WASHINGTON – Un élu républicain juif a défendu mercredi la réponse du président américain Donald Trump au rassemblement raciste de Charlottesville, en Virginie. Trump avait affirmé que les « deux parties étaient à blâmer » pour les violences mortelles qui s’y sont déroulées.

Tout en reconnaissant que « ces deux parties », les nationalistes blancs et leurs opposants, « ne sont pas égales », le représentant de New York, Lee Zeldin, a dit au Times of Israël dans un communiqué : « je voudrais cependant ajouter qu’il n’est pas bien de suggérer que le président Trump se trompe en reconnaissant le fait qu’il y a des criminels des deux côtés, qui sont venus dans l’objectif d’être violents. Cette observation précise est totalement vraie. »

La première réponse de Trump, samedi, après qu’un jeune homme de 20 ans a foncé avec sa voiture dans un groupe de contre-manifestants, tuant une femme de 32 ans et blessant une vingtaine de personnes, a été de dire que « de nombreuses parties » étaient en faute, tout en refusant de même mentionner les groupes racistes qui ont organisé le rassemblement.

Deux jours après, il l’avait fait à contrecœur, citant le Ku Klux Klan (KKK) et les néo-nazis qui ont joué un rôle démesuré dans la manifestation contre le retrait de la statue du général confédéré Robert E. Lee.

Le président américain Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower, à New York, le 15 août 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Le président américain Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower, à New York, le 15 août 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Il a cependant doublé la mise mardi sur ses premières remarques, et accusé tout autant les suprématistes blancs que les contre-manifestants.

Ces propos de Trump ont rapidement été dénoncés par de nombreux dirigeants républicains, dont les anciens présidents George H.W. Bush et George W. Bush, l’ancien gouverneur du Massachusetts et ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney, le sénateur John McCain et le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

McConnell, récemment critiqué par Trump pour son rôle dans l’échec de l’abolition de l’Affordable Care Act [surnommé Obamacare], a publié mercredi un communiqué, disant que « nous n’avons aucune tolérance pour une idéologie de haine raciale. Il n’y a pas de bons néo-nazis, et ceux qui adoptent leurs idées ne sont pas des partisans des idées et des libertés américaines. »

Romney a lui aussi pris position, écrivant mardi soir sur Twitter que « non, ce n’est pas la même [chose]. Un côté est raciste, sectaire, nazi. L’autre s’oppose au racisme et au sectarisme. Des univers moralement différents. »

McCain a directement critiqué Trump pour sa défense des nationalistes blancs. « Il n’y a pas d’équivalence morale entre des racistes et des Américains s’opposant à la haine et au sectarisme. Le président des Etats-Unis devrait le dire. »

Zeldin, pour sa part, a condamné explicitement et sans ambiguïté les groupes racistes qui ont organisé et participé au rassemblement « Unite the Right » de samedi.

« Quiconque s’associe au KKK et au nazisme s’associe avec la haine, le sectarisme, le racisme, l’intolérance, et un passé incroyablement inhumain », a-t-il dit, ajoutant que leurs « actes violents inspirés par une haine profonde sont écœurants, non américains, et ne sont pas les bienvenus dans notre grande nation. »

« Le président Trump les a condamnés à plusieurs reprises », a-t-il affirmé.