Dans un discours inhabituellement révélateur prononcé à un événement de charité avant la cérémonie des Grammy, Bob Dylan s’est confié au sujet de l’écriture de chansons, de musiciens qu’il estime et des critiques qui l’ont ennuyées lors de sa carrière.

Le discours de 35 minutes a été prononcé par le chanteur compositeur juif après qu’il ait accepté le prix de la personne de l’année de MusiCares, une association caritative affiliée aux Grammy qui soutient les musiciens dans une situation financière ou médicale difficile.

Dans un style typique de Dylan, il s’est exprimé en prose comme dans une chanson en lisant une épaisse pile de papiers qu’il serrait dans sa main.

« Les critiques disent que je ne peux pas chanter. Je coasse, je ressemble à une grenouille », explique-t-il.

« Pourquoi les critiques ne disent-ils pas la même chose de Tom Waits ? Ils disent que ma voix est striée, que je n’ai pas de voix. Pourquoi ne disent-ils pas pareil au sujet de Leonard Cohen ? Pourquoi ai-je le droit à un traitement spécial ? Les critiques disent que je ne peux pas chanter juste et que je m’en sors en parlant dans une chanson. Vraiment ? Je n’ai pas entendu dire cela à propos de Lou Reed. Pourquoi s’en sort-il indemne ? Qu’ai-je donc fait pour mériter un traitement aussi spécial ? Pourquoi moi, seigneur ? »

A travers la soirée, les chansons de Dylan ont été interprétées par ses pairs et ceux qui sont venus après lui, y compris Bruce Springsteen, Neil Young, Norah Jones, Sheryl Crow, Willie Nelson, Jack White, Tom Jones, and Crosby, Stills et Nash.

Le prix à Dylan a été remis par l’ancien président Jimmy Carter qui a déclaré que « les mots de Dylan sur la paix et les droits de l’homme sont plus incisifs, plus puissants et plus durables que ceux de n’importe quel président des Etats-Unis ».