Le ministre israélien de l’Economie Naftali Bennett, chef du principal parti nationaliste religieux, a menacé jeudi de quitter la coalition gouvernementale en cas d’accord sur la libération de prisonniers palestiniens.

M. Bennett, le leader du parti Habayit Hayehudi, proche du lobby des résidents d’implantations, a dénoncé un « accord émergeant incluant la libérations d’assassins israéliens », en référence à l’éventuelle libération de détenus arabes israéliens, d’origine palestinienne mais qui ont la nationalité israélienne.

« Si le gouvernement nous propose cet accord, Habayit Hayehudi se retirera de la coalition », a annoncé le ministre de l’Économie.

Le parti Habayit Hayehudi, qui détient le portefeuille du ministère du Logement, prône une accélération de la colonisation en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-est annexée.

M. Bennett a appelé mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à annexer 60 % de la Cisjordanie.

Il avait déjà fait campagne lors des élections générales de 2013 en proposant d’annexer la partie de la Cisjordanie restée sous contrôle militaire total israélien et où vivent la majorité des résidents d’implantations juifs.

La Deuxième Chaîne de télévision israélienne a évoqué jeudi un accord en cours de négociations qui permettrait de sortir de l’impasse les pourparlers de paix, incluant la libération de prisonniers palestiniens et celle de l’espion américano-israélien Jonathan Pollard.

« Des sources à Washington affirment que d’ici quelque jours les parties devraient signer un accord pour prolonger les négociations au-delà (de l’échéance) du 29 avril. Selon ces sources, l’accord mentionnera à nouveau la libération de prisonniers palestiniens, y compris des Arabes israéliens, en échange de la libération de l’espion juif américain Jonathan Pollard », selon la chaîne.

Mais un responsable américain à Washington a démenti, indiquant à l’AFP que ces « informations de presse étaient inexactes ».

Jonathan Pollard, ancien analyste de la marine américaine, a été condamné en 1987 à la prison à perpétuité par la justice américaine pour espionnage au profit d’Israël.

En Israël, la coalition gouvernementale se déchire sur la libération de M. Pollard en échange de la libération de 26 prisonniers palestiniens, perçue par la droite nationaliste comme un prix très élevé à payer.

Israël a décidé jeudi de nouvelles sanctions contre les Palestiniens, gelant le transfert des taxes qui leur sont dues, après une nouvelle réunion entre négociateurs des deux camps, sous médiation américaine, qui n’a débouché sur aucun progrès.