Sous la manchette « C’est reparti ! », le journal satirique français Charlie Hebdo s’attaque à toutes ses cibles favorites, de l’extrême droite aux djihadistes en passant par le pape, dans son deuxième numéro depuis la tuerie qui a décimé sa rédaction le 7 janvier.

Dévoilée lundi, la Une de cette édition représente une meute de chiens, où se trouvent caricaturés Marine Le Pen, patronne du Front national, un djihadiste représenté par un chien noir avec une kalachnikov entre les dents, ou encore le pape, lancée aux trousses d’un petit chien à l’air filou, tenant dans sa gueule un exemplaire du journal.

Parmi les molosses, on reconnait aussi l’ancien président de droite Nicolas Sarkozy.

Le numéro 1179 de Charlie Hebdo, qui veut témoigner d’un retour à la vie pour le journal, est attendu mercredi dans les kiosques, avec une diffusion de 2,5 millions d’exemplaires, a annoncé l’hebdomadaire.

« Le sens de ce numéro, c’est de dire que ‘la vie reprend' », a déclaré Riss, son nouveau directeur, sur le site du quotidien de gauche Libération, qui héberge le journal depuis la tuerie du mois dernier (12 morts) perpétrée par deux frères djihadistes.

« Derrière, tu peux mettre les gens du FN, tous les trucs et tous les gens qui nous emmerdent », a-t-il ajouté.

Charlie Hebdo n’avait reparu qu’à une seule occasion après la tragédie, avec une « édition des survivants » brossant en Une un Mahomet en pleurs, dont la diffusion a atteint le record de 8 millions d’exemplaires depuis sa sortie le 14 janvier. Cette nouvelle caricature du prophète avait provoqué de nombreuses manifestations de colère dans le monde arabo-musulman.

L’auteur des deux Unes, le dessinateur Luz, s’est réjoui d’avoir fait « un truc joyeux » pour le journal de mercredi.

Il s’est dit « ravi d’avoir dessiné des animaux. Surtout des chiens: ce sont des animaux irresponsables et soumis. Irresponsable, c’est Charlie , soumis, c’est tout les autres qui courent derrière », a-t-il expliqué.