Manuel Valls a dénoncé jeudi sur Radio J l' »ambiguïté insupportable » selon lui cultivée par un des porte-parole de Benoît Hamon, Alexis Bachelay, vis-à-vis du Collectif contre l’islamophobie en France, une « organisation qui cherche à faire croire que dans notre pays il y a une islamophobie (…) d’Etat ».

« Quand Benoît Hamon s’en prend à des personnalités, en parlant de laïcité douteuse, et qu’il met dans le même paquet Alain Finkielkraut, Caroline Fourest ou Mohamed Sifaoui, là oui d’une certaine manière il fait référence à la campagne du CCIF, de cette organisation qui cherche à faire croire que dans notre pays il y a une islamophobie (…) d’Etat », a-t-il accusé.

« Et notamment par exemple l’état d’urgence ferait partie (…) de ce racisme d’Etat. Et ça il ne peut pas y avoir la moindre compromission. Quand l’un de ses porte-parole, Alexis Bachelay, se réunit avec le CCIF pour dénoncer l’état d’urgence, on voit bien qu’il y a une ambiguïté insupportable », a déclaré M. Valls.

L’ancien Premier ministre avait déjà attaqué M. Bachelay, député PS, sur ce thème mercredi soir lors du débat de l’entre-deux-tours. « Alexis Bachelay a organisé une réunion avec le CCIF contre la prolongation de l’état d’urgence », avait-il accusé.

« Cette affirmation est totalement mensongère », a répliqué M. Bachelay dans un communiqué. Reconnaissant avoir invité à cette réunion du 12 janvier 2016 le porte-parole du CCIF Yasser Laouti, M. Bachelay affirme, extrait vidéo à l’appui, s’y être prononcé « pour la mise en place de l’état d’urgence ».

Selon le site de l’Assemblée, Alexis Bachelay a voté pour les deux premières prorogations (novembre 2015, février 2016), n’a pas pris part au vote pour les deux suivantes (mai, puis juillet 2016), et s’est abstenu sur la cinquième (décembre 2016).

Sur Radio J, M. Valls a aussi reproché à M. Bachelay ses propos sur la manifestation Tel Aviv-sur-Seine, organisée à Paris à l’été 2015.

« Avec la montée de l’antisémitisme, avec la confusion permanente entre la critique de l’Etat d’Israël, l’anti-sionisme, c’est-à-dire tout simplement l’antisémitisme, l’antisémitisme, alors que nous avons connu des manifestations dans Paris où on a crié ‘mort aux juifs’, chaque mot, chaque attitude d’un responsable politique doit être pesé, soupesé », a fait valoir M. Valls.

« Quand vous avez un entourage, des gens qui parlent en votre nom, il faut faire le tri, il faut être clair (…) c’est à (Benoît Hamon) de faire les bons choix », a-t-il estimé.