La Knesset est presque en vacances, sa session actuelle devant s’achever dans un peu moins de deux semaines.

Pourtant, il reste beaucoup à faire : ramasser le courrier, arroser les plantes… et faire passer seulement trois lois susceptibles de changer la nature de la démocratie israélienne.

Dimanche soir dernier, les partis de l’opposition se sont rassemblés et ont dit non.

La une de Yediot Aharonot donne le ton : « La coalition vote, l’opposition boycotte. » L’opposition a décidé de boycotter tous les débats sur les lois, qui doivent être votées cette semaine. Le journal fait un compte-rendu des trois textes qui mettent l’opposition dans tous ses émois.

Il y a d’abord le projet de loi de conscription, qui rend mécontents les ultra-orthodoxes. Puis, la loi qui prévoit d’augmenter le seuil électoral permettant aux petits partis d’entrer à la Knesset, ce qui irrite ces derniers. Enfin, la loi pour un référendum, qui exigerait un vote public en cas d’accord de paix avec les Palestiniens, à laquelle s’opposent les partis pacifistes.

Le quotidien de gauche Haaretz résume sèchement la décision de l’opposition en une, mais l’éditorial s’en prend directement aux trois lois et se range du côté de l’opposition. Le quotidien reconnaît que la loi de conscription des ultra-orthodoxes a été amplement débattue, mais ce n’est pas le cas des deux autres textes pour lesquels les objections n’ont pas pu être entendues.

Ces trois textes sont « assez significatifs pour que les membres de la coalition n’aient pas à se prêter aux jeu du marchandage politique », écrit le quotidien. « Il y a une différence entre la bonne gouvernance et les manigances politiques », poursuit le quotidien, laissant deviner de quel côté il penche.

Dans le journal proche du Likoud Israel Hayom, l’éditorialiste Dan Margalit accuse les membres de la coalition (Yesh Atid, Habayit Hayehudi) de ne pas avoir suffisamment confiance les uns envers les autres pour faire passer chaque loi individuellement. Margalit écrit que chaque parti ne veut voter qu’une seule des trois lois, mais qu’ils ne se font pas assez confiance pour le faire de manière séparée.

L’éditorialiste ajoute que l’absence d’opposition donne une mauvaise image au passage des lois et que le Likoud doit prendre les choses en main. « Le Likoud doit être l’adulte responsable qui se lève et dit, ‘… les soucis d’une démocratie ne protègent pas les droits de l’opposition.’ »

Iran : le nouveau et l’ancien

Tandis qu’Israel Hayom consacre deux pages à la couverture du mélodrame à la Knesset, les deux premières pages du journal traitent uniquement du Klos-C, avec de nombreuses photos de la cargaison iranienne interceptée. Parmi les armes, des missiles 40 M-302 (d’une portée de 160 km), 181 mortiers de 120 millimètres et 400 000 balles.

Le quotidien publie également un court article sur la ministre des Affaires étrangères de l’UE Catherine Ashton, en Iran pour discuter du programme nucléaire.

L’article se focalise sur une déclaration de Netanyahu, qui a dit au sujet d’Ashton : « Je veux lui demander si elle a parlé à ses hôtes des armes iraniennes. Et si elle ne l’a pas fait – pourquoi ?

Nul ne peut ignorer les activités meurtrières du régime de Téhéran et je crois que la communauté internationale se doit d’être consciente de la vraie politique iranienne, pas de sa propagande politique.

Le journaliste de Yediot Alex Fishman évoque aussi le Klos-C, estimant qu’ « il n’y a pas de nouvel Iran. » Fishman reconnaît que le président Hassan Rouhani n’était probablement pas au courant et n’a pas approuvé la cargaison, mais que cela fait partie du jeu.

Selon l’éditorialiste, Rouhani peut essayer de séduire le monde (et particulièrement l’Occident) pendant que les Gardiens de la Révolution continuent leurs manœuvres secrètes contre Israël.

Pour se rendre compte du degré d’engagement de l’Iran à ses idéaux, il suffit d’observer la Syrie où, malgré ses graves désordres économiques, Téhéran continue de soutenir le régime d’Assad.

En interceptant le Klos-C, poursuit Fishman, Israël dit : «  Nous sommes encore là et nous aussi, nous voulons que vous répondiez de vos actes. »

Questions d’argent

Sur la une de Haaretz, figure un entretien avec un responsable du Trésor qui estime que les financements gouvernementaux sont partiaux envers les Arabes. Le superviseur du budget Amir Levy confie au quotidien que la façon dont le gouvernement décide d’allouer des fonds « n’est pas équitable » car il existe un vrai fossé dans les subventions destinées aux Juifs et aux Arabes dans le domaine des transports ou l’éducation.

Toutefois, Levy juge également les communautés responsables, demandant aux maires de faire pression sur le Trésor et non d’attendre que le Trésor viennent à elles.

Si les mécanismes d’allocation des fonds gouvernementaux peuvent être l’objet de critiques, le soutien américain au système Dôme de Fer ne l’est pas, comme le révèle Israel Hayom. Le quotidien que le Congrès doit approuver une somme 160 millions de dollars [115 millions d’euros] pour permettre la construction de nouvelles batteries antimissiles.

Le journal cite des responsables gouvernementaux, qui expliquent que ces sommes prouvent l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël. Le gouvernement américain avait déjà approuvé une somme de 210 millions de dollars [150 millions d’euros] pour le projet en 2010.