Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett, qui dirige le parti orthodoxe de droite HaBayit HaYehudi, a déposé une plainte auprès de la police mercredi, affirmant que le flot de commentaires publiés sur ses comptes de médias sociaux était de l’incitation.

Bennett et d’autres législateurs de droite sont sous les feux de la critique après deux incidents mortels la semaine dernière, leurs adversaires politiques les accusant de contribuer à une atmosphère d’intolérance.

Cette attitude, disent-ils, a conduit à l’attaque de la Gay Pride, dans laquelle Shira Banki, 16 ans, a été mortellement poignardée par un Juif ultra-orthodoxe, jeudi, et à l’incendie d’une maison dans le village cisjordanien de Douma, qui a tué le bébé palestinien de 18 mois Ali Dawabsha vendredi. On soupçonne que des résidents juifs extrémistes des implantations ont commis ce crime.

Juste après les attaques, Bennett a tenté de faire une apparition lors d’un rassemblement samedi soir contre l’incitation et le racisme à Tel-Aviv. Mais il a été évincé par les organisateurs de l’événement après avoir refusé de signer un document dans lequel il devait s’engager à promouvoir les droits des LGBT.

Les critiques ont été plus virulentes suite à la position perçue comme laxiste de Bennett vis-à-vis de l’extrémisme juif après sa réaction à une récente décision de la Haute Cour de justice demandant la démolition de deux bâtiments israéliens construits sur des terres privées palestiniennes dans l’implantation cisjordanienne de Beit El la semaine dernière.

Livrant un discours passionné depuis le toit d’une épicerie de Beit El, Bennett a salué les manifestants venus pour protester contre la démolition, disant : « La réponse au terrorisme est de construire des implantations et de ne pas être des lâches. Vous, mes frères, continuez dans cette voie. Nous savons que la terre d’Israël s’acquiert dans la souffrance. »

Les utilisateurs de médias sociaux ont été prompts à affirmer que malgré la condamnation publique de Bennett des deux attaques, son idéologie et ses récentes activités y ont directement contribué.

« Naftali Bennett, le sang que vous avez sur vos mains ne peut être lavé, » lui a écrit l’utilisateur « Ami ».

« Vous tuez des gens », a dit un autre.

« Vous avez probablement eu un beau Shabbat. Après tout, d’une pierre deux tués », a écrit « Roni ».

« Ce dégénéré Schlissel a touché quatre personnes à la parade LGBT à Jérusalem… Le travail de Dieu est fait par d’autres – n’est-ce pas, M. Bennett ? Pendant ce temps, vos parasites ont brûlé toute une famille palestinienne – un vrai Shabbat délictueux !!! »

Un montage créé par le groupe de gauche « Briser le silence » montre Bennett prononçant son discours sur le toit de Beit El à côté d’une photo de l’enfant palestinien défunt avec la légende : « Nous appelons nos dirigeants à assumer la responsabilité des conséquences de leurs paroles et actions intolérantes ! »

Selon une déclaration diffusée par HaBayit HaYehudi mercredi, le déluge de commentaires négatifs sur la page Facebook de Bennett est une tentative de « détourner le débat et de placer l’entière responsabilité sur le député Bennett ».

« Même la liberté d’expression a ses limites, et cette limite est une incitation à nuire à autrui », dit la déclaration.

Selon les responsables du HaBayit HaYehudi, le parti a déposé plainte auprès de la police.

La plainte de Bennett intervient deux jours après que la police a ouvert une enquête sur les vidéos en ligne dépeignant le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin en nazis. Les vidéos étaient les dernières d’une série de mèmes Internet attaquant le président pour sa critique acerbe des extrémistes juifs.