Le président de la Chambre des Représentants, John Boehner, a affirmé dimanche soir qu’il avait informé le président Barack Obama de l’invitation faite au Premier ministre Benjamin Netanyahu à venir prononcer un discours au Congrès quelques heures avant que cette invitation ne soit rendue publique.

Boehner et Netanyahu se sont mis d’accord pour que le Premier ministre israélien intervienne à Washington le 3 mars sans consulter l’administration américaine – le protocole pour ce genre d’événements. Mais cela a suscité l’indignation de Washington et a entrainé une vague de critiques dans les médias américains.

Lorsqu’on l’a interrogé au sujet des déclarations de responsables de la Maison Blanche, qui affirment qu’ils n’étaient pas au courant de ce projet, Boehner a affirmé dans l’émission « 60 Minutes » que « nous les avions informés ce matin-là ».

Il a aussi défendu la décision d’inviter Netanyahu à faire un discours au Congrès au sujet de sa position sur le programme nucléaire iranien, dont la position est ferme par rapport à l’administration américaine.

« Il n’y a personne au monde de mieux placé pour aborder le sujet de la menace radicale du terrorisme – personne pour mieux parler de la menace que posent les Iraniens, non seulement au Moyen-Orient et pour Israël… mais aussi pour le monde entier – que Bibi (Benjamin) Netanyahu », a-t-il précisé.

Boehner a poursuivi en indiquant qu’il ne pensait pas qu’Obama donnait à cette menace l’attention qu’elle méritait.

« [Lors de son discours d’Etat la semaine dernière)], le président n’a pas passé que quelques secondes à évoquer la menace, la menace terroriste à laquelle, nous, les Américains, faisons face. »

« Ce problème prend de l’ampleur dans le monde entier… le président essaie d’agir comme si elle [la menace] n’existait pas, mais elle existe et elle sera une menace pour la patrie si nous la traitons pas de manière sérieuse. »

Netanyahu devrait exhorter les législateurs américains à préparer de nouvelles sanctions contre l’Iran dans le but de le forcer à accepter les exigences internationales pour restreindre son programme nucléaire. Le président Obama s’oppose fermement à cette mesure et a promis d’imposer son veto à une telle manœuvre.

Le dirigeant de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a indiqué, lors de l’émission « 60 Minute », qu’il n’était pas d’accord avec l’argumentation d’Obama qui insiste sur le fait que de nouvelles sanctions à un moment aussi sensible pourrait mettre en danger les négociations avec Téhéran.

« Conformément à la proposition que nous étudions, ces sanctions plus sévères ne seraient mises en œuvre que si un accord n’était pas signé », a-t-il précisé.

« En d’autres termes, ces sanctions sont une forme de motivations pour pousser les Iraniens à parvenir à un accord, parce qu’ils sauront que les choses pourraient être pires si cela n’était pas le cas. »