Deux tableaux de grande valeur d’anciens maîtres néerlandais, spoliés par les nazis à la fin des années 1930, ont été restitués lundi aux héritiers d’un marchand d’art juif allemand exilé au Canada, a indiqué lundi la Fondation Max-Stern.

Ces tableaux, « Navires en détresse dans la tempête », du peintre Jan Porcellis (1584-1632), et « Paysage avec chèvres » du peintre Willem Buytewech le Jeune (1625-1670), ont été récupérés auprès de maisons de vente aux enchères en Allemagne, qui ont facilité leur restitution.

Les oeuvres ont été remises à la Fondation Max-Stern et ses trois établissements bénéficiaires, les universités Concordia et McGill, à Montréal, et l’université Hébraïque de Jérusalem.

Ce sont de « petits bijoux », a confié à l’AFP Clarence Epstein, directeur de la Fondation Max-Stern à l’université Concordia de Montréal.

Depuis quatorze ans, M. Epstein, un historien de l’art, se bat pour rendre justice à Max Stern, un juif allemand contraint par les nazis en 1937 de fermer sa galerie de Düsseldorf et d’écouler à bas prix plus de 400 tableaux pour pouvoir fuir vers l’Angleterre avant de gagner le Canada.

Il s’agit des quatorzième et quinzième tableaux restitués à la fondation, dont le projet est « le plus important du genre au monde », selon M. Epstein.

Le tableau de Porcellis avait été mis en consigne à la maison de vente aux enchères Metz, à Heidelberg (sud-ouest de l’Allemagne), tandis que le Buytewech avait été déposé à la maison Stahl de Hambourg.

Leurs propriétaires, qui les avaient acquis bien après la Seconde Guerre mondiale, ignoraient qu’ils avaient été vendus sous la contrainte pendant le régime nazi, a précisé M. Epstein.

Contactés par des intermédiaires de la fondation, ces acheteurs ont accepté « en toute bonne foi » de rendre les toiles, même si rien dans la loi en Allemagne ne les obligeait à le faire.

« Il y a d’autres oeuvres qui nous ont échappé cette année à cause de personnes qui ne voulaient pas être aussi généreuses », selon M. Epstein.

En quête d’une solution « juste et équitable » pour tous, un organisme de bienfaisance, « les Amis allemands de l’université hébraïque » vont lancer l’an prochain un programme pour inciter les détenteurs des oeuvres de Max Stern à les restituer en échange de crédit d’impôt.

La majeure partie des oeuvres de Stern se trouvent toujours en Allemagne, selon M. Epstein.