Le leader de HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, devrait exiger le portefeuille des affaires étrangères suite à la démission du ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman qui a annoncé lundi qu’il ne rejoindrait pas une nouvelle coalition gouvernementale avec le Likud.

HaBayit HaYehudi a tenu une réunion d’urgence lundi soir, quelques heures après que le Likud a signé un accord avec le parti ultra-orthodoxe Shas et surtout suite à l’annonce spectaculaire de Liberman, qui a efficacement mis des bâtons dans les roues des tentatives du Premier ministre Benjamin Netanyahu de former un gouvernement avant la date butoir de jeudi.

Selon l’accord de coalition avec le Shas, le parti devrait recevoir le ministère de l’Economie et le ministère des Affaires religieuses, une décision fortement contestée par HaBayit HaYehudi ainsi que par Yisrael Beitenu de Liberman.

Lors de la réunion de HaBayit HaYehudi de lundi soir, Bennett lui-même a été chargé de diriger la poursuite des négociations pour un accord de coalition avec le Likud, selon Israel Radio.

Le directeur général d’HaBayit HaYehudi, Nir Orbach, a déclaré que le parti exigerait un important ministère influent – probablement le ministère des Affaires étrangères, que HaBayit HaYehudi convoitait mais qui était promis à Liberman – en plus du portefeuille de l’Éducation (qui devrait revenir à Bennett lui-même) et le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

Certaines sources au Likud ont déclaré sur Israel Radio que le parti avait déjà fait une offre « sans précédent » à HaBayit HaYehudi, qui comprenait les ministères de l’Éducation, de l’Agriculture, des Sports et des Affaires de la diaspora, ainsi qu’une nomination au poste de ministre adjoint de la Défense pour un membre du parti et la présidence de l’influente commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset.

Selon l’accord avec le Shas, le parti va également contrôler le ministère du développement de la Galilée et du Néguev, et des députés du Shas seront nommés ministre adjoint des Finances, président de la Commission de l’Éducation, et vice-président de la Knesset.

Le Likud a signé un accord avec Koulanou et Yahadout HaTorah la semaine dernière.

Avec l’ajout des sept sièges de Shas, Netanyahu a maintenant 53 sièges dans sa coalition. De plus, si on ajoute les huit de HaBayit Hayehudi que Netanyahu devrait obtenir, cela lui donnera les 61 mandats nécessaires pour avoir une majorité de 120 sièges à la Knesset, même si cette majorité est faible.

Lors de la signature de l’accord, le leader du Shas, Aryeh Deri, a exhorté Netanyahu à élargir la coalition pour que la majorité aille au-delà de la majorité des 61 députés (qui sera instable) et a lancé un appel à Isaac Herzog de l’Union sioniste pour qu’il rejoigne la coalition.

Lundi, Liberman a déclaré qu’il avait choisi d’être dans l’opposition plutôt que dans un gouvernement qu’il a qualifié d’opportuniste, conformiste et pas « nationaliste ».

Avigdor Liberman lors de la réunion du parti Israël Beitenou à la Knesset le 4 mai 2015(Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Avigdor Liberman lors de la réunion du parti Israël Beitenou à la Knesset, le 4 mai 2015 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

« Nous sommes arrivés à la décision unanime qu’il ne serait pas juste pour nous de rejoindre la coalition », a déclaré Liberman lors d’une conférence de presse à la Knesset au cours de laquelle il a annoncé sa décision. « Nous avons choisi entre nos principes et les sièges du cabinet. »

L’annonce met Netanyahu au pied du mur tandis qu’il tente de former un gouvernement avant la date limite du 7 mai. Les six sièges de Yisrael Beitenu étaient importants pour renforcer le gouvernement naissant de Netanyahu, qui pourrait maintenant n’avoir qu’une majorité de 61 sièges.

Liberman a déclaré que le Likud, le parti du premier ministre, avait fait des concessions dans les accords de coalition avec d’autres partis qu’Yisrael Beitenu ne pouvait pas accepter.

« Le projet de loi sur l’Etat juif qui était si important lors de la dernière Knesset – soudainement personne n’en parle », a-t-il déploré, en se référant à la législation controversée proposée l’an dernier qui visait à consacrer Israël comme un Etat juif.

Liberman a en outre critiqué Netanyahu sur son positionnement qu’il juge faible contre le terrorisme. Il a accusé le futur gouvernement de n’avoir « aucune intention de renverser le règne du Hamas à Gaza ».

Les commentaires font écho aux déclarations faites par Liberman au cours de l’été, qui ont mis en lumière un fossé qui existe entre lui et Netanyahu. Les deux se sont présentés ensemble, sur une liste commune, aux élections de 2013.

Liberman a également déploré le fait que le futur gouvernement n’ait probablement pas l’intention de permettre la construction de nouveaux logements dans les grands blocs d’implantations.

Au cours des dernières semaines, Liberman a critiqué les concessions de Netanyahu aux partis ultra-orthodoxes – sur les questions de la conversion et du recrutement dans l’armée israélienne.

Selon l’accord avec Yahadout HaTorah, plusieurs grandes réformes élaborées par le gouvernement précédent visant à intégrer la communauté ultra-orthodoxe dans la société israélienne seront gelées, y compris la législation destinée à obliger les Haredim à se soumettre au service militaire obligatoire ; les réformes assouplissant le processus de conversion seront également annulées.

Les deux questions sont importantes pour l’électorat de Yisrael Beitenu, qui est composé en grande partie d’immigrants de l’ex-Union soviétique.