Le président du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett a déclaré samedi soir que s’il abhorrait toute forme de violence et était consterné par les actes des terroristes juifs, qu’il ne permettrait pas aux événements des derniers jours de salir l’image de l’ensemble de la population des résidents de Cisjordanie.

« Quiconque veut que je sois à ses côtés dans la lutte pour la tolérance et la dignité humaine – je serai le premier à me présenter », a-t-il écrit dans un post Facebook. « Celui qui veut faire taire mon camp – me trouvera sur sa route. »

Bennett a affirmé que l’assassinat d’un bébé palestinien par des terroristes juifs présumés jeudi soir, s’il est abject, a conduit ces derniers jours à des attaques sur l’ensemble de la population des résidents des implantations.

« La tolérance est recto-verso, » écrit-il. « Je n’accepterai en aucun cas de tentative de diffamer les 430 000 merveilleux Israéliens qui vivent en Judée- Samarie, ceux qui sont connus comme les ‘habitants des implantations’. Nous témoignons d’une telle tentative insensée en ce moment. Elle ne réussira pas. Celui qui se livre à une telle action est coupable du même crime de préjugés et d’incitation. »

Le ministre de l’Education a appelé les deux parties « la droite et la gauche : soyons ensemble. Particulièrement dans ces moments, rappelons-nous que nous sommes des frères ».

Bennett a écrit qu’il avait passé une grande partie du week-end à penser au bébé palestinien tué. « Je n’ai cessé de penser aux derniers instants d’Ali Dawabsha qui a été brûlé à mort ; à ses parents qui ont essayé de le sauver et à sa famille qui lutte en ce moment pour survivre. »

« J’ai pensé aussi aux participants au défilé de la Gay Pride, poignardés dans le dos par un indésirable, seulement pour ce qu’ils sont ».

« La différence d’opinions est une bonne chose. La violence jamais, jamais, sous aucun prétexte. Mon peuple ne doit pas agir ainsi. Mon pays ne doit pas agir ainsi. Ce n’est pas le judaïsme qui a fait notre éducation, ce n’est pas la Torah que m’ont enseignée mes ancêtres. »

« Dans la section de la Torah lue cette semaine, nous avons reçu les Dix commandements, qui dictent : ‘Tu ne tueras point’. Et non ‘Tu ne tueras point de Juif’. »

Au rassemblement de samedi soir à Tel Aviv, Youval Steinitz, ministre des Infrastructures, de l’Energie et des Ressources, proche confident du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a été hué lors de son discours et certains manifestants ont montré des mains peintes en rouge symbolisant le sang, et crié des slogans tels que « l’homophobie et le racisme proviennent du gouvernement ».

Plusieurs hommes politiques de l’opposition ont ouvertement blâmé le gouvernement de Netanyahu pour ce qu’ils appellent une atmosphère générale de tolérance à l’égard des extrémistes juifs.

Dans un discours à Jérusalem samedi, le président Reuven Rivlin a également interrogé le rôle de l’ambiance générale créée par le gouvernement qui a mené à des attaques, tandis que l’ancien président Shimon Peres, parlant à Tel Aviv, a été beaucoup plus direct dans son accusation.

« Ceux qui incitent à l’encontre des citoyens arabes d’Israël ne devraient pas être surpris quand les mosquées et les églises sont incendiées ou même quand un bébé est brûlé vif dans la nuit », a déclaré Peres.

Peres a averti que « de sombres forces extrémistes » menacent de détruire l’Etat d’Israël, et a appelé tous les Israéliens à les affronter et à les repousser.

Netanyahu a envoyé un clip pré-enregistré à diffuser à la manifestation de Tel Aviv, où il a abordé principalement l’attaque au couteau à la Gay Pride de Jérusalem.

« Nous rejetons cette haine pure et simple », a déclaré Netanyahu. « Nous ferons tout ce qui est nécessaire  pour tirer les leçons de cet [incident]. Mais la leçon la plus importante est d’accepter l’autre, même quand il n’est pas comme vous. Et cela ne contredit en rien le judaïsme. »