Deux ministres se sont lancés dans une diatribe le 3 février contre le secrétaire d’Etat américain. Ce dernier avait mis en garde Israël contre des menaces de boycott si les négociations avec les Palestiniens venaient à échouer.

« Israël ne cèdera pas aux menaces économiques », a déclaré Naftali Bennett, le ministre de l’Economie et du Commerce. De son côté, Gilad Erdan, ministre de la Communication, a accusé John Kerry d’ « attiser le feu » des boycotts contre Israël, plutôt que de les combattre.

Naftali Bennett, chef du parti nationaliste HaBayit HaYehudi, a également souligné le droit des juifs sur la terre d’Israël et a dénoncé les concessions territoriales envisagées par la chef des négociations avec les Palestiniens, Tzipi Livni.

Lors d’une réunion de son parti, Naftali Bennett a décrié la « propagande » visant à [nous] menacer pour que l’on rende des territoires ».

A la Conférence sur la Sécurité à Munich, le secrétaire d’Etat américain a indiqué qu’Israël fera face à une « campagne de délégitimation grandissante. Les gens y sont de plus en plus sensibles. On parle déjà de boycotts et d’autres genres de choses. »

« Je le dis à qui veut l’entendre : vous avez commis une erreur », a répondu Naftali Bennett. « Nos valeurs n’ont pas de prix. Elles ne peuvent s’acheter avec des dollars. Notre terre n’est pas une monnaie d’échange, il n’y a pas de prix pour notre sécurité et celle de nos enfants. Même un milliard de dollars ne ramènera pas à la vie un enfant tué par une roquette palestinienne. »

« Nos valeurs n’ont pas de prix. Elles ne peuvent s’acheter avec des dollars. Même un milliard de dollars ne ramènera pas à la vie un enfant tué par une roquette palestinienne »,

Naftali Bennett

D’après le ministre de l’Economie, Israël gagnera cette « guerre » comme elle l’a déjà fait dans le passé. « Calmement, posément et avec la foi », a-t-il ajouté.

« Il est difficile d’accepter les déclarations de Kerry, parce qu’il parle en tant que spectateur », a déclaré Gilad Erdan à une convention à Jérusalem. « Il a plutôt l’air de quelqu’un qui attise le feu des menaces contre l’économie israélienne. »

Selon le ministre de la Communication, l’administration Obama ne comprend pas le conflit israélo-palestinien et la réalité du Moyen Orient. Il a ajouté que la pression exercée sur le gouvernement israélien et le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’était pas la même que celle exercée sur les Palestiniens.

« On pourrait attendre de quelqu’un qui est censé être un médiateur objectif et juste, de dire également que du côté palestinien, il y aura aussi un prix à payer s’il continue à nier le droit du peuple juif à avoir son Etat, s’il reste dans la voie de l’intransigeance et si ses médias officiels et son système éducatif continuent à inciter la haine contre Israël », a-t-il déclaré.

Il a aussi accusé le ministre des Finances Yair Lapid de « terroriser les citoyens israéliens » en leur annonçant qu’un échec des négociations puisse mener à une récession économique dans le pays.

Le 1er février, Naftali Bennett a accusé John Kerry de servir de « porte-parole » aux antisémites qui tentent de mettre en place un boycott contre Israël.

Le chef du parti HaBayit HaYehudi a aussi montré du doigt Tzipi Livni pour son manque de réaction suite aux déclarations de Saeb Erekat, chef palestinien des négociations. Ce dernier avait dit qu’Israël a volé la terre des Palestiniens – ce à quoi la ministre de la Justice avait répondu qu’au lieu de se concentrer sur l’Histoire, il valait mieux se préoccuper de l’avenir.

« Quiconque s’intéresse aux racines du problème de l’échec que nous vivons depuis une dizaine d’années en Israël – il s’agit de la cause du problème, parce qu’ils parlent de justice alors que nous parlons d’Histoire », a déclaré Bennett.

Ce dernier a qualifié les boycotts de « guerre de l’esprit », qui doit être combattue en maintenant les revendications juives sur la terre d’Israël.

« La terre d’Israël appartenait aux Juifs il y a des milliers d’années, longtemps avant que les Palestiniens arrivent dans ce monde », a-t-il ajouté.

Saeb Erekat a refusé de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif. Il affirme que ses origines remontent à « 5 500 ans, avant que le prophète Yéhoshua Bin-Nun n’arrive et ne brûle sa ville natale de Jéricho ».