Les jours de campagne sont passés, et après une nuit de fête et de consolation, les Israéliens s’éveillent à l’aube de la suite : la création de la coalition.

« Victoire pour Netanyahu » titrait Israël Hayom, poursuivant : « Il appelle Kahlon à le rejoindre. »

La couverture du numéro spécial de 96 pages sur les résultats des élections comprend un graphique des résultats corrects et des commentaires, tous louant la victoire de Netanyahu, sauf un, qui pour une raison quelconque, discute du taux de participation de la communauté ultra-orthodoxe, sujet qui ne paraît vraiment pas mériter la une.

Mais le reste encense le Premier ministre, présent et futur.

« Netanyahu ne pouvait prévoir une victoire plus douce », écrit Mati Tuchfeld.

Haim Shine qualifie la campagne de Netanyahu « Une victoire sur une coalition d’intérêts spéciaux sans précédent. »

« De mon point de vue, » écrit Shine, « Israël, qui était en danger, a été sauvé de tous ceux qui s’approchent de lui pour le diviser. »

Alors que le nombre de votes est finalisé et que la formation de la coalition commence, écrit-il, « il faut espérer que la gauche, elle aussi, accepte les résultats des élections démocratiques et ne poursuive pas son périple de haine et de diabolisation. »

Itzik Saban dit : « La population a mis le doigt sur les mensonges de Noni Mozes – et les a jetés à la poubelle », se référant à l’éditeur de Yediot Aharonot.

Je suppose que battre un homme à terre n’est jamais démodé.

Dror Eydar et Boaz Bismuth fustigent « les médias» (Qu’est, je vous prie, Israël Hayom ?) et la « supériorité de la gauche ».

Une seule voix, Dan Margalit, s’essaie timidement au bipartisme : « Il est faux qu’un gouvernement d’unité nationale soit une paralysie ». Mais sa formulation manque de punch.

« Lorsque Shimon Peres et Yitzhak Shamir ont dirigé [un gouvernement d’union nationale] », écrit Margalit, « ils ont réussi à sortir Israël sur une inflation tenace et galopante. »

Mais à la fin, ajoute-t-il, la décision reste entre les mains du président Reuven Rivlin, qui est connu comme un « homme vigoureux du public ».

Haaretz, comme on pouvait s’y attendre, adopte une approche plus sombre devant les résultats des élections.

Leur première page ne contient pas de gros titres, ou de points d’exclamation. Les deux relativement petites images côte-à-côte sur la couverture ne montrent pas de rassemblements, de confettis et de discours.

Sur la droite (évidemment), Netanyahu émerge de derrière les rideaux, l’air stoïque, son discours de victoire à la main. A gauche, Isaac Herzog et Tzipi Livni sont nerveusement assis sur un canapé, avec une poignée de supporters derrière eux.

Ari Shavit de Haaretz se lamente : « Cette fois, il y avait vraiment une chance. Cette fois, il y avait aussi l’espoir. Benjamin Netanyahu était faible, le Likud s’effondrait, la droite, la droite était totalement embourbée dans la détresse. »

Mais, note Shavit, la « tribu blanche » – l’élite ashkénaze – est le groupe le plus politiquement rétrograde en Israël. Ils sont coincés dans des conversations incroyablement erronées, « et c’est ce qui s’est passé hier ».

Chemi Shalev critique les « déclarations entachées de racisme [de Netanyahu], qui jusqu’à présent n’ont appartenu qu’aux franges les plus à droite. »

Il a brûlé tout pont entre le Premier ministre et la communauté arabe, écrit Shalev, quand il a exhorté le pays à sortir et à voter alors que « les électeurs arabes arrivent en masse aux urnes ».

Mais pour Yossi Verter, cette élection n’appartient pas à Benjamin Netanyahu, mais plutôt au leader du nouveau parti Koulanou, Moshe Kahlon.

« Netanyahu peut rester le César de Caeasarea, mais Kahlon est le roi de la vallée, » écrit Verter, jouant avec le sens de la ville natale de Kahlon, Givat Olga, qui signifie littéralement « Vallée d’Olga ».

Dans son article, « Le Premier ministre de Koulanou » (nous tous – traduction littérale du nom du parti de Kahlon), Verter prétend que le chef du parti Koulanou peut décider non seulement du Premier ministre, mais aussi de la composition de la coalition.

Bien qu’il semble plus probable que Benjamin Netanyahu soit de nouveau Premier ministre, il écrit : « Mais il y a un scénario, presque impossible, mais fascinant, où Herzog pourrait être Premier ministre : s’il offre à Kahlon, outre le ministère des Finances, également une rotation au poste de Premier ministre, et à Liberman le ministère de la Défense, disons. »

Même avec cela, dit-il, il serait à peine possible d’obtenir les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement. Mais, si caresser cette idée est agréable, Verter admet qu’il aura encore un autre obstacle à franchir : les appels du président Rivlin à former un gouvernement d’union nationale.

Yedioth Ahronoth acquiesce. « Le succès à Herzog, la victoire à Netanyahu, » titrait le journal, mais « Kahlon aux commandes ».

Yedioth, qui a choisi la photo la moins flatteuse possible de Benjamin et Sara Netanyahu, appelle l’élection une « course serrée ». Peu importe que chaque autre média parle d’une victoire retentissante pour le Premier ministre, même Haaretz. Ce n’est pas « Dewey qui bat Truman », mais c’est proche.

Nahum Barnea, dans son article « Bibi boom », il applaudit le processus électoral. « C’est ce qui est beau avec des élections démocratiques. Vous pouvez plus ou moins aimer les résultats, danser la Hora ou faire la tête, mais vous ne pouvez pas les refuser », écrit-il.

Barnea prédit : « Même si les résultats changent ici et là, Netanyahu sera le prochain Premier ministre. »
Bien qu’il ne dispose pas encore de la majorité, explique-t-il, « il a l’élan ».

Barnea voit aussi Kahlon comme un facteur décisif. « Kahlon se concentrera, vraisemblablement, sur sa liste des exigences de Netanyahu, en commençant par le logement et en continuant avec les banques. Il peut exiger avoir sous son autorité toutes les décisions économiques et sociales. »

Yuval Karni voit aussi Kahlon comme un acteur incontournable dans le jeu de la coalition. L’article de Karni, « L’homme clé », propose une infographie montrant la composition des trois gouvernements les plus probables : droite, union nationale et gauche-centre-haredi.

Karni répète ce que tout le monde dit, que Kahlon finira par déterminer le Premier ministre et la coalition.
Dans un second article, Karni appelle la victoire du Likud « le retour de Netanyahu ».

Rotem Elizera et Lior El-Hai apprécient l’ironie de bataille vicieuse de janvier entre Tzipi Hotovely et Avi Dichter sur les places 20e et 26e sur la liste du Likud, après une élection primaire controversée, considérant que les deux entreront à la Knesset.

Yedioth Ahronoth propose également à ses lecteurs une double page, montrant chaque candidat qui doit siéger dans la 20e Knesset.

Mais comme Verter l’écrit, nous n’attendons pas « comme disent à l’opéra, ‘que la grosse dame chante’ », dit-il, mais « que la dame maigre, Orli Adas, directrice générale de la Commission électorale centrale, et le président, le juge Joubran, s’expriment. »

Toutes les informations qui ne sont pas des informations relatives aux élections

Alors que l’élection législative israélienne domine dans les journaux de mercredi, d’autres sujets ont réussi à se faufiler dans les éditions de la journée.

Haaretz annonce que les négociations nucléaires avec l’Iran se poursuivent à Lausanne, en Suisse, et que l’on se rapproche presque d’une résolution du problème. « Nous sommes parvenu à un accord sur 90 % des questions techniques litigieuses, a déclaré chef de l’agence nucléaire de l’Iran, Ali Akbar Salehi. Maintenant il ne nous reste qu’à résoudre une question très importante »

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, recommande à ses collègues : « après plus de 10 années de négociations, nous devrions saisir cette occasion ».

Israel Hayom signale un incident tragique. Une famille de 11 personnes profitant de la journée électorale est allée faire une promenade en bateau au large de la côte de Jaffa et a été frappée par une tragédie. Le bateau de la famille s’est retourné dans l’eau, pour des raisons encore inconnues, indique Israel Hayom. Dans l’accident, une femme de 50 ans a perdu la vie et une fillette de 5 ans a été grièvement blessée et continue à se battre pour sa vie.

Uri Shertzky, un secouriste de Magen David Adom, explique que quand ils ont retrouvé la femme inconsciente et l’enfant blessée, « nous avons immédiatement commencé à appliquer les techniques de ventilations artificielles avancées ».

Mais, Israël Hayom indique que leurs efforts ont été en vain et les médecins de l’hôpital Wolfson ont déclaré le décès de la femme.

Yedioth Ahronoth rapporte des nouvelles plus légères : les résultats d’un autre type d’élection.

Le journal annonce en effet que le safari de Ramat Gan a un nouveau leader, ou plutôt de nouveaux dirigeants : les pingouins Suki, 5 ans et demi, et Chopchikoni, 6 ans, qui dirigeront le zoo. Yossi l’éléphant et le varan de Komodo, Shaul, devront se contenter de la deuxième et de la troisième place respectivement.