La branche israélienne du centre Simon Wiesenthal, spécialisé dans la chasse aux criminels de guerre nazis et leurs collaborateurs, a décerné dimanche sa meilleure note à l’Allemagne et aux Etats-Unis.

Dans son rapport annuel publié à la veille de la commémoration, en Israël, de la mémoire des six millions de victimes juives du nazisme, le centre classe l’Allemagne et les Etats-Unis dans la catégorie « A ».

Cette catégorie comprend « les pays qui ont pris toutes les mesures raisonnables pour identifier des personnes potentiellement suspectes d’être des criminels de guerre nazis en vue de promouvoir des enquêtes et des poursuites, et qui sont parvenus à des résultats notables durant la période étudiée ».

Le rapport félicite notamment l’Allemagne pour avoir appliqué une stratégie légale « qui ouvre la voie à l’inculpation de quasiment toute personne ayant servi dans un camp de la mort nazi ou dans les Einsatzgruppen », ces unités spéciales chargées de meurtres de masse de juifs durant la Seconde guerre mondiale.

En revanche, le centre classe l’Argentine, le Brésil, le Costa Rica, la Tchéquie, la Finlande, la Serbie, la Slovaquie et la Slovénie dans la catégorie « E », ces pays qui « n’ont pris aucune mesure pratique pour découvrir de nouveaux cas ».

En queue de liste, dans la catégorie « X » figurent la Belarus, la Belgique, la Bolivie, la Bosnie-Herzégovine, le Chili, la Colombie, le Danemark, la France, la Grèce, le Luxembourg, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, le Paraguay, la Russie, l’Espagne, l’Ukraine et l’Uruguay.

Ces « pays n’ont pas répondu au questionnaire (du centre Wiesenthal), mais n’ont pris clairement aucune mesure pour enquêter sur les criminels de guerre nazis », a ajouté le rapport.

L’Université de Tel Aviv a pour sa part relevé dimanche dans un autre rapport une baisse des actes antisémites violents dans le monde en 2013.

« L’an dernier, il y a eu 554 actes violents antisémites enregistrés ou menaces directes contre des personnes juives, des institutions tels que des synagogues, des centres communautaires, des écoles, des cimetières, des monuments ou des propriétés privées », a indiqué l’Université.

En 2012, 686 incidents de ce type avaient été signalés, selon la même source.

Le plus grand nombre de ces actes antisémites s’est produit en France, avec 116 cas, un chiffre néanmoins en recul par rapport à 2012 (200 cette année-là).

L’Université évoque notamment le phénomène de la « quenelle », popularisé par Dieudonné et qui s’est « rapidement propagé de la France vers d’autres pays », pour exprimer des sentiments négatifs à l’égard des juifs ».