Le chef parti nationaliste-religieux Habayit Hayehudi a lancé un appel surprenant à la communauté arabe d’Israël pour qu’elle s’oppose à la libération des prisonniers arabes israéliens dans le cadre d’un accord de prolongation des pourparlers avec les Palestiniens.

Dans un communiqué, le ministre de l’Economie Naftali Bennett, qui a menacé de quitter le gouvernement si une telle libération avait lieu, explique qu’une telle décision ferait des Arabes israéliens des citoyens de seconde zone – une accusation souvent formulée par des membres de la communauté arabe mêmes.

Bennett écrit que la communauté serait la première à souffrir d’une possible libération, qu’il considère comme un exemple de l’ingérence du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans les affaires internes d’Israël.

« La libération des Arabes israéliens fait de vous des citoyens de seconde zone », écrit-il. « Un accord comme celui-ci minera vos demandes en faveur de l’égalité des droits et de la justice. »

« Abbas arrive et transforme, de facto, cette partie de la population en cinquième colonne », accuse Bennett.

L’accord qui pourrait prochainement prendre forme verrait Israël libérer un certain nombre de prisonniers arabes israéliens, qui purgent une peine pour des crimes terroristes, ainsi que d’autres détenus palestiniens, en échange d’une extension des pourparlers censés s’achever à la fin du mois et la possible libération de l’espion israélien Jonathan Pollard, condamné à vie aux Etats-Unis.

Bennett et son parti sont opposés à cet accord et menacent de faire tomber le gouvernement s’il est mis en œuvre.