La chaîne de supermarchés haut de gamme Woolworths d’Afrique du Sud, cible d’une campagne de boycott des produits israéliens par des pro-palestiniens, a obtenu mardi en justice l’interdiction de toute manifestation à l’intérieur de ses magasins, a-t-on appris auprès de l’entreprise.

« Woolworths salue la décision de justice qui met nos clients et salariés à l’abri des manifestations illégales de BDS (Boycott, Divestment and Sanctions against Israël in South Africa) dans ses magasins », a indiqué Paula Disberry, responsable des ventes dans un communiqué.

Des figues, des bretzels et des grenades sont les trois produits « origine Israël » actuellement en rayon chez Woolworths, la chaîne préférée des Sud-Africains aisés, avec 400 magasins.

« Sur l’année, nous achetons moins de dix produits en Israël », souligne l’entreprise, dont l’assemblée générale annuelle mercredi pourrait être perturbée par la campagne, commencée en juillet, et qui a gagné en intensité voire en agressivité.

Le 24 octobre, une tête de cochon a été déposée dans un rayon Woolworths du Cap, faisant scandale jusque dans les rangs du parti au pouvoir, l’ANC, qui a dénoncé un incident « extrêmement malheureux ».

« Nos équipes et nos clients ont peur de l’escalade violente et cette décision de justice est un soulagement », a souligné Mme Disberry.

Dans un communiqué, les promoteurs du boycott –qui inclut une partie de la jeunesse ANC et la confédération syndicale Cosatu alliée du pouvoir– ont promis de « diminuer certaines manifestations en magasins » mais promis « d’intensifier leur campagne durant les fêtes ».

« Le BDS se présente comme un défenseur des droits de l’homme, mais leur tactique reste la pression, la division et l’intimidation (…) Cela n’aide en rien les Palestiniens et a un impact zéro sur Israël », a récemment dénoncé le conseil juif sud-africain (SAJBD).

La communauté juive sud-africaine se singularise par ses divisions sur la politique menée par l’Etat hébreu, certaines franges soutenant la cause palestinienne, l’assimilant à la lutte anti-apartheid.

Parallèlement, la critique de la politique israélienne a gagné du terrain ces dernières années, même si Pretoria maintient de bonnes relations avec Israël.

En 2012, l’Afrique du Sud a rompu avec une relative neutralité observée depuis 1994 dans le conflit israélo-palestinien, en interdisant l’étiquette « made in Israël » sur les produits venant des Territoires palestiniens.

Et en septembre, l’ANC au pouvoir a recommandé à ses membres et dirigeants de ne pas se rendre en Israël, annonçant qu’il se joignait à un appel au boycott culturel, académique et éducatif.