La passagère d’El Al, Jessica Fishman, a accusé la compagnie aérienne israélienne de pratiquer de « la coercition religieuse » après qu’un agent de bord d’El Al lui a demandé si les aliments emballés qu’elle avait apportés de chez elle étaient casher.

Dans un article de blog publié dans le Times of Israel, Fishman raconte comment, en revenant d’Israël et en provenance des États-Unis, une hôtesse de l’air lui a demandé si la nourriture qu’elle consommait, et qu’elle avait apportée de chez elle, était casher.

« J’ai pris de la nourriture emballée avec moi pendant des années sans aucun problème », écrit Fishman dans le blog.

« Je n’ai jamais eu de commentaires de la part de qui que ce soit – pas un passager, ni un représentant d’El Al à propos de la nourriture que j’ai apportée sur un vol. »

Cependant, lors de ce voyage, les choses étaient différentes.

« L’hôtesse de l’air, voyant que je mangeais ma propre nourriture, m’a demandé si je voulais un repas de la compagnie aérienne. Je lui ai expliqué en hébreu que j’étais végétalienne et qu’en tant que tel, j’avais apporté ma propre nourriture. Après m’avoir offert de la salade sur le plateau et moi en la déclinant poliment, elle est allée servir les autres passagers sans commentaire, » écrit Fishman.

Quelques minutes plus tard, elle a entendu l’hôtesse de l’air expliquer en anglais à un passager dans la rangée derrière elle que Fishman était végétalienne.

« Immédiatement, elle est revenue vers moi et m’a demandé si ma nourriture était casher », a écrit Fishman. « Sous le choc qu’un représentant d’une entreprise publique aurait l’audace d’enquêter sur ma sélection d’aliments personnels, que je prenais en privé et tranquillement, je n’ai pas immédiatement répondu. »

L’agent de bord ne s’est pas défilée, et a dit que parce que la compagnie aérienne était casher, la nourriture devait être casher, a écrit Fishman. « Ne sachant pas si ma nourriture était casher et toujours en état de choc, mais voulant toujours manger, j’ai murmuré quelque chose comme ‘oui, bien sûr’. »

À la fin du vol, Fishman a dit qu’elle s’est approchée de l’agent de bord principal pour discuter de l’incident et clarifier la situation. « J’avais espéré qu’elle soulagerait mes inquiétudes en me disant que le comportement de l’hôtesse de l’air ne représentait pas la politique de l’entreprise et qu’elle se pencherait sur la question », a écrit Fishman. « Au lieu de cela, l’hôtesse de l’air a approuvé l’autre accompagnateur en questionnant mes choix alimentaires et son statut de casheroute. » L’hôtesse de l’air a ajouté que suivre les lois de la casheroute était semblable à la vigilance pour les allergies alimentaires.

Fishman, qui est l’auteur du livre « Chutzpah et talons hauts: la recherche de l’amour et de l’identité en Terre Sainte », a écrit dans le blog qu’elle était particulièrement attentive à la question de « la coercition religieuse », comme elle en a parlé à propos de son expérience avec le monopole ultra-orthodoxe en Israël dans l’espoir d’un changement social.

Fishman a également posté un enregistrement de sa conversation dans laquelle elle est entendue dire à l’hôtesse de l’air en hébreu : « Je voulais vous parler d’une expérience désagréable que j’ai eue. Je voulais vous demander quelle est votre politique concernant la cacheroute et apporter de la nourriture dans l’avion. »

« Il est interdit d’apporter de la nourriture dans l’avion », dit une voix – vraisemblablement celle de l’hôtesse de l’air.

« Pourquoi ? » Demande Fishman.

« Pour des raisons de casheroute. Seulement si la nourriture est casher. C’est un avion casher. El Al est une société casher. »

Un porte-parole d’El Al à Tel Aviv a déclaré au Times of Israel qu’ « il n’y a pas de telles instructions à El Al et nous vérifions l’incident ».