Quatre juifs ultra-orthodoxes de Londres, dont une femme et son fils de 13 ans, ont été victimes de jets de cartouches de gaz lancés depuis un véhicule par un homme, qui, ajoutant la violence du verbe, a hurlé selon plusieurs témoins : « Heil Hitler ! Heil Hitler ! ».

La police a arrêté un suspect de 19 ans, Patrick Delaney qui a avoué avoir participé à l’agression ayant eu lieu la semaine dernière à Tottenham, dans le nord de Londres, a annoncé jeudi le London Economic. Les accusations contre deux individus qui étaient avec Delaney dans la voiture, dont son frère, ont été abandonnées.

Delaney a reconnu être impliqué dans l’agression dans laquelle de petites capsules contenant du gaz hilarant ont été jetées sur Chay Stern, son fils, son frère Simon Lemberger et un passant, Abraham Law. Selon les médias, les hommes présents dans le véhicule ont également crié « Hitler arrive sur vous, Heil Hitler ! Heil Hitler ! Heil Hitler ! », selon The Jewish Chronicle.

Shulem Stern, de l’association de défense juive Shomrim, a déclaré que les victimes « vaquaient simplement à leurs occupations quotidiennes. Elles ont été effrayées par ce qui était sur le point de se passer. Les personnes juives affrontent quotidiennement cet antisémitisme, et les personnes visiblement juives (portant kippas ou redingotes-Ndlr) sont souvent ciblées. »

Delaney a reconnu les motifs racistes de l’agression et sera jugé par la cour de Wood Green Wrown le mois prochain, a annoncé The Chronicle.

Le frère de Delaney, Francis, 22 ans, et Michael Doherty, 25 ans, avaient eux aussi été soupçonnés d’avoir participé à l’agression, mais l’accusation a abandonné les charges à leur encontre par manque de preuve.

Le juge Witold Pawlak a dit aux deux jeunes hommes d’être « prudents » au sujet de leurs fréquentations. « Vous avez pu vous en sortir avec de la chance, et j’espère que vous avez appris de cette expérience à quel point il faut être prudent sur les blagues cruelles et déplaisantes aux dépens des autres. »

L'université d'Oxford. Illustration. (Crédit : Shutterstock)

L’université d’Oxford. Illustration. (Crédit : Shutterstock)

D’autre part, le syndicat étudiant de l’université d’Oxford a reconnu la semaine dernière dans un communiqué, que l’antisémitisme était un problème réel au sein de l’université, et a promis de réfléchir à trouver une solution.

« Nous voudrions insister sur notre engagement dans la répression de l’antisémitisme », et « rappeler aux étudiants les structures de soutien qui existent » à ce sujet, pouvait-on lire dans le communiqué.

« Nous voudrions particulièrement pointer les problèmes posés spécifiquement par l’Union nationale des étudiants et le club travailliste d’Oxford » a ajouté le syndicat.

En 2014, Zuleyka Shahin, militante pour les droits africains, avait écrit sur Facebook pendant une campagne électorale étudiante, finalement perdue, pour la présidence du syndicat d’Oxford, que les « hommes blancs judéo-chrétiens » et les « hommes blancs sionistes » sont « complices du financement des guerres et du génocide social de mon peuple. »

Alex Chalmers était jusqu'à récemment le co-président de l'Oxford University Labour Club avant de démissionner pour protester contre l'antisémitisme répandu au sein de celui-ci. (Crédit : Facebook)

Alex Chalmers était jusqu’à récemment le co-président de l’Oxford University Labour Club avant de démissionner pour protester contre l’antisémitisme répandu au sein de celui-ci. (Crédit : Facebook)

En 2015, lors de l’opération Bordure protectrice, des étudiants appartenant au club travailliste de l’université avaient scandé : des « roquettes sur Tel Aviv ! », et harcelé des étudiants juifs. Ces événements avaient entraîné la démission d’Alex Chalmers de la présidence du club et entraîné une importante attention médiatique sur l’antisémitisme présent au sein du Labour anglais, dirigé par Jeremy Corbyn.

Corbyn, détracteur d’Israël qui a déclaré que le Hamas et le Hezbollah étaient ses « amis », une remarque qu’il a regrettée l’année dernière, a été accusé d’ignorer l’antisémitisme au sein de son parti par les dirigeants de la communauté juive britannique. Corbyn a nié cette accusation, et juré de prendre des sanctions disciplinaires contre tout membre de son parti responsable de toute forme de xénophobie.

Quatre des six représentants d’Oxford au sein de l’Union nationale des étudiants britanniques ont affirmé l’année dernière que leur université devrait se désaffilier de l’association nationale après l’élection de Malia Bouattia à sa présidence.

Bouattia, étudiante de l’université de Birmingham, est accusée d’avoir justifier les violences contre les Israéliens et de s’être opposée à une motion condamnant le groupe terroriste Etat islamique, au prétexte qu’elle stigmatiserait les musulmans. Elle a également accusé les « médias dirigés par les sionistes » d’oppression contre les pays moins développés du sud.