Les députés chypriotes ont voté jeudi à l’unanimité une loi criminalisant la négation des massacres d’Arméniens commis sous l’Empire ottoman il y a un siècle, qu’ils qualifient de « génocide ».

La loi établit le 24 avril, date des premiers massacres en 1915, comme Journée nationale du souvenir à Chypre, où les membres de la minorité arménienne sont pour la plupart des descendants des rescapés du « génocide ».

L’île méditerranéenne a elle-même fait partie de l’Empire ottoman, avant d’être intégrée à l’empire colonial britannique au XIXe siècle.

Chypre entretient une très grande animosité à l’égard d’Ankara depuis l’invasion en 1974 du nord du pays par la Turquie, en réaction à un coup d’Etat visant à rattacher l’île à la Grèce. L’île et sa capitale sont depuis divisées.

La Turquie a toujours refusé d’admettre toute élimination planifiée et le terme de « génocide », évoquant la mort d’environ 500 000 Arméniens (contre 1,5 million selon l’Arménie), qui s’étaient rangés du côté de son ennemie la Russie, lors de combats ou à cause de famines.

Selon l’Institut national arménien, vingt-et-un pays, dont la France et la Russie, reconnaissent les tueries comme un « génocide ».

La loi votée par les parlementaires chypriotes est un amendement à un texte préexistant contre le racisme, les crimes haineux et les comportements xénophobes.

Le président du Parlement, Yiannakis Omirou, a salué un vote permettant de « restaurer (…) la vérité historique », affirmant que le « génocide arménien » constituait « l’un plus important et des plus odieux crimes de l’histoire moderne de l’humanité ».