Le Premier ministre britannique David Cameron a tenu une réunion de deux heures avec le porte-parole des Frères musulmans Gehad el-Hadad, le 17 mai 2013, et lui a offert son soutien pour le groupe en Egypte.

Selon le site Middle East Eye, la réunion est intervenue pendant la brève présidence de Mohamed Morsi, la première d’une série de visites officielles entre des responsables du Downing Street et des membres de la confrérie, dont certains – y compris El-Hadad – sont sur le point d’être placés en détention préventive en Egypte.

Lors de la réunion entre le Premier ministre et El-Hadad, les deux hommes ont discuté du potentiel économique de l’Egypte. Cameron aurait offert le soutien de la Grande-Bretagne au Caire.

Une information confirmée par Downing Street mercredi dans un communiqué.

« Il est important de se rappeler que la confrérie était au pouvoir en Egypte à l’époque et, à l’instar des gouvernements de la région et du monde, nous avons collaboré avec ces derniers afin de mieux les comprendre et de tenter d’influencer positivement leurs actions », dit-il.

« Il s’agit d’une organisation dont l’importance s’est considérablement accrue au cours des dernières années et notre compréhension de sa philosophie, de ses valeurs et de son impact doit suivre ce processus ».

Le rapport intervient quelques semaines seulement après que Cameron ait ordonné une enquête sur les activités terroristes présumées de la confrérie musulmane. Une semaine plus tard, le 6 avril, les responsables du mouvement islamiste avertissent que l’interdiction de l’organisation aura des répercussions désastreuses sur le Royaume-Uni.

Selon le chef de la confrérie au Royaume-Uni, Ibrahim Mounir, une telle interdiction aliénera les musulmans modérés, ouvrira la porte à la radicalisation et incitera les musulmans à agir contre le Royaume-Uni, rapporte le Sunday Times.

Le résultat d’une interdiction fera penser « à un grand nombre de membres de la communauté musulmane que les valeurs des Frères musulmans… n’ont pas porté leurs fruits et que désormais ils sont désignés comme groupe terroriste, ce qui rendrait envisageable toutes les options », y compris la violence, prévient Mounir.

Le mouvement islamiste figure déjà sur la liste des organisations terroristes en Egypte, en Russie, en Syrie, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Yifa Yaakov a contribué à la rédaction de cet article.