Le chef du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett a assené jeudi un rare coup préélectoral au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au Likud, accusant ses plus proches alliés dans l’arène politique israélienne de ne pas tenir leur parole sur le soutien aux implantations de Cisjordanie.

« Avant les élections tout le monde est de droite, ils parcourent la Judée et la Samarie, mais après les élections, ils mettent en œuvre des gels ou tiennent des discours sur un État palestinien dans des discours à Bar-Ilan », a déclaré Bennett, en référence au soutien déclaré de Netanyahu en 2009 pour un État palestinien et au moratoire sur la construction en Cisjordanie mis en œuvre l’année suivante.

Bennett, qui a tenu ces propos lors d’une visite au Lycée Blich de Ramat Gan, a également parlé de son inquiétude que Netanyahu soit tenté de former une coalition avec d’autres partenaires avant de s’adresser à HaBayit HaYehudi.

« J’ai le sentiment que cette fois aussi je vais attendre l’appel téléphonique de Netanyahu comme si j’attendais un rendez-vous avec une fille » a-t-il dit.

Le ministre a rappelé la période après les élections parlementaires de 2013 lorsque Netanyahou semblait tarder avant de proposer à HaBayit HaYehudi, avec ses 12 sièges, de rejoindre la coalition, tout en confiant à Tzipi Livni en tant que chef de Hatnua qui avait seulement gagné six sièges, la responsabilité des négociations directes avec les Palestiniens.

« J’ai le sentiment que ce qui est arrivé la dernière fois se produira encore, quand il a laissé Tzipi Livni avec ses six mandats diriger les négociations », a-t-il dit.

Le Lycée Blich est connu pour la tenue d’élections simulées qui, souvent, prédisent avec exactitude les résultats réels, ce qui en fait un endroit populaire pour les candidats, bien que la plupart des élèves soient trop jeunes pour voter.

Les remarques de Bennett sont venus le lendemain du jour où Netanyahu a visité une académie pré-militaire dans l’implémentation d’Eli dans le nord de la Cisjordanie, où il a mis en garde contre un scénario dans lequel serait donnée aux partis de gauche une chance de former le gouvernement.

Il y a quelques semaines, Netanyahu avait écrit sur Twitter que HaBayit HaYehudi ferait partie du « large gouvernement Likud » qu’il envisage de former après les élections.

Bennett et Netanyahu ont en général évité les attaques mutuelles dans les disputes entre politiciens à l’appoche des élections, mais le mois dernier Bennett a vivement critiqué Netanyahu sur sa gestion du conflit dans la bande de Gaza menée par l’armée israélienne contre le Hamas durant l’été 2014.

A l’époque, Bennett répondait à une vidéo virale du Likud qui représentait Netanyahu dans le rôle d’un instituteur de maternelle, et les ministres de son gouvernement sortant, dont certains souhaitent à présent le renverser, comme des enfants indisciplinés.

« Nous ne parviendrons pas à faire quoi que ce soit si vous continuez à vous chamailler « , disait Netanyahu aux enfants-politiciens dans la vidéo.

Un enfant interprétant Bennett figurait aussi dans le clip, au milieu des enfants qui jouaient les autres rivaux de Netanyahu, apparemment en violation d’un accord entre le Likud et HaBayit HaYehudi, les deux plus grands partis de droite, visant à éviter les campagnes négatives.

Dans une interview à la radio militaire, Bennett a insisté que malgré la pique de Netanyahu, il n’allait pas « tirer avec son arme à l’intérieur du char, » une expression en hébreu parfois utilisée par Bennett, un ancien officier de Tsahal, pour signifier son principe d’éviter dans la campagne électorale les luttes intestines et négatives entre les partis de la droite.

Ce qui ne l’a pas enpêché d’émettre une féroce critique, bien que subtile, à l’encontre du Premier ministre, s’en prennant à la conduite par Netanyahu de la guerre à Gaza, baptisée Bordure protectrice par Israël.

« Au moins, cet enfant ne permettra à des roquettes d’attérrir près de l’aéroport, » a-t-il dit, faisant allusion aux tirs de roquettes de la bande de Gaza pendant la guerre qui ont incité plusieurs compagnies aériennes internationales à annuler des vols vers Israël – un scénario de cauchemar souvent cité par les politiciens de droite comme argument contre un État palestinien.