Le ministre de l’Economie et du Commerce Naftali Bennett, en charge également des Affaires religieuses, a annoncé le 3 février qu’il allait        « révolutionner » l’industrie de la cacherout en Israël. Il va introduire un système se déroulant sur trois étapes, pour rendre la certification plus facile pour les restaurants et leur clientèle.

Lors d’une conférence de presse ce lundi, Naftali Bennett a présenté un système de certification à trois étoiles – chaque étoile indiquant le niveau de conformité aux lois diététiques du judaïsme.

« Chaque entreprise peut choisir le nombre d’étoiles qu’elle désire », a déclaré le ministre de l’Economie.

Les certificats de cacherout pour les entreprises israéliennes sont attribués par des organes rabbiniques locaux, communément appelés   « comités de cacherout », placés sous l’autorité du Rabbinat d’Israël.

Quand ils rendent visite aux entreprises, les inspecteurs de la cacherout font un état des lieux des locaux et vérifient que la façon d’y préparer la nourriture est conforme aux instructions prévues par la loi juive. Néanmoins, il est possible de trouver des certificats encore plus pointilleux, notamment les comités « Badatz », mis en place pour les membres de la communauté ultra-orthodoxe.

A la tête du parti nationaliste-orthodoxe HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett a expliqué que les relations entre les dirigeants d’entreprise et les inspecteurs seront changées. L’embauche de nouveaux inspecteurs permettra de renforcer la supervision des entreprises – qui s’effectue, à l’heure actuelle, de façon trop ponctuelle.

« Les certificats de cacherout seront mis à jour », a promis Naftali Bennett.

Le nouveau système prévoit également une révision du système de financement des certificats. A ce jour, les établissements paient eux-mêmes pour être contrôlés par les inspecteurs – une pratique décriée car elle susciterait des conflits d’intérêt. La réforme Bennett envisage la création d’un autre organisme qui sera spécialisé dans les questions financières de la cacherout.

« Au lieu de se désengager progressivement de l‘industrie de la cacherout, l’Etat va embaucher à son compte des milliers d’inspecteurs supplémentaires »

Shahar Ilan

Suite à cette annonce, les critiques du Rabbinat n’ont pas tardé à exprimer leurs inquiétudes.

Shahar Ilan, vice-président de l’association Hiddush, un organisme prônant la séparation entre l’Etat et la synagogue, a fortement critiqué le plan Bennett. Selon lui, ces nouvelles régulations offrent au rabbinat le monopole sur l’ensemble du système de la cacherout, au lieu de l’ouvrir au marché de l’offre et de la demande.

« Ce n’est pas une révolution. C’est un échec », a-t-il déclaré. « Au lieu de se désengager progressivement de l‘industrie de la cacherout, l’Etat va embaucher à son compte des milliers de d’inspecteurs supplémentaires.»

Shahar Ilan a appelé l’Etat à libéraliser le secteur de la cacherout et à autoriser de nouveaux types de certificats – pour les laïques, les libéraux et les conservateurs – permettant ainsi aux consommateurs de choisir les certificats selon leurs croyances. Il a ajouté qu’un système déjà douteux, en proie à des irrégularités financières, serait susceptible de poser davantage de problèmes.

« Cela ne règlera pas les irrégularités administratives et financières du monde de la cacherout. Il est fort probable que ces régulations suscitent la curiosité des médias et fassent du tort au judaïsme en général. »

D’autres organisations, telles que Ne’emanei Torah Va’Avodah, un mouvement sioniste et libéral, ont accueilli la nouvelle avec enthousiasme. « Nous espérons que le système de la cacherout sera soumis à d’importantes réformes structurelles », lit-on dans un communiqué du groupe.

Plus tôt dans la journée, Israel National News a indiqué que la presse ultra-orthodoxe allait boycotter la conférence de presse de Naftali Bennett. En cause : cette dernière a eu lieu dans les locaux de ministère de l’Economie et non au rabbinat.