Il a fallu que dix minutes entières se passent après le début de son tout premier concert en Israël pour que Bryan Adams lance l’inépuisable « Shalom, Tel Aviv » à l’attention du public de la ville côtière, sous les acclamations d’un public ravi.

« Mon nom, c’est Bryan », a-t-il lancé à la foule des milliers d’Israéliens venus assister au concert.

Au stade Nokia, où les billets s’étaient vendus à guichets fermés, les fans les plus irréductibles s’étaient placés dans les premiers rangs. Une femme tout feu tout flammes, dans une jupe en strass, a brandi fièrement une pancarte rouge sur laquelle était écrit « Bryan, tu es mon seul et unique amour ». Deux rangs devant, une autre femme a levé un panneau écrit à la main où était écrit : « Nous t’aimons, de tout notre coeur ».

« Je ne sais pas combien de temps vous avez. Vous devez travailler demain matin », a continué le chanteur canadien à la voix gutturale, s’adressant à son public constitué de gens ayant majoritairement dépassé la trentaine. « Mais on a beaucoup de chansons ». (Adams doit faire un autre concert mardi à Tel Aviv et mercredi à Jérusalem).

« Je dois continuer ou je dois m’arrêter ? » a-t-il plaisanté après une heure et quart de spectacle.

Réponse : Un « oui » tonitruant, résonnant.

Au cours du concert qui a duré presque deux heures, Adams a ramené la nostalgie de « Summer of ’69 » et a offert une interprétation stupéfiante de « Heaven », avec des étoiles projetées sur un écran dans la salle assombrie et avec les reflets de centaines d’écrans de smartphones, qui ont créé un effet céleste inattendu.

Le public s’est livré à des gestes emphatiques de la main alors qu’il chantait « (Everything I Do) I Do It For You ». Et Adams a terminé avec un hommage rendu à son co-auteur et compositeur juif Michael Kamen, décédé en 2003, demandant à l’audience d’allumer les téléphones et de les lever en sa mémoire.

« Michael était un type juif, et je sais que si je lui avais dit que je jouerais en Israël, il aurait voulu être là ce soir », a dit Adams, avant de chanter « All for Love ».

Au-delà de tout le reste, force est de remarquer que ce chanteur de 58 ans (il avait neuf ans lors du fameux summer of ’69) a proposé un spectacle électrique et étonnament exubérant, sans que sa voix et son énergie ne s’affaiblissent, alors qu’il arpentait la scène, sautant avec sa guitare, élevant son timbre rauque de rocker, ou jetant un harmonica à l’arrière de la scène.

« Tazizu et hatachat! », a-t-il crié, après avoir obtenu l’aide du public sur la manière de prononcer « Bougez votre c…l » en hébreu.

Bryan Adams lors d’un concert à Tel Aviv le 4 décembre 2017 (Crédit : (Crédit : Orit Pnini)

Mixant ses anciennes chansons avec son nouvel album, Adams a mis le public à ses pieds avec des tubes comme « Cuts Like a Knife », « Straight From the Heart », « 18 Till I Die », et « Cloud Number 9 », un hit populaire au milieu des années 1980 et 1990, ainsi que de nouvelles chansons comme « Get Up », « Please Stay » et « Go Down Rockin ».

Par moments, il est apparu que le public ne réagissait pas comme Adams aurait pu s’y attendre.

« Est-ce que vous pouvez m’entendre au premier rang ? », a-t-il demandé au début du concert. « Je vois beaucoup de gens en train de parler et je me dis que ça ne doit pas être assez fort ».

A d’autres moments – notamment durant ses chansons les plus connues du début de sa carrière – les spectateurs étaient presque tous sur leurs pieds, agitant les bras avec abandon ou tentant de filmer la scène.

Certaines des paroles d’Adams sur la jeunesse éternelle ont pris un sens particulier avec ce show fort en énergie.

« Wanna be young, the rest of my life. Never say no, try anything twice. Till the angels come, and ask me to fly. Gonna be 18 till I die, 18 till I die, » a-t-il chanté, changeant légèrement le refrain de « Someday I’ll be 18 going on 55 » en le faisant passer à 65.

« If I’m gonna go down, I’m gonna go down rockin », a-t-il également interprété, une reprise de son album de 2015 intitulé « Get Up ».

« I ain’t gonna slow down, I’m gonna go down rockin ».