Le Premier ministre britannique David Cameron a appelé dimanche à promouvoir d’une manière « beaucoup plus musclée les valeurs britanniques », alors que plusieurs écoles publiques britanniques, notamment à Birmingham, sont soupçonnées d’être passées sous influence islamiste.

« Ces dernières années, il y a eu un risque qu’un message inquiétant passe: à savoir que si vous ne souhaitez pas croire en la démocratie, c’est acceptable; que si l’égalité n’est pas votre tasse de thé, il n’y pas de problème; que si vous êtes totalement intolérant avec les autres, nous allons quand même vous tolérer », a écrit le Premier ministre dans un message exclusif publié par le Mail on Sunday.

« Cela n’a pas seulement conduit à des divisions, cela a également permis à l’extrémisme – qu’il soit violent ou non-violent – de prospérer », a-t-il dénoncé.

« Nous devons promouvoir de façon beaucoup plus musclée les valeurs britanniques et les institutions qui les défendent », a-t-il appelé de ses vœux.

Au Royaume-Uni, « croire en la liberté, en la tolérance, accepter la responsabilité individuelle et sociale, respecter et maintenir les lois » est vital et « aussi britannique que le drapeau de l’Union Jack, le football ou le fish and chips », a-t-il martelé.

Au début des années 2000, le Royaume-Uni avait été rebaptisé « Londonistan » du fait de la présence de plusieurs prêcheurs extrémistes et de leurs partisans qui profitaient de la tradition de liberté d’expression dans le pays. Une série de lois antiterroristes les a pour la plupart mis hors circuit.

Parmi les plus médiatisés, le prêcheur radical Abou Hamza vient d’être reconnu coupable aux Etats-Unis de terrorisme et prise d’otages tandis qu’Abou Qatada, est actuellement jugé pour terrorisme en Jordanie.

Lundi, six écoles de Birmingham (centre de l’Angleterre) –parmi 21 soupçonnées d’être en train de passer sous le contrôle de musulmans radicaux– ont été jugées « inadaptées » par l’organisme public d’inspection scolaire Ofsted et placées sous « mesures spéciales ».

L’inspecteur en chef de l’Ofsted, Michael Wilshaw, a déclaré avoir notamment détecté dans cinq écoles « un climat de peur et d’intimidation » à la faveur de récentes investigations.

Les soupçons sont nés d’une lettre anonyme reçue il y a quelques mois par la mairie de Birmingham, soutenant que des islamistes s’employaient à changer les instances dirigeantes dans plusieurs établissements scolaires publics pour imposer leurs vues.

Des accusations anonymes ont aussi émergé sur l’existence alléguée d’une ségrégation entre les filles et les garçons en classe et le harcèlement moral dont serait victime le personnel non-musulman.