BOSTON — Sioma Lubetzky et ses fils adolescents, Larry et Roman, s’étaient blottis aux abords du camp de concentration de Dachau à la fin du mois d’avril 1945. Les trois détenus juifs lituaniens avaient d’abord marché vers la mort dans les montagnes, d’où les gardiens nazis avaient prévu de les jeter dans le vide, au bord d’un pic.

Ils avaient été sauvés par un blizzard inattendu. Le matin suivant, les gardes n’étaient plus là – mais lorsque les prisonniers abandonnés sont parvenus à rejoindre un village voisin, ils ont vu des soldats s’approcher dans des tanks.

Ces soldats appartenaient à une unité américaine unique – le 522ème régiment d’artillerie, qui faisait partie du 442ème Régiment d’infanterie. C’était la seule unité des forces armées américaines durant la Deuxième guerre mondiale dont les militaires étaient tous d’origine japonaise.

« Ils n’avaient jamais vu ce à quoi pouvait ressembler un nippo-américain », explique le fils de Larry Lubetzky, Daniel Lubetzky, narrant les souvenirs partagés par feu son père. « Et ils ont montré une gentillesse, un amour, une tendresse qui n’avaient jamais été vus en cette année 1945 ».

Des manifestations à travers tous les Etats-Unis rendent hommage à ces soldats nippo-américains du 522ème régiment qui ont sauvé les survivants d’un sous-camp de Dachau et des marches de la mort. La reconnaissance de ces soldats courageux est liée, si on veut, à un autre événement historique : Cette année marque le 75ème anniversaire depuis l’Executive Order 9066, dans lequel un gouvernement américain soupçonneux et en guerre contre le Japon avait envoyé les Japonais américains – citoyens et non-citoyens sans distinction – dans des sites dorénavant appelés des « camps d’internement ». Ironie du sort, les Japonais américains qui ont sauvé les Juifs de Dachau avaient souvent des membres de leurs familles dans les « camps de concentration » américains, comme on les qualifiait alors.

Il est indubitable que les 650 hommes appartenant au 522ème Régiment ont su prouver leur loyauté. En 1944, des membres de l’unité avaient aidé à secourir le « bataillon perdu » – le 36ème bataillon d’infanterie de la Garde nationale du Texas, qui avait été encerclé dans les montagnes des Vosges.

Tout le 422éme régiment est devenu l’une des unités les plus décorées par rapport à sa taille et à la durée de son service de toute l’histoire de guerre américaine – avec notamment plus de 9 000 médailles Purple Hearts décernées pour des blessures au combat.

Un soldat japonais américain prend la pose aux abords du Berghof détruit, la retraite de Hitler dans la montagne des Alpes bavaroises (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Un soldat japonais américain prend la pose aux abords du Berghof détruit, la retraite de Hitler dans la montagne des Alpes bavaroises (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Détaché du 442ème Régiment, le 522ème Régiment avait été envoyé en Allemagne – les seuls Japonais américains à combattre sur ce front. Dans l’encyclopédie Densho sur le traitement des Japonais américains durant la Deuxième guerre mondiale, Abbie Salyers Grubb du Jacinto College de Houston, au Texas, a décrit son « engagement le plus tristement célèbre ».

Durant le printemps de l’année 1945, l’unité « est tombée sur environ 5 000 prisonniers qui marchaient dans la campagne », a écrit Grubb. « Leur rencontre initiale avec ces milliers de victimes émaciées et maltraitées des camps de concentration nazis a été suivie par la découverte et la libération assistée des sous-camps de Dachau de Kaufering et de Landsberg. »

Roman Lubetsky et son fils Daniel. (Autorisation : Ashley Herendeen, KIND Snacks)

Roman Lubetsky et son fils Daniel. (Autorisation : Ashley Herendeen, KIND Snacks)

Les organisateurs et les participants aux récents événements qui ont rendu hommage au 522ème Régiment ont indiqué au Times of Israël que l’unité avait libéré un sous-camp de Dachau, sans spécifier duquel il s’agissait.

Lors d’une conférence organisée le 18 mai à l’école de médecine de Harvard, Daniel Lubetzky a salué les hommes qui avaient sauvé la vie de son grand-père Sioma, de son père Roman et de son oncle Harry, rescapés d’une marche de la mort.

« Ils parcoururent des milliers de kilomètres avec leurs frères pour libérer des gens qu’ils ne connaissaient pas et ils ont sauvé le monde d’un mal dont personne ne peut encore aujourd’hui imaginer les conséquences », a expliqué Lubetzky, fondateur et directeur général de l’entreprise KIND Snacks.

Les participants à cette rencontre ont rendu hommage au docteur Susumu Ito, vétéran du 522ème régiment et ancien enseignant à l’école de médecine de Harvard, décédé en 2015 à l’âge de 96 ans. Ito avait reçu la médaille d’or du Congrès américain et avait été personnellement salué par le président de l’époque, Barack Obama.

Aux côtés du 522ème Régiment, Ito avait été promu lieutenant, avait remporté une étoile de bronze lorsqu’il dirigeait l’artillerie et avait pris des milliers de photos à l’aide d’un appareil Agfa de 35 mm – tandis que sa famille était elle-même internée dans le camp de concentration de Rohwer, dans l’Arkansas.

Les photos prises par Ito sont à découvrir actuellement au musée national nippo-américain de Los Angeles dans le cadre d’une exposition intitulée « Avant qu’ils ne deviennent des héros : Les images de la Deuxième guerre mondiale de Sus Ito ». Une version itinérante est exposée à l’école de médecine de Harvard jusqu’au 26 juin.

Certains clichés montrent « des hommes plus jeunes que je ne le suis prenant du plaisir », raconte le petit-fils d’Ito, Justin Ito-Adler. « Il y a beaucoup de périodes d’immobilisation pendant la guerre ». D’autres montrent des « moments horribles, terribles ».

Le 30 avril à Seattle, le 522ème Régiment a été le sujet de « les soldats nippo-américains et la libération de Dachau », point d’orgue d’une série de conférences en trois parties intitulée « l’Holocauste et ses liaisons nippo-américaines », initiée par le vétéran du 442ème Régiment Tosh Okamoto. Parmi les partenaires,le Centre de la Shoah pour l’Humanité de Seattle, le Comité des vétérans Nisei, le département d’études ethniques américaines de l’université de Washington et le Consulat général du Japon à Seattle.

Deux soldats nippo-japonais aux côtés du 522ème Régiment d'artillerie face au crématorium du camp de concentration de Dachau après la libération (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Deux soldats nippo-japonais aux côtés du 522ème Régiment d’artillerie face au crématorium du camp de concentration de Dachau après la libération (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

« En tant que militant communautaire, un grand nombre de nos compatriotes américains connaissent l’Holocauste, mais peu parmi eux connaissent la part relativement modeste qui est attribuée aux Japonais et aux [Japonais américains] dans le récit sur la Shoah », a écrit Okamoto, 90 ans, dans un courriel. « [Il] m’a semblé que l’histoire horrible de l’Holocauste ne bénéficie pas de l’intérêt qu’elle mériterait, et que faire connaître la partie japonaise du récit pourrait renforcer la narration de l’Holocauste d’une manière ou d’une autre ».

Okamoto, qui n’a pas servi au sein du 522ème Régiment, est arrivé tardivement dans les rangs du 442ème dans l’Italie ravagée par la guerre après la fin du conflit.

« Je voulais me porter volontaire mais ma mère m’a dit de ne pas le faire », a-t-il ajouté dans son courriel. « Mon père avait eu une grave attaque cardiaque alors que nous nous trouvions encore dans ce que notre gouvernement appelait des ‘centres de réinstallation’ mais qui étaient des camps de concentration. Alors après que papa s’est un peu remis, j’ai été appelé sous les drapeaux. Papa est resté handicapé pendant tout le reste de sa vie ».

Les deux premières conférences, à Seattle, se sont intéressées aux camps de concentration en Europe et aux Etats-Unis, ainsi qu’au consul japonais Chiune Sugihara, qui a sauvé des milliers de Juifs lituaniens de l’Holocauste.

La date de la dernière rencontre a coïncidé avec la Journée du souvenir de l’Holocauste. C’est Ken Mochizuki, auteur du livre pour enfants en anglais « Passage to Freedom: the Sugihara Story » (Passage vers la liberté : l’Histoire de Sugihara), qui a été désigné maître des cérémonies. Il est également intervenu lors de cet événement.

« De manière étonnante, la rencontre [sur le 522ème Régiment] a permis une confluence de l’histoire avec ces gens qui se trouvaient dans le public : une survivante du camp de concentration d’Auschwitz, une femme élevée à Amsterdam qui connaissait la famille d’Anne Frank et un vétéran de la 42ème division Rainbow américaine qui avait libéré le camp principal de Dachau », a écrit Mochizuki dans un courriel.

Des survivants originaire de Kovno libérés par les troupes nippo-américaines alors que le 522ème régiment d'artillerie avance sur la route qui mène dans la ville de Waakirchen où les forces américaines ont dressé un hôpital de campagne pour s'occuper d'eux (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Des survivants originaires de Kovno libérés par les troupes nippo-américaines alors que le 522ème régiment d’artillerie avance sur la route qui mène dans la ville de Waakirchen où les forces américaines ont dressé un hôpital de campagne pour s’occuper d’eux (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

L’historien Eric Saul, dont les domaines de recherche comprennent l’Holocauste et les soldats nippo-américains durant la Deuxième guerre mondiale, s’est adressé à un public de 250 personnes. Les participants ont également regardé un documentaire réalisé en 1993, intitulé « From Hawaii to the Holocaust: A Shared Moment in History » (De Hawaï à l’Holocauste : Un moment partagé de l’Histoire).

Le film mélange des entretiens avec des vétérans nippo-américains et des images d’une réelle intensité, dont l’attaque japonaise de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, qui a projeté les Etats-Unis au coeur de la Deuxième guerre mondiale. Mais aussi des séquences montrant des soldats nippo-israéliens s’entraînant tout en rendant visite à leurs familles internées à proximité. Et les corps cadavériques des rescapés de Dachau.

From Hawai’i to the Holocaust: A Shared Moment in History de Greg Socher sur Vimeo.

Dans le documentaire, plusieurs vétérans du 522ème Régiment et le survivant de Dachau Fred Gilbert racontent que l’unité a libéré seule le camp de concentration. Différentes unités avaient réclamé les mérites de cette libération mais le narrateur, Ed Asner, explique que la séquence vidéo indique que les 45ème et 42ème divisions d’infanterie sont les premières à être entrées sur les lieux.

« L’armée américaine et le musée de l’Holocauste reconnaissent officiellement que ce sont la 42ème division d’infanterie, la 45ème division d’infanterie et la 20ème division de blindés qui ont libéré Dachau, le camp principal », a déclaré dans un courriel John McManus, professeur d’histoire militaire à l’université des Sciences et de la Technologie du Missouri et auteur d’un ouvrage intitulé « Hell Before Their Very Eyes: American Soldiers Liberate Concentration Camps in Germany, April 1945 » (L’enfer droit dans les yeux : Les soldats américains libèrent les camps de concentration en Allemagne, en avril 1945).

La libération « signifie faire partie des premières unités à entrer dans un camp et à libérer les prisonniers –
il ne s’agit pas des unités chargées du suivi », a-t-il ajouté.

Tahae Sugita, à droite, un soldat nippo-américain issu du 522ème régiment d'infanterie, aux côtés d'un rescapé des camps de concentration qu'il vient de libérer d'une marche de la mort à Dachau (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Tahae Sugita, à droite, un soldat nippo-américain issu du 522ème régiment d’infanterie, aux côtés d’un rescapé des camps de concentration qu’il vient de libérer d’une marche de la mort à Dachau (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

« Il y avait une question persistante portant sur qui avait en fait libéré Dachau : la 522ème ou une autre unité ? »
a poursuivi Mochizuki. « Eric Saul a établi clairement que cette libération revenait à la communauté nippo-américaine. Ce qu’on ne savait pas auparavant, c’est qu’il y avait de nombreux sous-camps situés dans les villes environnant Dachau, et que la [522ème] a été davantage impliquée dans le secours apporté aux détenus de Dachau qui avaient été contraints de marcher vers la mort alors que les nazis fuyaient face à l’avancée des Alliés. »

Dachau a fonctionné pendant 12 ans avant sa libération le 29 avril 1945. Plus de 200 000 personnes étaient détenues dans le camp principal et dans les camps subsidiaires, 41 500 personnes y ont perdu la vie.

Il y avait « au moins 90 » sous-camps, a écrit McManus. (Le site du mémorial du camp de concentration de Dachau en cite 140.)

Les prisonniers des camp de concentration libérés (Crédit : Sus Ito Collection, musée national nippo-américain)

Les prisonniers des camps de concentration libérés (Crédit : Sus Ito Collection, musée national nippo-américain)

Et, a ajouté McManus, « le musée de l’Holocauste est encore en train de collecter des preuves attestant de camps de travail obscurs ».

« L’Holocauste a été autant une affaire d’esclavage que de génocide », a noté McManus. « L’élément principal qui a permis à l’Allemagne de maintenir une production de guerre et un niveau de vie raisonnable pour sa population civile même après six années de guerre a été le travail forcé. Dachau était, comme un grand nombre de camps de concentration au sein de l’Allemagne, un camp à partir duquel les prisonniers étaient répartis pour travailler comme esclaves dans les usines, les ateliers, les sites de construction et autres situés à proximité ».

Une photo prise par Sus Ito, derrière laquelle il est écrit "le camp de prisonniers de Dachau (Crédit :Sus Ito Collection, Japanese American National Museum)

Une photo prise par Sus Ito, derrière laquelle il est écrit « le camp de prisonniers de Dachau (Crédit :Sus Ito Collection, Japanese American National Museum)

Les sous-camps « ont aidé aux confusions qui ont suivi la libération », a également écrit McManus. « Par exemple, la 4ème division d’infanterie et la 99ème ont toutes deux libéré des sous-camps. Il était banal chez les vétérans des divisions qui avaient libéré ces sous-camps et d’autres d’affirmer qu’ils avaient libéré Dachau. Techniquement, c’était vrai, mais ils n’avaient pas libéré le camp principal situé au nord de Munich auquel nous pensions tous lorsque nous entendons le nom de Dachau ».

Le 522ème Régiment « a probablement joué un rôle lors de la libération d’un sous-camp », a-t-il dit, même s’il ne peut se rappeler lequel, « mais il n’était pas présent lors de la libération de Dachau, le camp principal ».

‘Ils ont vu tellement de gens livrés à eux-mêmes mourir de faim’

James Ito-Adler — le beau-fils d’Ito et père de Justin Ito-Adler – a indiqué au Times of Israël qu’Ito était « très, très, très humble concernant la ‘libération’ de Dachau… Ils avaient traversé un sous-camp. Ils avaient vu tellement de gens qui avaient été livrés à eux-même mourir de faim. Ils leur donnaient des rations K. »

Ito-Adler explique que son beau-père « insistait sur le fait qu’il ne ferait pas d’affirmation mensongère. Il ne disait pas : ‘J’ai dû combattre dans mon tank pour y rentrer’. Les Allemands battaient complètement en retraite. Le groupe de Sus se trouvait devant ».

Un groupe de prisonniers d'un camp de concentration libérés d'une marche de la mort de Dachau assis sur un banc en attendant de recevoir de la nourriture de la part des soldats nippo-américains du 522ème régiment d'infanterie (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Un groupe de prisonniers d’un camp de concentration libérés d’une marche de la mort de Dachau assis sur un banc en attendant de recevoir de la nourriture de la part des soldats nippo-américains du 522ème régiment d’infanterie (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

« Nous avons vu beaucoup de prisonniers de Dachau qui étaient morts, morts sur le bord de la route », a raconté Ito lors d’un entretien accordé à C-SPAN. « Les portes étaient ouvertes et ils se dirigeaient vers le sud de la Bavière. Il a neigé un jour ou deux après. Il y avait des bosses dans la neige ».

Des autres soldats qui affirment avoir libéré Dachau, il a déclaré que « je n’ai rien vécu de cela mais il y avait un grand nombre de petits sous-camps ».

‘On ne nous avait pas dit que c’était des camps de concentration où on avait gazé et incinéré les gens ‘

Ils ont rencontré « quelque chose auquel nous n’étions pas préparés du tout », a-t-il ajouté. « On ne nous avait pas dit que c’était des camps de concentration où on avait gazé et incinéré les gens. Je me suis rendu aux crématoriums plus tard et en donnant des coups de pieds dans les cendres, il y avait encore des bouts d’os qui ressortaient. Les chambres à gaz étaient des petites pièces où ils rassemblaient les gens et les gazaient avant de les incinérer ».

« Mais je pense qu’il était très choquant de voir ces squelettes vivants devant soi. Et même pire de les voir essayer de récupérer la nourriture qu’on jetait dans une zone de cantine, dans la fosse à ordures et autres ».

« Mon mari mesurait plus d’un mètre 80 et il ne pesait que 37 kilos, raconte la veuve de Roman Lubetzky, Sonia, au Times of Israël.

Les survivants d'une marche de la mort à Dachau blottis autour d'un feu de camp préparé par les soldats nippo-américains du 522ème Régiment d'infanterie. Le soldat sur la gauche est George Oiye. (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Les survivants d’une marche de la mort à Dachau blottis autour d’un feu de camp préparé par les soldats nippo-américains du 522ème Régiment d’infanterie. Le soldat sur la gauche est George Oiye. (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Son frère aîné, Larry, « s’est rattaché à l’unité de Sus pour servir d’interprète », a raconté Ito-Adler. « Il a voyagé avec Sus pendant plusieurs mois en Allemagne. Il parlait trois ou quatre langues ».

La famille Lubetzky a finalement émigré au Mexique. Larry Lubetzky et Ito sont restés en contact « pendant de nombreuses années », puis se sont perdus de vue.

Au mois de septembre 2015, Ito a projeté ses photos pour l’AJC (American Jewish Committee).

« Il y avait une photo de Larry Lubetzky, » se souvient Daniel Lubetzky. « [L’ancien président de l’AJC Stan Bregman] m’a envoyé un courrier : ‘Connaissez-vous Larry Lubetzky?’… J’ai répondu : ‘C’était mon oncle qui vient récemment de mourir’. Le 12 septembre, j’étais en contact avec le docteur Ito ».

Un groupe de DP Juifs posent dans le camp de personnes déplacées de Landberg (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

Un groupe de DP Juifs posent dans le camp de personnes déplacées de Landberg (Autorisation : USHMM/Eric Saul)

« Puis, le 17 septembre, est entrée en scène une quantité astronomique de descendants de Lubetzky qui voulaient également entrer en contact avec Ito, » se souvient Daniel Lubetzky. Il se rappelle avoir été « excité de pouvoir regarder le docteur Ito dans les yeux ».

« Le 30 septembre, [la fille d’Ito] Celia et James m’ont envoyé un courriel. Il était mort deux petites semaines après que j’ai eu le bonheur d’entendre sa voix. Au moins j’ai pu dire merci à Celia, [à la fille d’Ito] Linda et à sa famille ».

A Harvard, la génération suivante est entrée en contact : Justin Ito-Adler et le fils de huit ans de Daniel Lubetzky, Roman.

« Il porte le nom de mon père », a dit Lubetzky. « Pour moi, c’est très important qu’il ait un lien avec son grand-père, comme Justin… J’espère que mes enfants se lieront avec les petits-enfants d’Ito et qu’ils s’assureront de ne rien prendre pour acquis ».

Et un jour, il remerciera également les nippo-américains qui, alors que les familles étaient internées chez elles, ont sauvé d’autres familles à l’étranger.