Le ministre de l’Economie Naftali Bennett a publié une déclaration dimanche accusant la gauche israélienne d ‘«incitation à la haine», un jour après un rassemblement à Jérusalem contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son projet de loi d’ »Etat juif ».

« J’ai récemment entendu des déclarations qui représentent une incitation à la haine contre le public nationaliste,» a déclaré Bennett, qui dirige le parti HaBayit HaYehudi, qui représente le courant sioniste-religieux. « Ils nous ont traités de « racistes », de « fascistes », de « cancer », de « Hitler » lors de la manifestation d’hier. »

« Je dis à la gauche : Gardez votre sang-froid, » a-t-il ajouté. « Arrêtez les appels [contre nous] dans les rues. La loi sur l’Etat juif fait partie de l’accord de coalition et a toujours été à l’ordre du jour, elle parle d’un Etat juif et démocratique. Il n’y a rien de nouveau ici. »

Les manifestants, samedi soir, ont exprimé leur préoccupation sur un éventail de questions, ciblant spécifiquement la nature antidémocratique perçue de ce projet de loi qui consacrerait le caractère d’Israël comme un Etat juif dans les Lois fondamentales du pays, qui représentent de facto sa constitution.

Les critiques ont fait valoir que la mesure affaiblirait le caractère démocratique du pays et éroderait le statut et les droits des populations minoritaires d’Israël.

La manifestation, qui a eu lieu en face de la résidence du Premier ministre, a été suivie par un large éventail de la gauche israélienne qui comprenait des partisans des partis travailliste, Meretz et Hadash, ainsi que les membres de l’ONG La Paix Maintenant.

Pour le député arabe israélien Issawi Freij du Meretz, présent lors du rassemblement, ce projet de Netanyahu éroderait les droits des minorités nationales et créerait un dangereux précédent anti-démocratique.

« Nous tenons au moins à un espoir d’égalité, celle qui est inscrite dans la Déclaration d’Indépendance. Bibi place cet espoir loin de nous, » a déclaré Freij, se référant au Premier ministre par son surnom.

« Après que Bibi s’en prenne aux Arabes, il s’en prendra à vous. Le projet de loi sur l’«Etat juif» est un feu vert pour le fascisme » a déclaré à la foule le député de la gauche laïque.

Bennett, cependant, a jeté un doute sur les motivations de la gauche et a salué la montée de l’aile droite du pays, affirmant, « Il est loin le temps où l’incitation à la haine contre la droite était accueilli par un silence. Nous ne serons plus silencieux. »

« Nous n’avons pas honte d’être de droite, et nous n’allons pas cesser de promouvoir ce en quoi nous croyons, » a-t-il déclaré. « Au contraire: les règles ne changent pas à cause de l’incitation à la haine contre nous dans les rues. »