Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a présenté mardi son projet de budget 2014, d’un montant de 4,216 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros), prévoyant un déficit de 1,279 milliard USD (environ 950 M EUR), selon un communiqué.

Comme chaque année, le budget table sur une importante aide étrangère, escomptée à 1,629 milliard USD (1,2 milliard EUR), en légère hausse par rapport au budget 2013, qui chiffrait à 1,4 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) le besoin de « financement externe ».

L’essentiel des dépenses, anticipées à 3,866 mds USD (2,86 mds EUR) est consacré aux salaires et retraites, évalués à 2,018 mds USD (1,5 md EUR), soit une hausse de 4,9% par rapport à 2013, et environ 19% du PIB.

Les salaires sont essentiellement financés par les taxes douanières et la TVA prélevées sur les marchandises destinées aux Palestiniens transitant par Israël, qui les rétrocède à l’Autorité palestinienne, d’un montant moyen de quelque 90 M EUR par mois, soit les deux tiers des recettes budgétaires propres de l’Autorité.

Dans son rapport aux donateurs en septembre, l’Autorité palestinienne soulignait que « sans la fin de l’occupation israélienne, en particulier le siège de la bande de Gaza et les restrictions israéliennes en zone C et à Jérusalem-Est, une croissance économique durable impulsée par le secteur privé est inaccessible ».

La Banque mondiale a estimé dans un rapport en octobre que l’économie palestinienne pourrait croître de plus d’un tiers si Israël levait ses restrictions au développement en « zone C », c’est-à-dire les 60% de la Cisjordanie sous son contrôle total, évaluant le manque à gagner pour l’économie palestinienne à 3,4 milliards de dollars par an (2,5 milliards d’euros).

En cas d’échec des négociations de paix, les exportations israéliennes seraient confrontées à une perte de 20 milliards de shekels (soit, 4.25 milliards d’euros) et le PIB serait probablement réduit de 11 milliards de shekels par an. Sans compter quelques 9800 travailleurs qui seraient immédiatement licenciés.

Le ministre des Finances israélien Yair Lapid, a également rejeté les allégations portées par le ministre de l’Economie et du commerce, Naftali Bennett, à savoir qu’un Etat palestinien serait un fardeau économique pour Israël.

Un accord de paix entraînerait une augmentation de 20 milliards de NIS par an pour le budget de l’Etat, et une croissance potentielle qui s’estime à 16 millions de NIS pour les exportations, a-t-il maintenu.