Le ministre de l’Economie Naftali Bennett, chef du parti Habayit Hayehudi, a vivement condamné dimanche les informations faisant état de l’offre d’achat de Sheldon Adelson sur l’hebdomadaire Makor Rishon.

Il n’hésite pas à comparer Israël Hayom, quotidien gratuit propriété d’Adelson, à La Pravda, journal russe à la solde du Kremlin à l’époque soviétique.

Adelson, un milliardaire juif américain proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, aurait offert plus de 10 millions de shekels (2,87 millions de dollars) pour l’achat du quotidien, actuellement détenu par homme d’affaires israélien Shlomo Ben Zvi et sa famille.

En rachetant Makor Rishon, Adelson contrôlerait également Maariv, le défunt quotidien et son site Web toujours en état de fonctionnement.

Dans une interview à la radio militaire, Bennett a fustigé Israël Hayom, accusé d’être le « porte-parole » de Netanyahu. Selon lui, le quotidien ne peut être considéré comme « un vrai journal ».

« Israël Hayom est La Pravda, c’est le porte-parole d’un homme – le Premier ministre », a déclaré Bennett.

« À chaque fois qu’il y eu contradiction entre l’intérêt national et le Premier ministre, le papier a toujours pris parti pour le Premier ministre : sur la reconnaissance d’un Etat palestinien, sur le discours de Bar-Ilan [dans lequel Netanyahu a exprimé son soutien pour une solution de deux États], sur le gel [des implantations], et dans les combats qui ont opposé Netanyahu à Feiglin ou moi ».

Et d’ajouter : « Cela m’attriste un peu, mais Israël Hayom n’est pas un vrai journal ».

Adelson, un fervent partisan de Netanyahu, a fait des dons astronomiques au Parti républicain américain, à hauteur de 92 millions de dollars, afin d’aider les candidats malheureux du parti à remporter les élections de 2012.

Bennett a dit craindre que Makor Rishon n’abandonne ses valeurs nationales, religieuses, sionistes et conservatrices pour suivre la ligne Netanyahu, en écho à Israël Hayom.

Et Bennett n’est pas le premier à comparer Israël Hayom au journal soviétique. En 2013, Avigdor Liberman s’est laissé aller à une analogie similaire suite à la publication d’un papier dans le quotidien au sujet des élections à la mairie de Jérusalem que le ministre des Affaires étrangères a qualifiées de « spin » (NDLR : en marketing politique, coup de communication).

Israël Hayom, l’un des derniers nés sur la scène médiatique israélienne, a été publié pour la première fois en 2007. Distribué gratuitement, il est aujourd’hui le tirage quotidien le plus élevé du pays.

L’entreprise Makor Rishon, qui détient Maariv et le journal Makor Rishon, a déclaré devoir à ses créanciers quelque 3,5 millions de shekels (1 millions de dollars).

En cause, les mauvaises ventes du Maariv.

Plus tôt dans le mois, Ben Tzvi a annoncé que Maariv devait 50 millions de shekels (14,3 millions de dollars). L’homme d’affaires a déclaré aux tribunaux que son entreprise n’était pas en mesure de régler ses dettes actuellement.

Il aurait investi quelque 90 millions de shekels dans le quotidien au cours de la dernière année et demie.

Adelson a présenté son offre via son entreprise Israël Hayom. Selon le portail d’information Walla, Adelson continuerait à employer la majorité de l’équipe de Makor Rishon, tandis que le site de Maariv NRG, continuerait à fonctionner.

Toutefois, l’édition imprimée de Maariv devrait fusionner totalement avec le journal Makor Rishon.

Le montant de l’acquisition proposé par Adelson aurait dépassé les quatre autres offres soumises, y compris celle du Jerusalem Post, d’un groupe d’investisseurs représentés par Udi Ragonis, et celle du PDG actuel de l’entreprise Makor Rishon, rapporte Walla.

Si l’accord entre Israël Hayom et l’entreprise Makor Rishon n’a pas encore été officiellement finalisé, des sources proches d’Adelson ont déclaré attendre une réponse positive dans les prochains jours.

Les responsables d’Israël Hayom ont soutenu que Makor Rishon continuerait de fonctionner en toute indépendance.

Adiv Sterman et le Times of Israel ont contribué à la rédaction de cet article.