La plupart des grand-mères juives préfèrent la poitrine de bœuf, le poisson gefilte et le kugel. Pas Sheila Vogel-Coupe : elle a de l’appétit pour le sexe. On pense que Vogel-Coupe, 85 ans, est probablement la plus vieille prostituée, ou « escort girl » comme elle préfère être appelée, qui travaille encore.

Vogel-Coupe, deux fois veuve, est devenue une travailleuse du sexe il y a quatre ans à l’âge de 81 ans.

Elle est la vedette d’un documentaire télévisé, « My Granny the Escort », dont le premier épisode a été diffusé le 29 mai sur Channel 4 en Grande-Bretagne.

Elle apparaît dans le film avec deux autres « escortes matures » âgées de plus de 60 ans. Toutefois, en raison de l’âge très avancé de Vogel-Coupe et sa défense sans complexe de la profession, elle, en particulier, est devenue un objet de fascination dans les médias internationaux.

« Je n’ai pas honte de dire que j’aime le sexe », affirme-t-elle au Times of Israel par téléphone.

Le réalisateur de « My Granny the Escort » Charlie Russell, 33 ans, a découvert Vogel-Coupe grâce aux recherches qu’il a fait pour son film. Il n’avait que vaguement entendu parler du scandale la concernant en 2010, qui avait été publié dans les tabloïds.

Les paparazzi avaient pris des photos de Vogel-Coupe arrivant à un hôtel pour rencontrer un client. Ces images ont été publiées à la plus grande horreur et à l’embarras de sa petite-fille Katie Waissel, qui était à l’époque une participante de l’émission télévisée musicale « X Factor ».

Waissel a coupé les liens avec sa grand-mère, l’accusant de saboter ses chances de devenir célèbre. En représailles, Vogel-Coupe, qui utilise le nom de la Grande Dame Cecilia Bird, a tourné dans un film pornographique intitulé « The Great British Granny Bang». Elle a participé à des émissions matinales et a prétendu qu’en fait, c’était sa petite-fille qui ruinait sa carrière.

La Loi sur les infractions sexuelles de 1956 et 2003 criminalise les activités autour de la prostitution, mais l’échange d’argent contre du sexe est légal au Royaume-Uni, tant que la personne qui propose les relations sexuelles a 18 ans ou plus – une exigence que Vogel-Coupe a atteinte il y a près de sept décennies – et la transaction n’a pas lieu en public.

Vogel-Coupe reste dans la légalité comme elle a une moyenne de 10 clients par semaine et charge à partir de ​​420 dollars de l’heure. Lorsque Russell l’a filmée, elle a été confinée à la maison pour récupérer d’une opération grave qui l’a mise hors service pendant des mois.

Cependant, au moment où elle a parlé avec ce journaliste, elle avait bien récupéré et était de retour au travail, rencontrant des clients à son domicile et dans des hôtels de luxe et assouvissant leurs fétiches.

« Les gens sont très critiques » remarque l’octogénaire membre d’une synagogue libérale. « Ce n’est pas comme si j’étais une meurtrière. Je ne fais de mal à personne ».

Elle signale que, pour la plupart, des membres de sa communauté juive au nord-ouest de Londres ne l’ont pas directement confrontée au sujet de ses activités. Elle a simplement défié les quelques-uns qui l’ont fait avec un : « Vous n’avez jamais eu des rapports sexuels ? »

Selon Vogel-Coupe, certains de ses amis masculins juifs la soutiennent, tout comme ses clients juifs qui sont de 30 à 40 ans plus jeunes qu’elle.

« Je pense qu’elle est fantastique », déclare Russell sur Vogel-Coupe. « Elle a un merveilleux sens comique et de l’humour. Elle apporte étrangement de l’inspiration malgré ce qu’elle fait dans la vie ».

En même temps, le réalisateur, qui a la réputation de traiter de sujets d’actualité provocants tels que la mort assistée, se sent désolé pour Vogel-Coupe car elle est coupée de sa famille, sauf d’une fille et d’un petit-fils (elle a trois filles, trois petits-enfants et deux arrière-petits-enfants).

« Je me sentirais désolé pour n’importe qui de quatre-vingt ans et qui n’a pas le plein appui de sa famille», observe-t-il.

C’était la solitude qui a poussé Vogel-Coupe, petite-fille d’immigrants juifs polonais, à l’escorte. Son premier mari, qui était juif, est mort de maladie après 46 ans de mariage. Après que son deuxième mari soit décédé, elle a décidé de rechercher à nouveau de la compagnie, mais cette fois-ci d’une manière très peu conventionnelle.

Il semble qu’elle n’a pas passé beaucoup de temps à se demander si ses maris auraient approuvé sa nouvelle carrière. « Je n’ai aucune idée de ce qu’ils auraient pensé », indique-t-elle.

Le tabou associé au fait d’être une praticienne très âgée du plus vieux métier du monde ne la préoccupe pas.

« Cela me donne une grande satisfaction de rendre un homme heureux. Les hommes viennent me voir pour obtenir ce qu’ils ne reçoivent pas à la maison », explique-t-elle. Et il y a aussi le fait que ces rencontres l’aident sur le plan financier.

Vogel-Coupe se rappelle avoir visité Israël 15 ans auparavant. Elle a assez bien aimé le pays, mais, dit-elle n’a pas aimé les personnes qu’elle a rencontrées, ils lui disaient que, parce qu’elle était juive, elle devrait envisager de considérer Israël comme son pays.

« Je ne suis pas le genre de personne qui aime qu’on lui dise ce qu’elle devrait ou ne devrait pas faire », explique-t-elle.