Des transcriptions divulguées de conversations entre des responsables israéliens pendant la guerre de 2014 dans la bande de Gaza publiées mardi révèlent un leadership divisé et des ministres déchirés sur les choix à faire.

Les transcriptions pleines de rancœur, publiées par le quotidien Yedioth Ahronoth, présentent un aperçu quasi inédit sur le fonctionnement interne du cabinet de sécurité, chargé de superviser le processus de décision en temps de guerre.

La publication, qui peut violer certaines règles relatives à la sécurité de l’information, intervient alors que les députés doivent décider de publier un rapport du contrôleur de l’Etat qui fustigerait le cabinet pour son échec à se préparer correctement et à contrer les menaces du Hamas pendant la guerre.

Dans les extraits, qui commencent dans les jours précédents la guerre, Naftali Bennett, alors ministre de l’Economie du parti HaBayit HaYehudi, mène le camp en faveur d’une action lourde et immédiate contre Gaza, malgré les probables pertes humaines.

Naftali Bennett pendant la conférence de l'INSS à Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Hen Galili)

Naftali Bennett pendant la conférence de l’INSS à Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Hen Galili)

« Soyez des chevaux au galop, pas des taureaux paresseux », lance Bennett au chef d’Etat-major de l’armée israélienne, faisant pression pour un plan de destruction du réseau de tunnels utilisés par le Hamas pour attaquer des soldats israéliens dans la bande de Gaza et en Israël.

D’autres, menés dans les discussions du cabinet par Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, et incluant le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances de l’époque, Yair Lapid, préfèrent une réponse plus mesurée, même si les villes israéliennes sont bombardées par des roquettes lancées depuis Gaza et que des soldats israéliens meurent pendant des échanges de tirs à Gaza.

Plus de 70 Israéliens ont été tués pendant la guerre, majoritairement des soldats, et plus de 2 000 Palestiniens ont été tués pendant une campagne de bombardements intense et une opération terrestre dans la bande de Gaza, dirigée par le Hamas.

Israël, qui a lancé l’offensive, appelée opération Bordure protectrice, pour arrêter les tirs de roquettes puis détruire l’infrastructure militaire souterraine du Hamas, affirme que plus de la moitié des Gazaouis tués étaient des combattants.

Les transcriptions publiées par Yedioth commencent au 30 juin, plus d’une semaine avant la guerre et quelques heures après que les troupes qui ratissent la Cisjordanie ont découvert les corps de trois adolescents israéliens enlevés et assassinés par une cellule du Hamas de la région de Hébron, une attaque qui déclenchera la chaîne d’évènements menant au véritable conflit.

Un soldat de la Brigade Givati dans un tunnel de la bande de Gaza, le 23 juillet 2014. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne/Flash90)

Un soldat de la Brigade Givati dans un tunnel de la bande de Gaza, le 23 juillet 2014. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne/Flash90)

Dans les mois précédents l’enlèvement, l’armée israélienne avait découvert plusieurs tunnels gazaouis entrant en territoire israélien, faisant penser que les terroristes du Hamas prévoyaient une attaque à grande échelle.

Alors qu’Israël sévissait contre les membres du Hamas du territoire palestinien en réponse au triple enlèvement et aux meurtres, une attaque qui a choqué une grande partie de la population israélienne, les tirs de roquettes venues de Gaza s’intensifiaient et la pression de la population pour une réponse grandissait.

« Les tunnels ne sont pas là pour rouiller »

Les transcriptions montrent cependant que, même si Bennett faisait pression pour répondre aux tunnels, la plupart des autres ministres étaient circonspects sur le déclenchement d’une nouvelle guerre.

« La réponse [aux meurtres] a jusqu’à présent été faible et honteuse. A Gaza, il y a des dizaines de tunnels conçus pour des enlèvements. Ils ne sont pas là pour rouiller », affirme Bennett selon les transcriptions.

« Nous devons prendre l’initiative », insiste-t-il.

Selon Yedioth, la remarque sur la « rouille » est probablement destinée à Yaalon, qui, avant la deuxième guerre du Liban en 2006, avait déclaré que les roquettes du Hezbollah « rouilleraient » dans leurs entrepôts. Le groupe terroriste libanais a tiré des milliers de ces roquettes sur les villes israéliennes pendant la guerre de cet été là.

Tous les ministres s’opposent à la proposition de Bennett d’intensifier les combats à Gaza.

« Les tunnels sont une réelle menace pour l’Etat d’Israël, dit Netanyahu, et ils peuvent changer l’équilibre [stratégique] entre nous et eux. Bogie [le surnom de Yaalon], je veux que tu présentes demain un plan qui intègre la prise de contrôle des ouvertures. »

Moshe Yaalon, au centre, et le vice chef d'Etat-major Yair Golan, le 14 avril 2015. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)

Moshe Yaalon, au centre, et le vice chef d’Etat-major Yair Golan, le 14 avril 2015. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)

« Nous avons un tel plan », répond Yaalon.

« Je ne le sais pas », dit Netanyahu.

Le 1er juillet, la question est de nouveau débattue au cabinet de sécurité.

Yaalon met en garde contre une réponse hâtive. « Le Hamas n’a pas l’intention d’activer ses tunnels de sa propre initiative, dit-il aux ministres. Nous devons faire attention à ne pas faire un faux calcul. »

« Dans l’incident Gilad Shalit, ils avaient donné [des signes indiquant un enlèvement] ? », rétorque Bennett, faisant référence à l’enlèvement en 2006 d’un soldat israélien à la frontière de la bande de Gaza.

« Non », reconnaît Yaalon.

Netanyahu est ensuite cité, il continue à favoriser une politique de retenue.

« Vous pensez que si nous ne faisons rien, ils se retiendront ? », demande Bennett.

« Oui », répond Yaalon.

Gilad Erdan, qui est alors ministre des Communications, dit à Yaalon que l’armée a présenté un plan « pour conquérir Gaza, mais pas pour s’occuper des tunnels. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef d'Etat-major d'alors, Benny Gantz (au centre) et le ministre de la Défense de l'époque Moshe Yaalon (à droite) dans le sud d'Israël, pendant la guerre contre le Hamas, le 21 juillet 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le chef d’Etat-major d’alors, Benny Gantz (au centre) et le ministre de la Défense de l’époque Moshe Yaalon (à droite) dans le sud d’Israël, pendant la guerre contre le Hamas, le 21 juillet 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

« Nous l’avons présenté », dit Yaalon.

Benny Gantz, chef d’Etat-major, favorise aussi la retenue.

« Le Hamas ne veut pas agir, dit-il. Ils ont déjà dit à leur radio [à Gaza] ‘nous avons fait une erreur avec l’enlèvement’. »

Le lendemain, le 2 juillet, Yaalon met en garde les ministres, disant qu’il est contre une action contre les tunnels de crainte que cela n’entraîne une conflagration plus importante. « Cela peut nous mettre dedans », dit-il.

A ce moment, le responsable des renseignements militaires, le général de division Aviv Kochavi, souligne qu’ « il y a des dizaines de signes indiquant que le Hamas ne veut pas combattre. »

Gantz est d’accord : « je recommande l’exposition stratégique du programme de tunnels du Hamas », appelant apparemment à ce que l’étendue et la menace des tunnels soient rendues publiques.

Bennett se tourne à nouveau vers la possibilité d’une opération de l’armée israélienne.

Le ministre de l'Éducation Naftali Bennett lors d'une interview dans les bureaux du Times of Israel à Jérusalem, le 9 janvier 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett lors d’une interview dans les bureaux du Times of Israel à Jérusalem, le 9 janvier 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

« Combien de temps prendrait une opération sur le terrain contre les tunnels », demande-t-il aux généraux.

« Deux ou trois jours », répond Gantz.

L’opération anti-tunnels a en fait pris 19 jours, et les responsables israéliens ont découvert l’étendue totale du réseau souterrain de dizaines de tunnels sillonnant la bande de Gaza.

Nous pouvons vivre avec les tunnels

Le 3 juillet, Netanyahu cherche toujours un moyen de neutraliser la menace des tunnels sans incursion.

Il demande à Gantz si « faire exploser les puits [d’entrée] neutraliserait l’utilisation des tunnels. »

« Je ne sais pas, répond Gantz. Ça peut perturber. »

« Cela nous épargnerait-il d’entrer dans les tunnels ? », demande Netanyahu.

« L’efficacité de l’explosion [des puits] est très faible », dit Gantz.

Notant que les options se réduisent, il prévient les ministres qu’ « il est probable qu’une opération contre les tunnels ne mène à la conquête de tout Gaza. »

Yaalon dit qu’Israël peut vivre avec les tunnels. « Nous vivons avec un nombre non négligeable de menaces en développement. Je suggère de ne pas entreprendre une action contre les tunnels. »

Des fantassins de la brigade Givati de Tsahal autour d'un tunnel dans la bande de Gaza, le 24 juillet 2014. Crédit : Tsahal/Flickr)

Des fantassins de la brigade Givati de Tsahal autour d’un tunnel dans la bande de Gaza, le 24 juillet 2014. Crédit : Tsahal/Flickr)

Quatre jours après, le 7 juillet, en pleine escalade entre les tirs de roquettes et la réponse de l’aviation israélienne, le Hamas semble prendre sa décision : il ne peut pas se permettre de désamorcer le conflit, il doit donc l’intensifier. Plus de 100 roquettes lancées à Gaza touchent des villes israéliennes. Le cabinet décide officiellement de lancer l’opération Bordure protectrice.

Yaalon, pour sa part, souhaite toujours limiter la portée de l’opération. « Nous pouvons conclure un cessez-le-feu. Il ne faut pas attendre le point où nous leur enlevons leurs tunnels. Nous devons étudier la médiation égyptienne. »

Bennett prend à nouveau une position plus agressive. « Je recommande une action pour neutraliser les tunnels. »

« Et si vous gagnez le calme pour les trois prochaines années sans détruire les tunnels, qu’y a-t-il de mal ? », rétorque Yaalon.

« Et si nous subissons une attaque terroriste stratégique, ce sera Gilad Shalit fois 1 000. Mieux vaut l’empêcher, et je n’ai pas vu de plan pour cela », réplique Bennett.

« Et après y être allés, ils ne vont pas construire plus de tunnels ? », demande Yaalon.

Pression pour conquérir Gaza

Le lendemain, le 8 juillet, l’opération Bordure protectrice étant officiellement en cours, les ministres commencent à s’interroger sur une action plus agressive et décisive.

« Nous devons conquérir Gaza et supprimer totalement la menace », affirme Yuval Steinitz, alors ministre des Affaires stratégiques.

« Ne nous excitons pas trop », répond Tzipi Livni, qui était ministre de la Justice.

« Les renseignements militaires ont eu tort dans leurs évaluations jusqu’à présent. Nous devons conquérir Gaza », dit Avigdor Liberman, ministre des Affaires étrangères de l’époque.

Yair Lapid, qui dirigeait les Finances, se range du côté de Yaalon : « je m’oppose à une incursion au sol. »

Le 10 juillet, alors que la Défense passive continue de prendre les volées de roquettes gazaouies, une opération au sol devient l’option favorite des ministres.

Le général de division Sami Turgeman, qui dirige le Commandement du Sud, présente au cabinet un plan appelé « Défense en profondeur », une incursion limitée à un kilomètre au-delà de la barrière de sécurité pour neutraliser les tunnels.

Yaalon et Gantz s’opposent cependant toujours à cette mesure, et le cabinet refuse de l’approuver.

Benny Gantz, alors chef d'Etat-major, s'adresse aux soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza, le 26 juillet 2014. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne/Flash90)

Benny Gantz, alors chef d’Etat-major, s’adresse aux soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza, le 26 juillet 2014. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne/Flash90)

« Il existe une menace stratégique qui peut être déployée contre nous à tout moment, souligne Turgeman. Il y a au moins neuf tunnels qui entrent dans notre territoire. »

« Continuons-nous à tirer [depuis l’extérieur de la bande de Gaza] ou [allons-nous vers] une opération au sol ? » demande Netanyahu.

« Je m’oppose à une opération au sol, dit Gantz. Nous avons accompli quelque chose pour le moment. Le Hamas est blessé. Les tunnels sont un danger raisonnable. »

Bennett demande, au sujet de la proposition de Turgeman : « Quelle serait l’étendue d’une opération contre les tunnels ? »

« Il y aurait des frictions », répond Turgeman, un terme militaire désignant une résistance attendue de l’ennemi, « mais nous savons comment gérer ça. »

« Que feriez-vous à notre place ? », demande Bennett.

« Il n’est pas à notre place, c’est un cheval au galop », se moque Yaalon.

« Alors pas à notre place, à la vôtre », réplique Bennett, impassible.

« A ma place et à la vôtre, je partirais avec trois équipes de bataille de type brigade pour neutraliser la menace des tunnels », répond Turgeman.

« Nous avons les conditions pour créer une dissuasion », affirme Kochavi, semblant prendre le parti de Turgeman.

Yaalon continue cependant à insister pour la retenue. « Je vois la menace des tunnels comme un problème non résolu, et nous ne le résoudrons pas non plus [avec] cette action. »

Liberman favorise une approche tout ou rien. « Partons pour une large opération à Gaza, dit-il. Mais si c’est [un choix] entre une opération anti-tunnels [uniquement] ou un cessez-le-feu, prenons le cessez-le-feu. »

« Vous voulez diriger l’armée à ma place »

Le 18 juillet, après que Tsahal a intercepté et empêché un raid massif par les tunnels contre Kerem Shalom, le cabinet décide finalement de lancer une opération au sol.

Mais le 27 juillet, après la mort de dizaines de soldats et une pression internationale importante pour un cessez-le-feu, les divisions internes du cabinet sont au plus haut.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, à droite, et Benny Gantz, alors chef d'état-major au QG de l'armée de l'air, le 10 juillet 2014. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, à droite, et Benny Gantz, alors chef d’état-major au QG de l’armée de l’air, le 10 juillet 2014. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense/Flash90)

Yaalon proteste contre Bennett après sa visite non autorisée sur le terrain, et ses rencontres avec des officiers dans son dos.

« Vous voulez diriger l’armée à ma place, dit Yaalon. Vous n’irez pas sur le terrain pour me dire ‘faites ceci’ ou ‘faites cela’, vous entendez ? »

Bennett ne bronche pas. « J’irais, si la vérité n’est pas rapportée [au cabinet] », dit-il.

« Je rapporte la vérité », dit Yaalon.

« Jusqu’à présent, nous n’avons pas entendu parler du cessez-le-feu [en développement] avec le Hamas. »

Yaalon : « je vous rapporte ? »

Bennett : « évidemment ».

Bennett se tourne alors vers le chef d’Etat-major. « J’attends que vous veniez au cabinet avec des plans opérationnels et un esprit combattif. Je ne suis pas celui qui est censé apporter [au cabinet] les plans de destruction des tunnels. Soyez des chevaux au galop, pas des taureaux paresseux. »

Cinq jours plus tard, le 1er août, après une opération du Hamas qui viole le cessez-le-feu et entraîne les morts du major Benaya Sarel, du lieutenant Hadar Goldin et du premier sergent Liel Gidoni, le mécontentement contre la ligne de retenue Netanyahu – Yaalon est croissant.

Erdan demande à Kochavi, le chef des renseignements, pourquoi les ordres donnés aux combattants de la Brigade Givati à Gaza pendant le cessez-le-feu ont limité leurs capacités à répondre, d’une manière qui les a mis en danger. « Si j’avais su que ce serait le cas pendant le cessez-le-feu, je m’y serais opposé », dit-il.

Recherche de ‘likes’ sur Facebook

La publication des transcriptions a été très critiquée par les ministres impliqués dans les discussions.

Dans une accusation à peine voilée contre Bennett, Yaalon a déclaré mardi que « malheureusement, je vois ce matin que des politiciens divulguent des discussions internes [au cabinet], uniquement pour gagner quelques ‘likes’ supplémentaires sur Facebook. »

Moshe Yaalon pendant la conférence de l'INSS à Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Hen Galili)

Moshe Yaalon pendant la conférence de l’INSS à Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Hen Galili)

Pendant la conférence de l’Institut pour la recherche en sécurité nationale (INSS, Institute for National Security Studies) à Tel Aviv, il a suggéré que le cabinet avait bien agi en temps de guerre.

« Nous avons défini nos objectifs avec exactitude et nous les avons remplis. Le cessez-le-feu a été conclu. Plus important, le Hamas est faible et dissuadé, et le sud [d’Israël] jouit d’un calme sans précédent depuis deux ans. C’est un exemple de leadership prudent et responsable, la main ferme sur le gouvernail, même quand certains politiciens [compromettent la direction] pendant l’opération et après. »

Steinitz, qui est à présent ministre de l’Energie, a déclaré que la fuite était « purement une détérioration de l’Etat d’Israël. »

Livni, qui s’est également exprimée pendant la conférence de l’INSS, a déclaré que la plainte cruciale de Bennett et d’autres sur les tunnels n’était pas le sentiment principal révélé par la guerre de Gaza, qui était plutôt le manque d’une stratégie globale.

« Le problème de Bordure protectrice est plus important que les tunnels. Le cabinet n’a pas de politique en ce qui concerne Gaza, et l’armée et l’establishment miliaire en attendent une. La bande de Gaza fait-elle partie de l’état palestinien ? Fait-elle partie d’Israël et nous devons la reconquérir, ou revenir aux implantations du Gush Katif, comme l’a suggéré [la députée du parti HaBayit HaYehudi] Shuli Moalem ? Nous ne travaillons que de manière tactique, tirant des coups les uns après les autres. Vous ne pouvez pas gérer une opération militaire ou quoi que ce soit de cette manière. C’est l’échec réel. »

Elle a ajouté qu’il « y a aujourd’hui encore des tunnels, et le cabinet ne peut pas être jugé sur une opération. »

Elle a également critiqué le « manque de coopération entre l’armée et [le corps] diplomatique. »

« L’opération Bordure protectrice aurait pu se terminer avec une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies contre le Hamas, le désarmement de Gaza et des négociations directes avec l’Autorité [palestinienne] sans conditions préliminaires, mais Netanyahu avait peur de prendre cette décision parce qu’aucun objectif diplomatique n’avait été fixé pour l’opération », a-t-elle affirmé.