Le vice-président américain Joe Biden et d’autres démocrates pourraient boycotter le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu devant le Congrès prévu le mois prochain.

Biden, qui est aussi le président du Sénat, a refusé de confirmer s’il assisterait au discours du 3 mars, a rapporté mardi le site Politico.

Biden siège généralement derrière le président de la Chambre pendant les interventions des dirigeants étrangers. Son absence pendant le discours de Netanyahu serait donc remarquée.

Plusieurs autres démocrates ont également averti en privé qu’ils n’assisteront pas au discours du Premier ministre.

L’allocution, qui doit porter sur l’importance de contrecarrer l’avancée iranienne vers l’arme nucléaire, s’est révélée un important point de friction entre Jérusalem et Washington, qui a qualifié le moment       choisi   d’ « inapproprié », car proche des élections israéliennes, et déclaré que la visite de Netanyahu n’a pas été convenue selon le protocole de rigueur.

Le président de la Chambre, John Boehner, un républicain de l’Ohio, a invité Netanyahu à une session conjointe du Congrès pour traiter de l’accord de négociation entre l’Iran et les Etats-Unis.

Netanyahu devrait prier instamment les législateurs d’adopter une nouvelle loi sur les sanctions contre l’Iran pour répondre aux demandes internationales de freiner son programme nucléaire – un projet de loi sur lequel Obama a promis d’opposer son veto, alléguant qu’une telle mesure nuirait aux négociations du P 5+1 en cours pour obtenir un accord avec Téhéran.

La semaine dernière, la chef parlementaire démocrate Nancy Pelosi a affirmé qu’elle ignorait si la plupart des démocrates de la Chambre seraient présents à la session conjointe du Congrès.

« Avec tout le respect du monde pour le Premier ministre, et tout l’amour du monde pour l’État d’Israël, je ne sais pas si tous, même en Israël, sont favorables à l’invitation », a déclaré Pelosi aux journalistes.

Pelosi faisait allusion à des allégations selon lesquelles Netanyahu intervenait au Congrès afin de gagner des points dans les sondages, deux semaines les élections israéliennes. La présidente du parti Meretz, Zahava Gal-on, a même mis en doute la légalité de cette visite de Netanyahu – si proche du 17 mars, le jour de l’élection.

Si J Street, le groupe de lobby pro-israélien de gauche, n’a pas encouragé les démocrates à protester contre le discours de Netanyahu, il soutient néanmoins le report de la visite du Premier ministre au lendemain du 17 mars.
Le groupe de lobbying pro-israélien Aipac, qui accueillera Netanyahu lors de sa conférence du 1er au 3 mars, s’est prononcé en faveur du discours.

« Nous encourageons tous les membres du Congrès à participer à cette importante allocution du Premier ministre israélien », a déclaré le porte-parole de l’Aipac, Marshall Wittman, à Politico.

La Maison Blanche n’a pas publiquement émis d’opinion sur la participation des législateurs. « Nous nous en remettons aux membres démocrates qui décideront s’ils souhaitent y participer ou non », a déclaré un conseiller de la Maison Blanche mardi.

La dernière intervention de Netanyahu devant le Congrès date de mai 2011. Il avait chaleureusement été accueilli par les législateurs.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.