Les responsables locaux de Charlottesville affirment que la police a offert une protection à une synagogue au cours d’un rassemblement d’extrême-droite qui a eu lieu le week-end dernier dans la ville de Virginie, réfutant les propos tenus par un dirigeant communautaire qui avait indiqué que les forces de l’ordre avaient refusé d’apporter leur aide.

Vendredi, Maurice Jones, l’un des responsables de la municipalité de Charlottesville, a expliqué : « Il est tout simplement faux que la congrégation Beth Israel ait été laissée sans surveillance » durant l’événement de samedi, lorsque des néo-nazis et des suprématistes blancs se sont réunis dans la ville. Le principal rabbin de la synagogue a également paru confirmer les déclarations de la police.

« La police a stationné un agent au coin du pâté de maison où se trouve la synagogue, plus 32 autres agents à environ un pâté de maison dans l’autre direction, a dit Jones à JTA. De plus, nous avions des snipers sur un toit, à proximité, dont la principale responsabilité était de contrôler deux pâtés de maison, parmi lesquels celui de Beth Israel. »

« Nous avions également un groupe d’agents de la police de l’état de Virginie qui a arpenté quatre blocs entre deux de nos parcs sur un parcours incluant le passage devant la synagogue à plusieurs occasions, tout au long des événements de la journée. »

Manifestation de suprématistes blancs, torches à la main, sur le campus de l'université de Virginie, à Charlottesville, le 11 août 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Manifestation de suprématistes blancs, torches à la main, sur le campus de l’université de Virginie, à Charlottesville, le 11 août 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le président de la synagogue, Alan Zimmerman, avait écrit la semaine dernière sur un blog que « le département de la police a refusé de nous fournir un agent durant les offices de la matinée. »

Le récit fait par le principal rabbin de la congrégation Beth Israel a semblé toutefois confirmer les dires de la police.

Le rabbin Tom Gutherz a expliqué que lui et Zimmerman avaient rencontré la police le mercredi et que « des agents ont revu avec nous les dispositions sécuritaires établies pour assurer la sécurité de notre congrégation durant les manifestations. Sur la base de notre discussion, nous avons dorénavant la certitude que les initiatives qu’ils ont prises étaient minutieusement réfléchies pour nous protéger et qu’elles ont été menées à bien. Nous soulignons que nous avons également rencontré et discuté avec le département [de police] avant les rassemblements dans le cadre de notre préparation. »

Sur son blog, Zimmerman avait indiqué que la synagogue avait embauché un garde de sécurité, après le refus de protection de la police.

« Ce samedi matin, je me suis tenu devant notre synagogue avec le gardien de sécurité armé que nous avons embauché lorsque le département de la police a refusé de déléguer un agent pour les services du matin. (Même la promesse limitée faite par le département de la police d’envoyer un observateur à proximité du bâtiment n’a pas été tenue – et notez-le, nous n’avions pas demandé une protection de notre bien, seulement de nos fidèles pendant le service »), a-t-il écrit sur le post paru sur ReformJudaism.org, qui était intitulé « A Charlottesville, la communauté juive locale continue ».

La synagogue avait embauché des gardes de sécurité pour la première fois de son histoire en amont d’un rassemblement d’extrême-droite au parc de l’émancipation, à un pâté de maison de la synagogue. Les participants au rassemblement ont scandé des slogans racistes et antisémites et une contre-manifestante a été tuée lorsqu’un suprématiste blanc présumé, au volant d’une voiture, a lancé son véhicule dans la foule.

John Aguilar, un vétéran de la Marine à la retraite, aux abords de la Congrégation Beth Israel de Charlottesville, s'était porté volontaire pour monter la garde devant le bâtiment au cours du rassemblement organisé à proximité par l'extrême droite ce matin-là. (Crédit : Ron Kampeas)

John Aguilar, un vétéran de la Marine à la retraite, aux abords de la Congrégation Beth Israel de Charlottesville, s’était porté volontaire pour monter la garde devant le bâtiment au cours du rassemblement organisé à proximité par l’extrême droite ce matin-là. (Crédit : Ron Kampeas)

Zimmerman, comme d’autres témoins, avait décrit les intimidations de la part des participants ou des soutiens du rassemblement.

« Plusieurs fois, des groupes de nazis sont passés devant notre bâtiment, en criant ‘voilà la synagogue !’, une remarque suivie par des cris, ‘Sieg Heil’, et autres propos antisémites. Certains portaient des drapeaux à croix gammée et d’autres symboles nazis », a écrit Zimmerman.

Dans une autre interview, le rabbin Rachel Schmelkin, éducatrice et rabbin de la synagogue, avait noté que les membres du mouvement « antifa » – le mouvement de rue anti-fasciste – avait également défendu les responsables religieux et les lieux de culte durant le rassemblement.

« Il y a eu un groupe d’antifas qui a défendu l’église méthodiste unie sur son parking. A un moment, les suprématistes blancs sont arrivés et les antifas les ont chassés à l’aide de bâtons », avait-elle raconté à Slate.

D’autres responsables religieux avaient livré des récits similaires à Slate, saluant les contre-manifestants de gauche qui les avaient protégés de l’extrême-droite.

« Sur la base de ce qui arrivait autour de nous, de ce qu’on voyait sur [les visages des participants au défilé d’extrême droite], face au nombre qu’ils étaient et aux armes qu’ils avaient, mon hypothèse ou ma théorie, c’est que si les antifas n’avaient pas été là, ceux qui parmi nous se trouvaient sur les marches du [parc de l’émancipation] auraient finalement été blessés, et très probablement grièvement », avait déclaré à Slate Brandy Daniels, chercheur post-doctoral en religion et en politique publique à l’université de Virginie.

Le président Trump avait blâmé les violences survenues lors de ce rassemblement, disant qu’elles avaient émanées « de tous les côtés ».