Un homme d’affaires israélien, figurant parmi les hommes les plus riches du monde, a été arrêté en raison de soupçons portant sur un éventuel blanchiment d’argent, et pour corruption impliquant des responsables étrangers, dans le sillage d’une enquête d’infiltration qui a eu lieu dans plusieurs pays.

Beny Steinmetz est accusé d’avoir versé des millions de dollars de pots-de-vin à la République de Guinée pour favoriser ses intérêts commerciaux dans le pays, selon un porte-parole de la police israélienne. Il réside à Genève et est un acteur de l’industrie du diamant et des mines à une échelle mondiale.

En plus des interrogatoires subis par Steinmetz au sein de l’unité anti—corruption de l’unité Lahav 433 et de son assignation en résidence, la police a également perquisitionné sa maison et ses bureaux.

Cette affaire tourne autour de l’achat par l’entreprise de Steinmetz, BSGR, d’une mine de fer en Guinée, pour laquelle il aurait injecté 165 millions de dollars en coûts d’exploration, en revendant la moitié quelques années plus tard au prix de 2,5 milliards.

Micky Rosenfled, porte-parole de la police, a confirmé que Steinmetz avait été placé en détention lundi et assigné à résidence pendant deux semaines.

Il a indiqué que l’homme d’affaires est soupçonné de blanchiment d’argent et de corruption auprès de responsables publics en Guinée avec pour objectif d’y promouvoir ses intérêts. L’arrestation a été le fruit d’une enquête conjointement menée par des agences de sécurité des Etats-Unis, de Suisse et de Guinée.

Pays riche en minéraux mais profondément appauvri, la Guinée souffre de corruption depuis longtemps tout en tentant d’exploiter ses ressources naturelles.

BSG Resources, l’entreprise de Steinmetz, avait vu ses autorisations minières révoquées en Guinée en raison d’accusations liées à la corruption. L’enquête conjointe portant sur les accords de corruption présumés qu’aurait conclu Steinmetz a été conduite en partie dans le cadre d’une démarche entreprise par l’OCDE visant à déraciner la corruption chez les responsables gouvernementaux partout dans le monde.

Vue aérienne de Conakry, capitale de la République de Guinée  (Crédit : BY-SA, Wikipedia)

Vue aérienne de Conakry, capitale de la République de Guinée (Crédit : BY-SA, Wikipedia)

Israël participe à une enquête conjointe sur les accords de corruption présumés qui auraient été conclus par Steinmetz, et conduite en partie dans le cadre d’une démarche entreprise par l’OCDE visant à déraciner la corruption chez les responsables gouvernementaux partout dans le monde.

De son côté BSGR, l’entreprise de Beny Steinmetz, a démenti les allégations faisant état d’éventuels faits de corruption.

“BSGR a la certitude forte que ces allégations de corruption sur le Gouvernement de Guinée ne sont pas seulement sans fondement mais qu’elles sont aussi une tentative systématique de la part du gouvernement guinéen de couvrir la corruption endémique qui a brisé ce pays depuis un certain nombre d’années », a commenté l’entreprise.

La semaine dernière, l’entreprise israélienne Nip Global avait été reconnue coupable de corruption exercée sur un officiel gouvernemental, dans le pays africain du Lesotho, afin de privilégier ses intérêts commerciaux là-bas.

Ce verdict de culpabilité est une nouveauté dans l’Histoire du pays. Pour la première fois une entreprise israélienne est reconnue sur son sol coupable de corruption d’un responsable étranger, ce qui est un crime selon les termes de la loi israélienne.