Environ 2 000 personnes étaient réunies vers 16H30 dans le centre de Londres dimanche en hommage aux victimes de l’attentat contre le magazine satirique français Charlie Hebdo et pour défendre la liberté d’expression, selon des policiers chargés d’encadrer le rassemblement.

A intervalles réguliers, la foule scandait « Je suis Charlie » ou chantait la Marseillaise alors les fontaines de la place de Trafalgar Square, où les manifestants étaient rassemblés, étaient illuminées des couleurs du drapeau français. Elles étaient également projetées sur la façade de la National Gallery qui la surplombe.

Le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg a dit à la presse être venu exprimer sa « solidarité avec tout ceux qui ont été touchés par cette attaque terroriste » qui a visé « pas seulement notre intégrité physique mais aussi nos valeurs ». « Nous sommes Charlie, ici aussi à Londres », a-t-il ajouté.

Le maire de Londres Boris Johnson, également présent, a expliqué qu' »aujourd’hui Londres et Paris sont unis dans le deuil, dans l’indignation mais aussi dans la détermination pour se battre pour la liberté ».

Le premier ministre David Cameron et le chef de l’opposition travailliste Ed Miliband se sont eux rendus à Paris pour participer au rassemblement dans la capitale française.

Plus tôt, à 14H00, au moment où partait le défilé parisien, la foule assise sur les marches de la National Gallery, s’était redressée et avait levé des mains munies d’un crayon ainsi que des pancartes portant la mention « Je suis Charlie ».

Dans un grand cercle figuré à même le sol à l’aide de crayons ou de baguettes de pain, un grand coeur portait les messages « Je suis Charlie », « I am a british muslin » (je suis un musulman britannique) ou encore « Vive la France ».

« C’est toute la France qu’ils ont essayé d’abattre et je voulais dire non, cela ne va pas se passer comme ça! Je suis là également pour la liberté de la presse, la liberté d’expression », a déclaré à l’AFP Romain Abjean, un enseignant français d’une quarantaine d’années qui habite Londres depuis dix ans, portant une pancarte « fraternité ».

Evoquant l’avenir, il a espéré que les attaques terroristes en France des derniers jours et le mouvement de mobilisation observé allaient aboutir à une société plus apaisée.

« Quand Chirac avait gagné contre Le Pen (en 2002), je pensais que les choses allaient enfin bouger, cela ne s’est pas passé. J’espère que maintenant, dans ces circonstances terribles, tout le monde va bouger pour réussir à vivre ensemble comme c’est le cas dans des sociétés comme l’Angleterre », a-t-il ajouté.

L’Américain Lee Sullivan, venu avec ses deux fillettes et sa femme, fait le parallèle avec les attentats du 11 septembre.

« Les attentats du 11 septembre c’était contre la puissance américaine, c’était très symbolique d’attaquer les tours jumelles. Je trouve que c’est aussi très symbolique d’attaquer quelque chose qui relève de la force intellectuelle des Français, c’est assez équivalent en fait », a-t-il dit en français à l’AFP.