Le dernier remaniement gouvernemental en France a vu accéder l’ancien président du groupe PS à l’Assemblée nationale Bruno Le Roux, au ministère régalien de l’Intérieur. Une consécration pour cet homme issu du sérail socialiste.

Bruno Le Roux a fait carrière au PS, gravissant marche après marche toutes les étapes menant de simple militant à locataire de la place Beauvau : responsable des Jeunesse socialiste, vice-président de la Mnef, premier secrétaire de la fédération PS de Seine-Saint-Denis etc…

Par le passé ses positions vis-à-vis d’Israël se sont cristallisées autour de deux décisions très lourdes symboliquement. D’abords l’appel, en juin 2013, à Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, d’étiqueter les produits israéliens. Le Roux proposer d’imposer « une identification clairement lisible sur les produits importées des colonies israéliennes en Cisjordanie », un alignement sur les propositions du BDS.

Mais il a surtout soutenu très activement, en novembre 2014, la résolution visant la reconnaissance d’un Etat palestinien à l’Assemblée nationale. Une résolution très médiatisée, et sans aucun doute faite pour l’être, initiée par le député PS Benoit Hamon mais portée par la voix de Bruno Le Roux à l’Assemblée le jour du vote .

Le 19 novembre, soit quelques jours avant le vote, le Canard Enchaîné révélait la stratégie de la frange du PS représentée par Benoit Hamon autour de cette résolution.

Ce dernier la considérait « tout à fait opportune sur le plan électoral (…). [Car il s’agissait ] du meilleur moyen pour récupérer notre électorat de banlieue et des quartiers, qui n’a pas compris la prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre à Gaza ».

Les positions de Bruno Le Roux vis-à-vis d’Israël, décrit comme un « grand connaisseur de la carte électorale » et proche de Benoît Hamon furent sans doute dictées par une forme de réalisme ou de cynisme politique.

Mais au PS comme ailleurs, les attentats ont changé l’ordre des priorités électorales. Et l’électorat des banlieues, si toutefois il existe, ne sera sans doute pas aussi ouvertement sollicité par le PS par le biais de positionnements anti-israéliens.

L’avenir nous dira donc, et il sera court pour ce ministre de l’Intérieur nommé 6 mois avant la fin du mandat présidentiel, ce qu’il reste de cette stratégie électorale consistant à prendre Israël comme repoussoir.