l’avait touché. Avant qu’il ne puisse recevoir une réponse, son service de sécurité l’a entraîné hors de la salle.

Le quotidien israélien Haaretz, organisateur de la conférence, a déclaré que Bennett « a profité du comportement inapproprié d’un participant à la conférence qui l’a bousculé doucement afin de prétendre qu’il avait été frappé et de faire les gros titres en trompant la presse ».

Plusieurs témoins, a indiqué le journal, « y compris les divers journalistes, ont dit qu’il n’y avait pas eu de coups, et que Bennett était entouré par des gardes de sécurité à ce moment qui ne sentaient pas la nécessité d’intervenir ou de contenir une des personnes présentes. »

Le quotidien a « invité Bennett et d’autres personnalités de droite à cette conférence « pour la paix », tout comme il les invite à participer à ses articles d’opinion, afin de créer un dialogue ouvert, démocratique et pluraliste. Nous sommes attristés que le ministre Bennett ait choisi de profiter de cette occasion afin de salir les participants de la conférence et Haaretz lui-même ».

Le leader de l’opposition, le député travailliste Isaac Herzog a condamné l’incident.

« Le public qui m’a permis d’exprimer mon opinion et ma vision du monde lors de cette conférence doit permettre Naftali Bennett de faire la même chose, même si elle n’accepte pas son opinion », a déclaré Herzog.

« Il s’agit d’un principe fondamental du discours démocratique », a ajouté Herzog, « et vous ne faites pas à votre prochain ce que vous n’avez pas envie que l’on vous fasse ». Naftali Bennett est notre adversaire, mais c’est son droit d’exprimer son opinion, et notre droit de discuter avec lui démocratiquement, et non par le chahut et en le poussant.

Dans une déclaration après l’incident, le parti Habayit Hayehudi a exprimé «choc et dégoût » à la suite de cette altercation. Le communiqué indique : « Nous nous attendons à ce que toute personne qui valorise la liberté d’expression, de gauche ou de droite, condamne cela. Nous ne serons jamais réduits au silence et nous continuerons d’exprimer notre point de vue, quoi qu’il arrive ».