Deux partis ultra-orthodoxes ont averti qu’ils feront tomber le gouvernement autour du nouveau budget de l’Etat, après une tentative du Premier ministre Benjamin Netanyahu de se rétracter de ses promesses post-électorales concernant le financement de leurs électorats.

La fragile coalition du Premier ministre repose sur une mince majorité de 61 contre 59 sièges. Si un parti venait faire défection, le gouvernement serait renversé.

Shas et Yahadout HaTorah ont annoncé au Premier ministre qu’ils quitteraient la coalition s’il se rétractait du budget de 2015 d’un milliard de shekels de provisions aux étudiants de séminaire ainsi que de la loi dite « zéro TVA », qui permettrait d’éliminer la TVA sur les produits alimentaires essentiels.

Malgré une hausse de 14 à 16 milliards de shekels dans le budget de l’année à venir, Netanyahu peine à satisfaire les engagements qu’il a pris le jour des élections envers ses partenaires de la coalition et à satisfaire un ministère de la Défense qui demande des hausses substantielles.

La semaine dernière, Netanyahu a informé les présidents des factions de la coalition qu’il avait l’intention de revenir sur certains accords spécifiques conclus, qui pourraient donner lieu à une diminution des budgets sociaux et sécuritaires, affectant ainsi l’ensemble de la population.

Ces accords, signés par Netanyahu tandis que les négociations de coalition entraient dans la onzième heure, concernaient 9 milliards de shekels.

Ils comprennent un milliard pour annuler les compressions proposées des allocations des étudiants de yeshiva, ainsi que des budgets personnels de 20 millions chacun pour les législateurs de Shas, Yahadout HaTorah et HaBayit HaYehudi, destinés à « des objectifs religieux ».

Ces allocations aux députés, réservées à des projets de leur propre choix, totaliseraient les 420 millions de shekels.

En outre, le chef du Shas, Aryeh Deri, insiste sur la loi « zéro TVA », qui mettrait fin à la taxe sur les produits de base et denrées alimentaires.

« Les accords [qui nous ont été promis] doivent être respectés. Ne nous testez pas », a déclaré le chef de Yahadout HaTorah, Yaakov Litzman, la semaine dernière.

« Si les dirigeants de la coalition veulent un gouvernement alternatif, ne cherchez pas d’accord avec nous. Nous défendrons ce qui a été convenu dans son intégralité. Nous nous opposerons à toute modification de ce qui a été signé, et nous ne reculerons pas », a déclaré Litzman.

Ces promesses et d’autres affrontent une forte opposition du ministre des Finances Moshe Kahlon, qui veut voir certains de ces engagements abrogés, en plus d’une coupe d’1 à 3 % dans tous les ministères. Ces réductions sont essentielles si le gouvernement augmente le budget de la défense, mais maintient son objectif d’un déficit inférieur à 3 % pour l’année fiscale à venir.

La Knesset estime que le budget de la défense pour 2016 sera maintenu à 59 milliards.

Une première ébauche du budget doit être soumise devant la Knesset le 31 août, tandis qu’un vote en première lecture est prévu pour le 2 septembre. Les votes en deuxième et troisième lectures auront lieu le 19 novembre.

Pourtant, certains analystes avertissent que le respect de ces dates peut s’avérer improbable.

Selon un responsable anonyme du Shas, les accords précédents entre les partis ultra-orthodoxes et le Premier ministre ont été signés en pleine connaissance de cause par Kahlon et ainsi, il n’y a « aucune raison d’exiger… des ultra-orthodoxes d’abandonner leurs accords ».

Cette demande a été refusée par le ministère des Finances, qui a publié une déclaration selon laquelle « il s’agissait d’accords politiques auxquels nous n’avons pas pris part ».

Les députés Likud et ceux de Koulanou ont leurs propres exigences à inclure dans le budget.

Kahlon veut voir une augmentation des salaires des soldats, des pensions et des allocations-chômage. Gilad Erdan du Likud exige 800 millions de plus pour la police, alors que le ministre du Bien-être et des Services sociaux Haïm Katz veut une augmentation de 3 milliards de shekels.

En cas d’impasse, le ministère des Finances mène des négociations avec le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, au nombre de six législateurs, pour demander son soutien au vote du budget – donnant ainsi à Netanyahu une certaine marge de manœuvre si l’un des partis de la coalition devait la quitter.