La prise de pouvoir d’un nouveau gouvernement d’unité palestinienne lundi a suscité une vague de réactions fortes de la part des dirigeants israéliens.

Les ministres de droite ont condamné l’alliance avec des « terroristes en costumes » tandis que les centristes préconisent une démarche plus prudente.

Le ministre de l’Economie Naftali Bennett (Habayit Hayehudi) a donné le ton en soulignant que la participation du Hamas dans le gouvernement de l’Autorité palestinienne signifiait que « la possibilité d’un Etat palestinien avait percuté le mur de la réalité aujourd’hui.

Il est grand temps de passer de la défense à l’attaque et de faire ce qui est bon pour Israël ».

Il a déclaré que la nouvelle administration était « un gouvernement de terroristes en costumes » et il l’a qualifié de « gouvernement illégitime ».

Sur sa page Facebook, Bennett a cité des passages antisémites et anti- Israël de la charte du Hamas, en posant la question : « Y-a-t-il en encore quelqu’un qui pense que cela peut être un partenaire ? »

Si les commentaires de Bennett ont trouvé un écho parmi de nombreux membres de la coalition, d’autres, comme le ministre des Finances Yair Lapid du parti centriste Yesh Atid, a exhorté à plus de retenue.

« Ce n’est pas l’heure pour des réactions excessives. Je conseille à mes amis du gouvernement et de la Knesset de ne pas donner la possibilité au Hamas de retourner les critiques contre nous pour le plaisir de faire les gros titres dans l’arène politique nationale », a expliqué Lapid dans une référence à peine voilée aux commentaires de la droite.

Le ministre du Logement et de la Construction, Uri Ariel, également de Habayit Hayehudi, a condamné Abbas pour avoir mis en place « un gouvernement terroriste composé de meurtriers notoires ».

Il a également ajouté qu’il « prouvait aujourd’hui une fois de plus qu’il n’était pas intéressé par la paix avec l’Etat d’Israël ».

Ariel a appelé le gouvernement à répondre à la décision palestinienne en levant le gel partiel des constructions dans les implantations juives.

Le député Moti Yogev (Israel Beytenu) a déclaré que l’unité du gouvernement était établie sur le principe d’un refus de reconnaître Israël.

Il a réitéré les appels de son parti de « renforcer » la présence d’Israël dans la Zone C de la Cisjordanie, qui est sous contrôle administratif israélien.

L’adjoint du ministre de la Défense, Danny Danon, a fait écho à la sortie de Bennett contre le gouvernement palestinien et averti les gouvernements étrangers de ne pas aider l’Autorité palestinienne.

« Les costumes des ministres [du gouvernement d’unité] sont simplement une enveloppe pour les actes de terreur qu’ils ont perpétré », a-t-il déclaré.

« A partir de maintenant, toute l’aide donnée aux Palestiniens par les Etats-Unis et d’autres pays contribue directement à mettre en danger l’Etat d’Israël », a déclaré Danon.

Dans le même temps, le ministre de Affaires étrangères Avidgor Liberman a tourné en dérision la réponse d’Israël. Il semble qu’il a pris un ton étonnamment conciliant pour un politicien connu pour ses positions tranchées.

« Chaque ministre du gouvernement a sa propre stratégie, mais le gouvernement d’Israël n’a pas de stratégie », a-t-il déclaré, selon la Dixième chaîne. « Nous avons besoin d’obtenir un accord pour un Etat juif et un Etat palestinien. Laisser des Juifs dans un Etat palestinien ne serait pas responsable ».

Liberman a critiqué le parti Israël Beytenu pour ne pas avoir accepté l’idée d’un Etat palestinien. Il a également critiqué la ministre de la Justice Tzipi Livni pour sa volonté de négocier avec un Etat palestinien « à tout prix ».

Le député travailliste Nachman Shai a déclaré que la mise en place d’un nouveau gouvernement palestinien présente « non seulement un risque, mais aussi une chance » de prendre une direction différente.

Il a ajouté que les étapes proposées par le gouvernement, y compris un refus de reconnaître le nouveau gouvernement et les coupes budgétaires pour ses finances, « entraînera une détérioration plus importante de la situation du point de vue diplomatique et sécuritaire ».

Le député d’Hatnua Amram Mitzna a appelé à de l’introspection, déclarant que le « Hamas ne soutient par le terrorisme. Dans notre gouvernement non plus, nous ne sommes pas tous pacifiques ».

Le Fatah, parti d’Abbas, et le Hamas ont mis fin à plusieurs années d’animosité lorsqu’ils sont parvenus à un accord à la fin avril. Ils ont formé un gouvernement intérimaire d’unité nationale composé de technocrates avant la tenue d’élections complètes pour la fin de l’année.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également fait allusion à des « actions unilatérales » possibles, en réponse à l’échec de négociations de paix avec les Palestiniens.

Netanyahu a mis un terme aux négociations avec Abbas après que le gouvernement d’unité ait été annoncé. Il a déclaré à plusieurs reprises qu’Israël ne travaillera pas avec une gouvernance palestinienne qui inclue le Hamas, considéré par Israël et de nombreux pays occidentaux comme une organisation terroriste.

Lundi, Netanyahu a critiqué les gouvernements européens qui condamnent l’attaque du Musée juif de Bruxelles tout en réagissant avec « ambiguïté » à la réconciliation palestinienne.

Times of Israel a contribué à cet article.